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Le CIO prévient l'Italie qu'elle risque l'exclusion

Il est devant un lutrin sur une scène.

Le premier ministre italien, Giuseppe Conte, présente la candidature de Milan/Cortina d'Ampezzo pour les JO 2026.

Photo : Getty Images / Fabrice Coffrini

Agence France-Presse

Le Comité international olympique (CIO) a adressé un courrier au Comité national olympique italien (CONI) pour l'alerter sur un projet de loi qui remettrait en cause son indépendance et pourrait, dans le pire des cas, entraîner une exclusion de l'Italie des Jeux olympiques.

Dans un courrier révélé mardi par le quotidien Corriere de la Serra, et dont l'AFP a obtenu une copie, le CIO exprime « ses graves inquiétudes » face à un projet de loi qui, s'il était adopté, « entamerait clairement l'autonomie du CONI ».

« Appartenir au mouvement olympique exige d'être en conformité avec la charte olympique », rappelle le CIO, qui estime donc que l'adoption de ce texte aboutirait à rendre l'organisation « non conforme aux principes de la charte olympique ».

Dans sa lettre au président du CONI Giovanni Malago, le directeur des relations avec les Comités nationaux olympiques (CNO) James Macleod suggère des amendements au projet de loi et souligne que le CONI ne devrait pas, comme le prévoit le texte initial, « être réorganisé par des décisions unilatérales du gouvernement ».

Le CIO propose également la tenue cette semaine, à Lausanne, d'une réunion avec le CONI afin « d'aider à régler la question ».

Contactée par l'AFP, une source proche du CONI a estimé que « la situation est compliquée ».

Le CIO rappelle également le contenu de l'article 27.9 de la charte olympique qui prévoit qu'en cas de transgression, la commission exécutive du CIO peut prendre « toute décision appropriée pour la protection du mouvement olympique dans le pays d'un CNO, notamment la suspension ou le retrait de la reconnaissance d'un tel CNO » si la constitution, la législation, ou d'autres réglementations en vigueur dans ce pays, ou tout acte d'un organisme gouvernemental ou de toute autre entité, ont pour effet « d'entraver l'activité du CNO ».

Le Parlement italien a adopté mardi soir, quelques heures après la publication de la lettre du CIO, une loi-cadre qui autorise le gouvernement à réformer l'organisation du sport au niveau olympique. Mais les parlementaires se sont défendus mercredi d'avoir voulu mettre en danger l'indépendance du CONI.

« Nous avons réussi à faire adopter un ordre du jour [un document juridiquement non contraignant, NDLR] qui engage le gouvernement à exercer ses prérogatives, dans le respect de la charte olympique », déclare le sénateur Claudio Barbaro, cité dans la presse.

Le gouvernement italien dispose d'un an maximum pour approuver les décrets d'application concrets de cette loi-cadre.

« Maintenant, il y a la seconde partie du travail à faire [...] avec les décrets législatifs et d'application [...] Dans ce cadre, nous allons clarifier les doutes qui naissent d'un malentendu, comme le démontre la lettre du fonctionnaire du CIO », affirme Giancarlo Giorgetti, secrétaire d'État chargé des sports.

Cette question surgit moins de deux mois après la désignation de Milan-Cortina d'Ampezzo pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2026.

En 2015, pour un cas d'ingérence, le CIO avait suspendu le Comité national olympique du Koweït. Ses athlètes avaient participé sous drapeau neutre aux Jeux de Rio, en 2016, avant que la suspension soit levée en juillet dernier.

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