•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tour de Pologne : le peloton sous le choc après le décès de Bjorg Lambrecht

Bjorg Lambrecht est en selle sur son vélo.

Deuxième du Tour de l'avenir 2017 derrière le Colombien Egan Bernal, vainqueur du dernier Tour de France, Bjorg Lambrecht faisait partie des plus grands espoirs du cyclisme mondial.

Photo : Twitter/@Lotto_Soudal

Radio-Canada

Brassards noirs, minute de silence, départ de l'étape matérialisé par un portail noir... Les coureurs du Tour de Pologne se sont élancés mardi pour rendre hommage au jeune cycliste Bjorg Lambrecht, décédé brutalement lundi en course, et honoré par ses pairs dans le monde.

Quelques heures après l'annonce de la mort de l'espoir belge de 22 ans, les organisateurs ont indiqué que la quatrième étape, reliant Jaworzno à Kocierz, était réduite de 173 à 133,7 km, sans incidence sur le classement général.

« C'est une excellente décision », a estimé le Polonais Marek Rutkiewicz, quelques minutes avant le départ, à la télévision TVP Sport.

« Cela nous permettra de soulager nos coeurs, en discutant entre nous dans le groupe, poursuit Rutkiewicz. Hier, l'ambiance était au plus bas. Lors de cette étape, on essaiera d'évacuer, avant de se remettre au boulot, à la course. »

À peine le départ donné, les cyclistes de Lotto-Soudal ont roulé groupés, en tête du peloton stoppé au 48e kilomètre, la distance de l'accident fatal de Lambrecht, pour une seconde minute de silence. Parallèlement, le parquet de Rybnik a ouvert une enquête sur les causes de l'accident.

La veille, la stupéfaction avait frappé le peloton de l'épreuve du WorldTour en apprenant, à l'arrivée de l'étape à Zabrze, le décès d'un collègue.

Huit coureurs environ nous séparaient, lui et moi. J'ai vu quand il a perdu le contrôle de son vélo. Tout de suite, il a chuté dans le fossé. Malheureusement, il y avait cette passerelle en béton. Il n'avait aucune chance d'y échapper, il est rentré droit dedans. Je l'ai vu replié sur lui, au fond du fossé. On a poursuivi la course en pensant que rien de grave ne lui était arrivé. La nouvelle tragique nous attendait à l'arrivée.

Le cycliste Marek Rutkiewicz

Le chef de l'équipe médicale de la course, Ryszard Wisniewski, a révélé mardi des détails sur les derniers instants de Lambrecht qui connaissait une excellente deuxième saison chez les professionnels après sa médaille d'argent aux mondiaux l'an dernier, à la course sur route des moins de 23 ans.

« Juste après l'accident, on a pu communiquer un instant avec lui. Il répétait : "Pas bien, pas bien, pas bien." Nous ne nous attendions pas à de si graves blessures, mais le niveau du sucre dans le sang était étonnamment bas. Il a perdu conscience dans l'ambulance. Le choc était très important. La rate arrachée, le foie écrasé », a-t-il dit à l'agence polonaise PAP.

De Greg Van Avermaet, « profondément choqué », à Geraint Thomas, « dévasté », en passant par Steven Kruijswijk, incapable de « penser que cela soit la réalité », le peloton mondial a réagi à l'unisson.

« Je suis incapable de trouver les mots parce qu'ils n'existent pas », a écrit sur Twitter le directeur de l'équipe Lotto-Soudal, Marc Sergeant.

« On prend conscience que tout peut aller très vite. C'est à se demander, parfois, pourquoi on prend des risques sur un vélo », a déclaré le Français Mathias le Turnier.

Les parents de Bjorg Lambrecht étaient présents lundi à Zabrze.

« D'habitude, les parents des coureurs ne les suivent pas [dans leurs déplacements], a raconté Czeslaw Lang, le directeur du Tour de Pologne. Mais hier, les parents du coureur décédé étaient présents à la ligne de départ et l'attendaient à l'arrivée. Comme s'ils avaient eu un pressentiment. »

Coureur polyvalent, Lambrecht représentait un bel espoir sur les grands tours pour la Belgique, reconnue surtout pour ses coureurs de classique. Il avait été sacré meilleur jeune (maillot blanc) du dernier Critérium du Dauphiné, en plus d'y prendre le 12e rang au classement général, et ce, quelques mois après une 6e place à l'Amstel Gold Race et une 4e à la Flèche wallonne, les deux premières classiques ardennaises.

En 2017, il avait fini 2e du Tour de l'Avenir, épreuve réservée aux meilleurs espoirs, derrière un certain Egan Bernal, récent vainqueur du Tour de France. Et en avril, il avait vu le numéro un mondial et maillot jaune durant 14 jours, Julian Alaphilippe, lui souffler sa première victoire WorldTour lors de la seconde étape du Tour des Pays basques.

Vague d'émotions en Belgique

Le décès accidentel de Lambrecht a consterné la presse. « Bjorg Lambrecht était destiné à devenir le visage du cyclisme belge avec Remco Evenepoel », rappelle le quotidien flamand De Morgen.

« Le petit roi de la Knesselare n'est plus », écrit le Standaard. « Le peloton a perdu son Petit Roi par malchance, brutal malheur », ajoute la Gazet van Antwerpen.

« Avec le décès de Bjorg Lambrecht, le cyclisme perd une nouvelle étoile », soulignent les quotidiens populaires francophones La Dernière Heure et la Libre Belgique.

Pour Le Soir, Lambrecht était un « cycliste promis aux sommets », « le talent de grimpeur qu'un bel avenir attendait », selon Heet laast News. « C'était un petit grimpeur avec un grand avenir », affirme Het Nieuwsblad.

« Tu vas nous manquer Matchbox », a lancé sur son compte Twitter son compatriote et coéquipier Tiesj Benoot, de l'équipe Lotto-Soudal. Comme lui, de nombreux coureurs ont réagi sur les réseaux sociaux.

« Repose en paix mon ami! Continue de briller comme tu l'as toujours fait », a écrit Remco Evenepoel, l'autre grand espoir du cyclisme belge.

« On peut faire second ou gagner, rire ou pleurer. Mais jamais, jamais, perdre la vie pour avoir envie d'essayer. Mes pensées les plus sincères aux proches de Bjorg », a dit le Français Romain Bardet.

Des registres de condoléances ont été ouverts à Knesselare, la commune où vit la famille du jeune coureur entre Gand et Bruges, dans la Flandre-Orientale.

Avec les informations de Agence France Presse

Cyclisme

Sports