•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De Chicago à Seattle : l’aventure d’un cyclotouriste pas si aguerri

Ils prennent la pose avec leurs vélos.

Romy Surprenant et Carl Gascon Edgerton sont partis de Chicago le 12 juin dernier.

Photo : Facebook/Carl Gascon Edgerton

Olivier Tremblay

Ce ne sera pas inscrit à son relevé de notes, mais Carl Gascon Edgerton a bien choisi sa manière d’enrichir ses connaissances pendant les vacances d’été. Le cégépien s’est lancé à pieds joints dans le cyclotourisme : un périple de 48 jours et de 3500 km de Chicago à Seattle après… 10 mois sans toucher à son vélo.

Le jeune homme de 18 ans en est bien conscient : d’autres cyclotouristes entreprennent des randonnées bien plus compliquées que la sienne. Sauf qu’il ne peut pas tout à fait organiser sa vie comme il le veut. Sa deuxième année d’études va bientôt commencer, avec tous les cours et les stages que cela comprend.

Gascon Edgerton a donc concentré son voyage en sept semaines bien chargées. Parti le 12 juin de la troisième ville des États-Unis avec une amie d’enfance, Romy Surprenant (rentrée au pays après cinq semaines), il a parcouru l’Illinois, le Wisconsin, le Minnesota, le Dakota du Nord, le Montana et l’Idaho avant d’atteindre l’État de Washington, où habitent plusieurs membres de sa famille. Et il a mis ses apprentissages de la dernière année à l’épreuve.

« J’apprends à être guide, donc c’est un programme axé sur le leadership, les certifications pour être un guide de tourisme, explique-t-il depuis Seattle. J’ai eu des rencontres avec des enseignants par rapport à ça, dont un enseignant qui m’a parlé de Warmshowers, une application gratuite qui met en contact des hôtes prêts à héberger des cyclistes. Ce sont d’ailleurs souvent des cyclistes qui ouvrent leur maison à n’importe qui, un peu comme Couchsurfing. Il y a parfois des échanges de repas, par exemple, mais du reste, c’est la bonté, le cœur des gens. »

On ne faisait pas le voyage pour faire du vélo. On prenait nos vélos pour faire un voyage.

Carl Gascon Edgerton, étudiant en tourisme d'aventure

Les deux premières semaines, même si le paysage était assez plat jusqu’aux collines du Wisconsin, ont été difficiles. Pour se rendre au Cégep de la Gaspésie et des Îles, où il étudie en tourisme d’aventure, Gascon Edgerton a pris place dans la voiture d’un ami, mais celle-ci n’était pas munie d’un support à vélo.

Il n’a donc pas pédalé au cours des 10 mois qui ont précédé son départ. Et encore, il n’est pas tout à fait un cycliste aguerri.

« Ça fait longtemps que je prends mon vélo pour aller à l’école ou pour faire de petites courses, mais je n’ai jamais été un cycliste au-delà de l’utilitaire, reconnaît-il. Je n’ai jamais vraiment utilisé le vélo pour faire de véritables aventures. J’adore le vélo, et j’aimerais travailler avec un vélo, faire des tours guidés en Europe, mais je ne suis pas un mordu plus que quelqu’un d’autre. »

Ils prennent la pose devant un panneau routier.

Les deux amis se sont quittés au Montana après cinq semaines de route.

Photo : Facebook/Carl Gascon Edgerton

Gascon Edgerton souhaitait organiser quelques voyages à vélo en Nouvelle-Angleterre pour se préparer. Ça n’a finalement pas été le cas. C’est après quelques mois de préparatifs, des achats de matériel et un long trajet à bord de la camionnette familiale jusqu’à Chicago que les deux amis cyclistes ont pris la route vers l’ouest, face au vent.

La description du programme de tourisme d’aventure précise que l’étudiant apprendra « à interpréter le milieu environnant ». Gascon Edgerton y aura certainement consacré de nombreuses heures en dehors des salles de classe.

« Le voyage m’a appris que, face à une situation, je vais être capable de gérer, de trouver une façon, explique le jeune homme. Romy et moi, nous nous en sommes parlé souvent, et nous avons compris que, même pour trouver un logement pour la nuit, devant les situations, nous étions beaucoup plus capables d’avoir confiance que nous allions trouver une solution et une façon de nous en sortir. »

« Il faut se préparer mentalement à faire face à des défis, poursuit-il. Il faut aussi rester ouvert, être souple, comprendre qu’il y a beaucoup de situations que nous ne pouvons pas maîtriser. Des fois, ça ne sert à rien de trop planifier. Il faut se lancer, s’adapter, se laisser dévier du plan initial. »

Ses rencontres l’ont aussi inspiré pour sa future carrière, qui ne se mettra pas en branle avant encore deux ans.

« En voyageant, j’ai rencontré beaucoup de gens qui faisaient le même genre de chose, souligne-t-il. Il y a beaucoup de personnes qui font des affaires absolument incroyables, qui font des traversées mondiales, qui sont parties pendant des années. Plus on en fait, plus on baigne dans le milieu du cyclotourisme, plus on comprend qu’on est un tout petit poisson dans un gros océan. »

Cyclisme

Sports