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Charles-Andreas Brym, du Saguenay à la première division portugaise

Il maîtrise le ballon durant un match.

Charles-Andreas Brym

Photo : Instagram/Charles-Andreas Brym

Olivier Tremblay

Il y a huit ans, Charles-Andreas Brym avait une case à la polyvalente d’Arvida au Saguenay. Aujourd’hui, il en a une dans le vestiaire d’une équipe de soccer de première division, à Lisbonne, au Portugal.

La saison prochaine, l’attaquant de 20 ans portera le maillot de Belenenses SAD. Ainsi en a décidé le club de première division française de Lille, pour lequel Brym a signé un contrat professionnel en juillet 2018.

Il ne faut pas confondre Belenenses SAD, équipe pour laquelle Brym jouera, et le club quasi centenaire du même nom. Le CF Os Belenenses, pour lequel a notamment joué un certain José Mourinho, a inscrit une équipe en sixième division, la saison dernière, après la séparation houleuse entre l’entité historique et l’organisation qui gérait l’équipe professionnelle de première division. C’est le club de première division qui a fait l’acquisition du Québécois.

Après une saison de 10 buts avec l’équipe réserve du club, en National 2 (quatrième division), il était prêt à goûter au soccer d’élite avec quelques-uns de ses jeunes collègues lillois, eux aussi partis gagner de l’expérience en prêt dans la capitale portugaise.

Le partenariat entre Lille et Belenenses offre une occasion rêvée au Québécois, qui n’a pas hésité à sortir de sa zone de confort. Né d’une mère corse et d’un père togolais qui se sont rencontrés à l’université à Paris, il est déjà passé par Québec, Montréal, Ajaccio, les villes belges de Mouscron et Waregem, Lille, et maintenant Lisbonne. Les nouveaux défis ne l’intimident pas.

« On n’a pas de garantie de temps de jeu, mais c’est une volonté pour eux de nous donner notre chance, explique Brym, joint au téléphone. Mais il faut aller la chercher. C’est comme partout. Rien ne nous est donné. Ce n’est pas écrit dans un contrat que nous allons jouer un certain nombre de matchs. Il faut aller chercher sa place. C’est le milieu professionnel. Après, on fait la meilleure saison qu’on peut, et on fait le bilan ensuite. »

Attaquer un défi sans garantie, Brym connaît. C’est comme ça que sa carrière a pris son envol.

Les premières heures de l'Académie

Son amour du soccer commence en bordure des terrains saguenéens sur lesquels son père s’adonne au sport. Il touche d’abord au ballon rond en salle, l’hiver, avant un premier été sur l’herbe à Jonquière et à Chicoutimi.

Brym s’exile une première fois vers la fin du primaire. Inscrit au sport-études en… tennis, à l’époque où l’on aménage encore la route à quatre voies divisées dans le parc des Laurentides, il s’installe à Québec pour réduire la distance à parcourir vers les tournois dans le sud de la province.

C’est au Saguenay qu’il amorce ses études secondaires. C’est aussi là, curieusement, qu’il fait la connaissance du légendaire attaquant de l’Impact de Montréal Mauro Biello, qui vient diriger une séance d'entraînement publique à Jonquière.

« C’était un bon moment, car l’année d’après [en 2011], ils ouvraient l’Académie de l’Impact, raconte Brym. À la fin de l’entraînement, Mauro est venu me voir, il m’a demandé mon nom, et il a présenté le projet à mes parents. On a sauté sur l’occasion, et on est partis. »

Et l’équipe canadienne?

Mauro Biello, après son départ de l’Impact en 2017, s’est joint à l’équipe canadienne à titre d’entraîneur adjoint. Le garçon qu’il avait rencontré à Jonquière est devenu un homme. A-t-il tenté de le recruter une deuxième fois?

« J’ai les coordonnées de Mauro parce qu’il m’a parlé de l’équipe du Canada U-23 pour le camp qui devait avoir lieu cet été, mais qui a été remis, affirme Brym. L’équipe du Canada m’intéresse, mais je suis encore jeune. C’était pour les U-23, donc ça ne pose pas de problème pour ce qui est du choix [entre la France et le Canada]. On verra comment ça se passe. »

Brym fait donc partie des cobayes de la première génération de l’Académie. L’entraîneur Eduardo Sebrango, fraîchement retraité (ça ne durera pas), et le préparateur physique Yannick Girard commencent à travailler avec le jeune homme, qui passera deux ans avec le Bleu-blanc-noir.

« On m’avait gardé pour une troisième année à Montréal. Mais en discutant avec mon père, j’ai compris que c’était l’âge auquel on devait partir pour commencer à goûter le haut niveau et le football européen, se souvient-il. On est partis du côté où j’avais de la famille, à Ajaccio. J’étais chez mes grands-parents [maternels] et je jouais au foot. »

Après une saison au Gazélec d’Ajaccio, Brym quitte l’île de Napoléon (ou d’Alizée, si vous êtes plus de ce genre-là) pour la Belgique. Son père l’y rejoint, suivi de son petit frère Louis quelques mois plus tard.

La maman, ingénieure en recherche, finira par obtenir de son employeur un transfert dans une usine partenaire en France pour un an, question de se rapprocher de la famille. Les Brym, moins Charles-Andreas, sont désormais tous dans l’Hexagone, mais un retour au Canada est prévu l’année suivante.

« Tout le monde a fait des sacrifices, même mon petit frère qui n’a rien demandé, reconnaît Brym. Il a habité avec moi en Belgique pendant un an et demi. »

Les récompenses lilloises

Brym passe par deux équipes belges, le Royal Excel Mouscron et Zulte Waregem, avant d’aboutir à Lille. C’est là que le jeune attaquant signe enfin son premier contrat professionnel, à l’été 2018.

« C’était l’objectif premier de passer chez les professionnels, indique Brym. C’est ce que Lille m’a apporté. On était contents, mais il faut vite se remettre dans le bain, car ce n’est que le début et il faut tout de suite de fixer de nouveaux objectifs pour ne pas tomber dans la facilité et se laisser aller. »

Je n’ai encore rien fait dans le football. Je veux garder la tête froide.

Charles-Andreas Brym

S’il s’entraîne parfois avec l’équipe première de Lille, c’est en National 2 que Brym traverse une saison 2018-2019 « compliquée », de son propre aveu. Les blessures l’empêchent de jouer beaucoup de matchs. Il en amorce finalement 15. Surtout, il inscrit sept buts à ses sept dernières rencontres, ce qui lui permet de franchir la barre psychologique de la dizaine avant une nouvelle blessure à la cheville en fin de saison.

On lui propose alors un prêt pour passer à l’échelon supérieur. La concurrence est lourde au poste d’avant-centre au sein du groupe professionnel lillois, qui vient de terminer au 2e rang en Ligue 1 derrière le puissant Paris Saint-Germain. C’est ainsi que Brym arrive à Belenenses. Sans garantie, encore une fois.

Il prend la pose avec ses coéquipiers avant un match amical.

Charles-Andreas Brym (à droite) amorcera sa saison au Portugal le 9 août prochain.

Photo : Facebook/Belenenses SAD

« Je vais être dans un environnement pro, dans le groupe pro, avec le même statut que les autres dans le vestiaire, souligne-t-il. Quand on reviendra, on sera prêt à passer un autre cap avec Lille. »

Le jeune homme est avec ses nouveaux coéquipiers depuis maintenant quatre semaines. Les matchs amicaux se succèdent, dont une victoire contre le club vedette de Netflix, Sunderland. Belenenses aura l’honneur d’ouvrir la saison du championnat portugais, le vendredi 9 août, sur le terrain de Portimonense.

Brym se plaît bien au Portugal. Le jeu est très technique. Les actions se déploient vite. C’est un milieu idéal pour progresser et se fixer de nouvelles cibles à atteindre, toujours.

« Je veux gagner ma place de titulaire, assure-t-il. Peu importe le club où j’atterris. L’objectif, c’est ça. Et d’enchaîner le plus de matchs possible. »

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