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Mark de Jonge mise sur le K-4 pour une finale en beauté

L'équipe du K4 tentera de se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo et ainsi permettre à Mark de Jonge (à l'avant) de vivre l'aventure olympique une dernière fois.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Martin

Jean-Philippe Martin

Depuis l’hiver dernier, le K-4 canadien a un tout nouveau capitaine à bord. À 35 ans et en fin de carrière, Mark de Jonge a décidé de remiser son kayak en solo pour aider le bateau d'équipe nationale à se rendre jusqu'aux Jeux olympiques de Tokyo.

Il n’a plus rien à prouver dans le monde du canoë-kayak. Pendant quelques saisons, il a été le sprinteur le plus rapide sur la planète en K-1 200 m.

La liste de ses réalisations est longue : médaillé de bronze des Jeux de Londres en 2012, vice-champion du monde en 2013 et champion du monde en 2014 et 2015. Son palmarès inclut aussi le record mondial de la distance entre 2014 et 2017.

Ils sont debout sur un quai.

Mark de Jonge et ses coéquipiers de l'équipe nationale de K-4.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Martin

Pourtant, en cette belle journée de juillet au site d’entraînement de l’équipe canadienne de kayak à Lac-Beauport au nord de Québec, voilà le Néo-Écossais qui mène le K-4 en préparation pour les Championnats du monde, du 21 au 25 août, en Hongrie.

C’est un nouveau chapitre pour moi, c’est bien de changer la donne, dit-il. Ça amène une énergie nouvelle et ça ajoute du piquant à la fin de carrière.

En compagnie de Nicolas Matveev, Pierre-Luc Poulin et Simon McTavish, il tentera de terminer parmi les 10 premières équipes au 500 m.

Cette performance assurerait une qualification pour les JO de Tokyo en 2020, et à de Jonge, la chance de vivre l'aventure olympique une dernière fois afin de partir à la retraite sur une note positive, après une longue et brillante carrière.

C'est difficile de prendre sa retraite du sport, surtout de partir sur une mauvaise note. J’espère seulement pouvoir fêter au terme de ma dernière course et conclure avec un sourire au visage.

Mark de Jonge, kayakiste, équipe canadienne, K4

De champion à 7e

Ce plan, Mark de Jonge l’avait aussi en 2016, à l’aube des Jeux olympiques de Rio.

Grand favori du 200 m, l’athlète canadien devait repartir du Brésil avec le sourire et surtout, avec l’or olympique. Il est plutôt rentré au pays avec une décevante 7e position.

Septième, ce n’est pas mal. J’ai fait la finale et ce n’est pas tout le monde qui fait la finale. Mais de passer de champion du monde à 7e a été un pour moi un choc.

Il est au repos dans son kayak sur l'eau.

Mark de Jonge

Photo : Getty Images / Paul Gilham

Dans les heures qui ont suivi, Mark de Jonge a regardé en compagnie d’autres athlètes, à la Maison olympique canadienne, le spectacle d'adieu de Gord Downie, chanteur du groupe The Tragically Hip, souffrant d’un cancer.

Je regardais ce gars-là, mourant, donner le dernier spectacle de sa vie. Et moi, je me plaignais d’une 7e place aux Olympiques. Je me suis dit que les choses allaient quand même bien pour moi.

Mark de Jonge, après sa 7e place en finale des Jeux de Rio.

Il avait trouvé une façon d’accepter ce résultat, mais il n’avait pas l’intention d’en rester là.

Après une pause de la compétition en 2017, l’ingénieur de formation, et nouveau papa du petit Max, a pris la décision, avec l’accord de sa conjointe, de tenter sa chance une dernière fois aux Jeux olympiques.

Le K-4, juste pour voir

Sa route vers Tokyo a pris une direction plutôt inattendue l’hiver dernier lorsqu’il a reçu un appel de l’entraîneur de l’équipe nationale, Frédéric Jobin.

Ce dernier cherchait à solidifier l’équipage jeune du K-4 en vue des Jeux de Tokyo.

Fred m’a appelé pour me demander d’effectuer des essais en vitesse en compagnie des autres équipiers du K-4. Juste pour voir.

Les tests ont été concluants. Il est devenu, à 18 mois des JO, le quatrième membre de la formation canadienne, au grand plaisir de l’entraîneur.

Dans ma tête, je pensais qu’après Rio, c'était terminé pour Mark. Alors j'étais content qu'il revienne parce que je crois en Mark. J'ai toujours cru en Mark. Je pense que 2016, c'était seulement une erreur de parcours.

Frédéric Jobin, entraîneur de l'équipe canadienne de kayak (sprint)

Rapidement, de Jonge s’est intégré au groupe et, surtout, il a ajouté ce qu’il manquait aux Poulin, Matveev et McTavish, tous dans la jeune vingtaine : de l’expérience.

Je vis bien avec la pression, ce qui est bien, puisqu’à ma position à l’avant du bateau, ça prend quelqu’un de calme, capable de bien exécuter la stratégie de course, explique-t-il.

Au sein du K-4, Pierre-Luc Poulin retrouve ainsi son partenaire de K-2 avec qui il a remporté une médaille de bronze au 200 m aux Jeux panaméricains de 2015 à Toronto.

La planète canoë-kayak regardait Mark de Jonge. Il était champion du monde. Moi, je pagayais derrière lui. Du haut de mes 19 ans, je trouvais ça impressionnant, se souvient Poulin.

On a réussi notre pari de mettre Mark dans le bateau. En Coupe du monde, c’est là qu’on a vu que ça faisait une grosse différence, dit Poulin, en faisant référence à la 4e position décrochée à Poznan en Pologne.

Ils se tiennent par les épaules.

Frédéric Jobin, Simon McTavish, Pierre-Luc Poulin, Nicholas Matveev et Mark de Jonge.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Réussir pour Max

Mark de Jonge souhaite conclure sa carrière en beauté, mais sa famille et lui doivent faire beaucoup de sacrifices pour y arriver.

L’entraînement au Lac-Beauport l’oblige à passer beaucoup de temps loin de ses proches qui habitent à Halifax.

Deux semaines, c’est la plus longue période que j’ai passée avec ma conjointe et mon fils depuis le mois de janvier, raconte-t-il.

Pendant ses journées de congé, il multiplie donc les allers-retours en avion entre Québec et la Nouvelle-Écosse, ce qui devrait lui coûter des milliers de dollars d’ici la fin du cycle olympique.

Je me dis simplement que, dans la vie, l’argent entre et l’argent sort. Présentement, l’argent sort, dit-il. Il ne reste qu’une année, qui sera intense et dispendieuse, mais je peux y arriver.

Si Mark de Jonge est aussi déterminé à terminer en beauté, c’est qu’il le fait aussi pour son fils, sa nouvelle raison de pagayer.

En 2020, mon fils sera peut-être juste assez vieux pour se souvenir d’avoir vu son père aux Olympiques et accomplir de grandes choses. Je souhaite être un modèle pour lui.

Mark de Jonge, kayakiste
Ils sont sur un banc de parc.

Mark de Jonge, sa conjointe Lee Anne et leur fils.

Photo : Courtoisie

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