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Shady El Nahas, l'électron libre du judo canadien

Son adversaire tente de le projeter au sol.

Shady El Nahas durant le Grand Prix de Zagreb en Croatie

Photo : IJF / Marina Mayorova

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Shady El Nahas connaît une progression remarquable dans le monde du judo. Il a déjà remporté plusieurs médailles sur la scène internationale, et son objectif est clair : surprendre tout le monde aux Jeux olympiques.

Depuis un an, tout va très vite pour l'athlète de 21 ans, né à Alexandrie en Égypte. Il garnit son palmarès comme d'autres emplissent de livres les rayons de leur bibliothèque.

Depuis 2016, ce judoka qui a grandi à Toronto et qui habite à Montréal, est la référence au Canada chez les moins de 100 kg. Et depuis l'an dernier, il accumule les succès à l'international.

El Nahas a d'ailleurs gagné la médaille d'or au Grand Prix de Zagreb dimanche. C'était sa première dans une telle compétition. Il avait dominé les Championnats panaméricains en avril.

« Il a terminé la finale (à Zagreb) de brillante façon en l'emportant par ippon, a dit l'entraîneur canadien de l'équipe nationale, Michel Almeida. Je suis fier de son travail. Il a démontré qu'il est parmi les meilleurs. »

Shady El Nahas a été finaliste le 7 juillet au Grand Prix de Montréal, et a déjà obtenu deux médailles en tournois du grand chelem : l'argent à Osaka en novembre 2018 et le bronze à Ekaterinbourg en Russie, en mars dernier.

Je viens d’avoir 21 ans, ça fait même pas un an que je suis sur le parcours olympique. Ça fait huit mois, et j’ai déjà gagné quelques médailles.

Une citation de :Shady El Nahas

Les résultats de Shady El Nahas lui permettent d'être au 2e rang du classement olympique. Il est déjà qualifié pour les Jeux de Tokyo.

Sa victoire en Croatie le fait grimper de trois places au classement hebdomadaire de la Fédération internationale de judo (IJF). Il est à un rang du top 10.

« Ce classement olympique, c’est un peu stressant, car les Jeux, c’est dans un an. Mais en même temps, c’est excitant. J’ai toujours su que c’était ça ma position, que j’étais un des meilleurs au monde, peut-être le meilleur au monde. Et je vais le dire : je vais gagner une médaille aux Jeux. C’est le but », a-t-il dit.

Trouver de la force et de la puissance

Ne le croyez pas aveuglé par sa progression, il sait parfaitement ce qu'il a à faire.

« J’ai besoin d’un peu plus de force, je suis léger dans ma division. Je dois mettre un petit plus de muscles, un peu plus de poids. Je dois aller au gym plus souvent, admet-il. Je dois améliorer ma technique, améliorer ma puissance. Et si j’ai tout ça, je crois à 100 % que je peux gagner une médaille olympique. »

Vêtu de son judogi, il répond aux questions des journalistes.

Shady El Nahas en entrevue lors du Grand Prix de Montréal

Photo : Société Radio-Canada

Cette victoire au Grand Prix de Zagreb tombe à point. Il semble être à son mieux, à trois semaines des Championnats du monde, à Tokyo, comme répétition générale pour les Jeux de 2020.

« J’attends les Championnats du monde dans un mois, et j’espère gagner une médaille, et peut-être gagner la compétition. C’est ça le but, et c’est comme ça qu’on avance. »

Sur les bords des tatamis de l'Institut national du sport, à Montréal, où il habite et où il s'entraîne, on chuchote qu'il est l'électron libre de Judo Canada. Quand on lui pose la question de but en blanc, il le prend comme un compliment.

Je suis d’accord avec ça. Être imprévisible, être un électron libre, c’est une bonne qualité. Personne ne sait ce que je vais faire. Et pour gagner des combats, ça m’aide beaucoup.

Une citation de :Shady El Nahas

« Mais des fois, ça peut être une mauvaise qualité, ajoute-t-il dans le même souffle, lucide. Car il peut m’arriver ce qui m’est arrivé en finale à Montréal. »

En finale, devant des partisans passionnés et bruyants, il a été surpris à la 35e seconde du combat avec un ippon par son adversaire, l'Égyptien de 31 ans Ramadan Darwish.

« Je dois être plus patient dans mes attaques, car quand je suis hors de position, je me fais prendre en contre. C’est une faute que je fais souvent, constate-t-il. Je dois oublier ces habitudes. »

Darwish sait que le Canada détient en Shady El Nahas une pépite. Après sa victoire, Darwish a d'ailleurs tenu à féliciter son jeune adversaire sur le tatami. Une belle marque d'amitié qui, c'est vrai, a pour origine la terre natale des deux hommes.

Il lève le bras droit de son adversaire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ramadan Darwish félicite Shady El Nahas après la finale du Grand Prix de Montréal.

Photo : IJF / Emanuele Di Feliciantonio

Il y a aussi une marque de respect qui va au-delà de l'amitié.

« Quand Ramadan a levé mon bras devant tous les spectateurs canadiens, c'était vraiment joli. Avec les résultats vient le respect des adversaires. Et bien sûr, le judo, c’est tout à propos du respect », conclut-il.

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