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Egan Bernal, plus jeune vainqueur en 110 ans du Tour de France

Egan Bernal vainqueur du Tour de France 2019 sur le podium à Paris.

Photo : Getty Images / MARCO BERTORELLO

Radio-Canada

Après trois semaines de course, le Tour de France a couronné un premier cycliste sud-américain. Le Colombien Egan Bernal a ramené le maillot jaune à Paris, alors que Caleb Ewan a gagné la 21e étape au sprint sur les Champs-Élysées dimanche.

À 22 ans et 6 mois, Bernal devient le plus jeune coureur à gagner la Grande Boucle depuis François Faber en 1909. Il arrive au 3e rang pour l'âge dans toute l'histoire.

À 19 ans et 352 jours, Henri Cornet, gagnant du deuxième Tour de France en 1904, détient le record absolu de précocité.

Au classement général, il s'est imposé par 1 min 11 s sur son coéquipier et champion en titre, le Britannique Geraint Thomas, et par 1 min 31 s sur le Néerlandais Steven Kruijswijk.

« C'est incroyable, je ne sais pas quoi dire. J'ai gagné le Tour. Il va me falloir quelques jours pour intégrer cela. J'ai vu ma famille, j'avais juste envie de les prendre dans mes bras. C'est une joie que je ne peux pas décrire », a déclaré Egan Bernal à la conclusion de la 21e étape.

C'est le premier Tour de France de la Colombie. Il y en a tellement qui ont essayé, nous avons une telle histoire avec ce sport, nous avons gagné le Giro et la Vuelta, mais il ne nous manquait que le Tour. La Colombie le mérite. Et je suis fier d'être le premier à y arriver.

Egan Bernal
Ils roulent sur les pavés.

Le maillot jaune Egan Bernal amène ses coéquipiers d'Ineos devant l'Arc de Triomphe, à Paris, lors de la 21e étape.

Photo : Getty Images / Anne-Christine Poujoulat

Le Slovaque Peter Sagan revêt pour la septième fois le maillot vert du classement par points, battant le record d'Erik Zabel. Quant au Français Romain Bardet, il porte le maillot à pois du meilleur grimpeur. La formation espagnole Movistar est lauréate du classement par équipe.

Le Français Julian Alaphilippe, porteur du maillot jaune pendant 14 étapes et grand animateur de cette édition, a été sacré super-combatif du Tour.

Dans la 21e et dernière étape, longue de 128 kilomètres, entre Rambouillet et Paris, le peloton a respecté la tradition. Flûte de champagne pour le lauréat et ses équipiers, photos-souvenirs et rythme tranquille dans la première partie de course, allure beaucoup plus soutenue par la suite quand le peloton est entré sur le circuit final après un spectaculaire passage par la cour intérieure du Louvre.

L'équipe Ineos est entrée la première, mais c'est l'Espagnol Omar Fraile qui a dégainé le premier, au seuil des 50 derniers kilomètres, suivi par trois autres coureurs. Le peloton a fait la jonction à 12 kilomètres de l'arrivée.

Au sprint, Ewan a remonté juste avant la ligne le Néerlandais Dylan Groenewegen. L'Australien de 25 ans, néophyte du Tour, a signé son troisième succès depuis le départ de Bruxelles le 6 juillet dernier.

L'Australien porte la main à la bouche lorsqu'il franchit la ligne d'arrivée.

Caleb Ewan

Photo : Getty Images / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Le Québécois Hugo Houle a pris le 15e rang de la dernière étape. Au classement général, il a conclu au 91e échelon à 2 h 56 min 11 s de Bernal.

Le Canadien Michael Woods, souvent aux avant-postes malgré deux côtes fracturées, a terminé en 32e position à 1 h 21 min du Colombien.

Une édition renversante qui a bousculé les codes

C'était « le Tour le plus beau » de ces dernières années pour le directeur Christian Prudhomme, « le plus excitant » pour celui d'Ineos, Dave Brailsford, qui vient donc d'ajouter une nouvelle victoire au palmarès de sa formation.

Le quadruple vainqueur Chris Froome a salué la victoire de son coéquipier. « La question n'était pas de savoir s'il allait porter le maillot jaune, mais quand il le ferait. » Le destin d'Egan Bernal, surdoué venu des hauteurs des Andes, était tracé depuis le Tour de l'Avenir en 2017 et son transfert, après un passage par l'Italie, dans l'équipe la mieux armée du peloton.

Il boit du champagne sur son vélo pendant la dernière étape.

Egan Bernal

Photo : AFP / THIBAULT CAMUS

Bernal donne un coup d'accélérateur phénoménal pour le cyclisme dans le pays d'Amérique du Sud qui vibre pour les siens depuis la première apparition des Colombiens au Tour, il y a 36 ans.

Est-ce pour autant le début d'une nouvelle ère? « On n'en sait rien. Ce qui est sûr, c'est qu'il est surdoué et qu'il est très jeune », répond Christian Prudhomme.

À raison : depuis 40 ans, les plus jeunes lauréats ont gagné l'épreuve une autre fois (Laurent Fignon, Alberto Contador)... ou pas (Jan Ullrich, Andy Schleck).

« C'est comme une drogue. Une fois que tu gagnes, tu penses au Tour suivant », dit Bernal. Mais le Colombien est conscient d'avoir été avantagé par le parcours en raison de sa facilité en très haute altitude. C'est dans les deux cols les plus hauts (Galibier, Iseran) qu'il a fait la différence.

Même dans sa propre équipe Ineos (anciennement Sky), dont l'effectif comptera probablement l'an prochain une pléthore de leaders potentiels (Bernal, Froome, Thomas, Carapaz), le lauréat des Champs-Élysées n'est pas assuré d'être le numéro un. Car, c'est une certitude, le Tour 2020 ira moins haut. Mais, pour connaître le parcours, il faudra attendre jusqu'au 15 octobre.

Un Tour à la Alaphilippe

Le Français Julian Alaphilippe symbolise cette Grande Boucle dont il a porté 14 jours durant le maillot jaune.

Il célèbre sa victoire lors de la troisième étape.

Julian Alaphilippe

Photo : Getty Images / Anne-Christine Poujoulat

« C'est lui qui a allumé la mèche », relève Christian Prudhomme, séduit par l'audace et la simplicité du numéro un mondial. « C'est lui qui a changé la course », affirmait avant les Alpes Dave Brailsford.

Le Français, vainqueur de deux étapes (dont le contre-la-montre individuel à Pau) et 5e au classement final après avoir flanché dans les deux dernières étapes de montagne, avoue finir « au bout du rouleau ». Qu'importe, dit-il, il a « vécu une expérience inoubliable » durant trois semaines de folie qui vont marquer sa carrière et le public.

La marque de cette 106e édition? L'imprévu, les rebondissements, mais surtout la ferveur et l'enthousiasme partagés au bord des routes, l'espérance du public français de voir l'un des siens gagner pour la première fois en 34 ans jusqu'à la chute d'Alaphilippe et à l'abandon-surprise de Thibaut Pinot à trois jours de la fin.

Avec les informations de Agence France-Presse

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