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chronique

Où en sont les athlètes canadiens à un an des Jeux de Tokyo?

Penny Oleksiak pose avec quatre médailles, avec un grand sourire

Penny Oleksiak avec ses quatre médailles obtenues lors des Jeux olympiques de Rio en 2016.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Dominick Gauthier

BILLET - Un an avant la cérémonie d’ouverture des Jeux de Tokyo, qui seront à mon avis les plus beaux de l’histoire (pour une fois, nous n’avons pas à écrire un papier sur les retards de construction ou des inquiétudes pour la sécurité), que vaut l’équipe canadienne?

On dit que le passé est souvent garant de l’avenir, mais rien n’est plus loin de la réalité aux Jeux olympiques. Des 18 athlètes ou équipes canadiens qui ont gagné des médailles à Londres en 2012, seulement 5 sont encore montés sur le podium à Rio en 2016. Des 22 de Rio, seulement 5 ont maintenu ou amélioré leur niveau depuis 2016.

À première vue, cela semble inquiétant. Mais à un an des Jeux de Rio, aucun expert n’aurait prédit une médaille à Penny Oleksiak, qui en a pourtant gagné quatre. Si inquiétude il y a, elle concerne Oleksiak et l’autre héros de Rio, Andre De Grasse. Tous deux étaient de très jeunes médaillés voués à un avenir olympique des plus glorieux. Depuis, rien. Distractions, confusions, blessures, changement d’entraîneur, etc.

Andre De Grasse

Andre De Grasse

Photo : Getty Images / Patrick Smith

Il est toujours délicat au Canada de critiquer nos champions. Les journalistes qui osent le faire se font souvent durement critiquer. Par contre, cette fois-ci, cela serait ne pas faire notre travail que de dire que tout va bien.

Si un jeune athlète parvient à devenir l’un des plus rapides du monde en natation et en athlétisme, des sports où la compétition est hautement relevée, il doit être capable de prendre ses responsabilités et revoir ses priorités. Mais dans les deux cas, les choses semblent se stabiliser après une longue période de turbulence.

Je l’ai souvent dit, les tapis rouges, on doit laisser ça aux artistes. Je crois que la très grande majorité des athlètes ne sont pas capables de bien gérer le vedettariat. Pour plusieurs, ça vient avec une pression additionnelle. Et pour d’autres, ça devient une drogue dont ils ne peuvent plus se passer. Dans les deux cas, les résultats sportifs en souffrent.

Alors, laissons le passé derrière et regardons maintenant vers l’avant.

Nouveaux sports et disciplines

Plusieurs nouveaux sports et disciplines seront à l’affiche à Tokyo. Est-ce un avantage pour le Canada?

Dans les cinq nouveaux sports (planche à roulettes, surf, escalade, baseball/softball et karaté), je vois de vraies chances de médailles pour Matt Berger et les frères Decenzo en planche et Sean McColl en escalade. Mais ces athlètes ne dominent pas leur sport.

Sean McColl

Sean McColl

Photo : Radio-Canada

Au féminin

La meilleure nouvelle pour le Canada est probablement l’ajout d’épreuves féminines de canoë de vitesse, le C-1 200 m et le C-2 500 m. Laurence Vincent-Lapointe et Katie Vincent dominent ces épreuves depuis longtemps, ce qui permet d’espérer trois nouvelles médailles.

L’autre bonne nouvelle est l’ajout des épreuves mixtes par équipe en athlétisme, en natation et en triathlon. Dans tous ces cas, le Canada pourrait se faufiler sur le podium.

Nous parlons de plus en plus d’équité des genres dans la participation aux Olympiques et en général, cela est bon pour notre pays, qui développe mieux que bien d’autres nations le sport féminin.

Parlant de résultats féminins, nous constatons cette semaine que Natation Canada n’a pas trop à s’inquiéter de la baisse de régime de Penny Oleksiak. Taylor Ruck, Sydney Pickrem, Kylie Masse et la nouvelle championne du monde du 100 m papillon, Margaret MacNeil, mènent une armada canadienne qui pourrait être dominante au Japon.

Un plan sous l'eau de la nageuse pendant son battement de papillon

Margaret MacNeil sous l'eau

Photo : Getty Images / AFP/François-Xavier Marit

On peut aussi compter sur l’expérience olympique de Meaghan Benfeito et de Jennifer Abel pour donner quelques médailles à l’équipe de plongeon, en synchro entre autres.

Judo, lutte et volleyball de plage

Dans les sports de combat, on pense bien sûr au judoka Antoine Valois-Fortier, dans la forme de sa vie après une opération au dos. Il compte bien retrouver sa place au sommet.

Antoine Valois-Fortier

Antoine Valois-Fortier

Photo : Société Radio-Canada / Éric Santerre

Toujours sur les tatamis, nous sommes assurés d’un moment crève-cœur entre Jessica Klimkait et Christa Deguchi. Les deux ont ce qu’il faut pour se battre pour l’or à Tokyo, mais il n’y a qu’une seule place pour le Canada dans leur catégorie de poids. Elles devront possiblement avoir un combat ultime pour décider de l’heureuse élue.

En lutte, Erica Wiebe, médaillée d’or à Rio, est toujours parmi les meilleures. Danielle Lappage, victime d’une blessure quelques minutes avant son premier match olympique en 2016, sera aussi à surveiller.

Erica Elizabeth Wiebe célèbre sa victoire en finale des 75 kg.

Erica Elizabeth Wiebe célèbre sa victoire en finale des 75 kg.

Photo : Getty Images / Julian Finney

En volleyball de plage, on a vu l’équipe de Melissa Humana-Paredes et Sarah Pavan gagner le Championnat du monde il y a quelques semaines en Allemagne. Il y a de grands espoirs dans ce sport, d’autant plus que l’autre équipe canadienne, formée de Heather Bansley et Brandie Wilkerson, aspire également au podium olympique. Une finale toute canadienne est possible.

Melissa Humana-Paredes et Sarah Pavan

Melissa Humana-Paredes et Sarah Pavan

Photo : Beach Volleyball Major Series ‏/ Twitter

Alors, sommes-nous en bonne position à un an des Jeux?

Je pense que oui. L’éventail des sports dans lesquels nos athlètes ont des chances de médaille est plus grand qu’à Rio et à Londres. Par contre, sans multiples médaillés, il sera pratiquement impossible pour le Canada de se glisser dans les 12 premiers pays au classement.

N’oubliez pas que sans les sept médailles combinées d’Oleksiak et de De Grasse, les Jeux de Rio auraient été une énorme déception pour l’équipe canadienne.

Sports