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Margaret MacNeil et les succès au féminin de la natation canadienne

Margaret MacNeil sous l'eau

Photo : Getty Images / AFP/François-Xavier Marit

Radio-Canada

Margaret MacNeil s’est surprise elle-même lundi en décrochant le titre au 100 m papillon aux Championnats du monde de la FINA. La Canadienne de 19 ans s'est payée au passage la détentrice du record mondial et championne olympique Sarah Sjostrom. Qui est cette jeune athlète? Comment a-t-elle construit son succès? Benoît Huot, analyste et ancien médaillé paralympique en natation, a répondu à nos questions.

Q. - Comment mesurer l'ampleur de l’exploit de MacNeil avec ce titre mondial?

R. Pour vous donner une idée, les 10 meilleurs temps de l’histoire du 100 m papillon appartenaient tous à Sjostrom, jusqu’à ce matin. C’est vraiment incroyable! Il y en a maintenant un au nom de MacNeil. En plus, ce sont non seulement ses premiers mondiaux, mais c’est sa toute première compétition internationale.

Elle était cinquième au virage, derrière de grandes championnes, elle est revenue une seconde plus vite que n’importe quelle autre nageuse.


Q. - Qu’est-ce qui lui a permis d'effacer son retard à la mi-course?

R. Ce qui a fait la différence pour MacNeil dans cette course-là, c’est tout le travail qu’elle a fait sur le circuit universitaire américain dans les derniers mois. Le circuit américain, c’est un circuit où on nage dans un plus petit bassin. Il y a plus de virages.

Et ce matin, son ondulation et la rapidité avec laquelle elle est sortie du virage ont fait la différence. Elle a maintenu le cap et sa fougue de jeune de 19 ans a fait qu’elle a terminé en force.


Q. - Margaret MacNeil s'ajoute à un groupe de nageuses canadiennes qui fait très belle figure sur la scène internationale. Quel est le secret du succès de cette équipe et de sa profondeur?

R. La moyenne d’âge des filles est de 19 ans seulement et elles dominent la natation au niveau mondial. Avant les Championnats du monde, on s’attendait à voir Penny Oleksiak, bien sûr, Taylor Ruck, Kylie Masse. Mais là, on a MacNeil qui est championne du monde. Et que dire de Pickrem, qui a remporté le bronze au 200 m quatre nages.

Je pense que la communauté internationale se parle et se demande ce qui se passe avec le Canada. Je crois que tout cela, selon moi, vient d’un point central : l’entraîneur Benjamin Titley.

Il a été engagé en 2013 par Pierre Lafontaine, ancien haut dirigeant de Natation Canada. Quand il est arrivé, il a instauré une structure au sein de l’équipe féminine qu’on ne retrouve malheureusement pas chez les hommes.

Ma pire crainte, c’est que le Canada perde Titley. Si le Canada réussit à le garder, notre sprint chez les femmes est assuré pendant plusieurs années.

Son programme est dessiné pour des épreuves bien précises et ça fonctionne.

On est à un an des Jeux olympiques de Tokyo et c’est vraiment de bon augure. Je crois que notre équipe féminine pourrait espérer revenir de ces mondiaux avec cinq ou six médailles et répéter l’expérience aux Jeux en 2020.


Q. - Quel sera le défi pour que les jeunes nageuses comme MacNeil poursuivent sur leur lancée?

R. Il faut que MacNeil continue de faire exactement ce qu’elle faisait avant les Championnats du monde. Il ne faut pas qu’elle change. Il y aura un peu plus d’attention autour d’elle, mais il ne faut pas qu’elle se laisse déconcentrer par tout ça.

Il faut qu’elle continue de nager et qu’elle garde sa motivation.

Radio-Canada Sports diffuse les Championnats du monde de la FINA sur le web. Pour ne rien manquer,consultez notre horaire de webdiffusions.

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