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Les Alouettes sans complexes contre les Eskimos

Patrick Levels effectue un plaqué sur C.J. Gable avec l'aide de Woody Baron.

Patrick Levels (no 3), C.J. Gable (no 2) et Woody Baron (no 97)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Félix St-Aubin

Les Alouettes ont obtenu leur revanche sur les Eskimos d'Edmonton (3-2) au cours d'un choc défensif qui a été disputé sous une chaleur accablante. Les Montréalais ont signé un triomphe de 20-10 pour prolonger à trois leur séquence victorieuse, une première depuis la conclusion de la saison 2016.

Les sources de motivation étaient nombreuses dans le camp montréalais samedi après-midi. Les Moineaux ont poursuivi sur leur lancée entamée au début de juillet et ont rendu la monnaie de leur pièce à leurs tombeurs en lever de rideau de la campagne.

Peut-être inspirées par la présence des frères Jeffrey et Peter Lenkov, qui étaient de passage au stade Percival-Molson, ou bien par la coupe Grey, qui faisait également un arrêt à l’Université McGill, les Alouettes ont maîtrisé l’une des puissances du circuit Ambrosie.

« Je pense que l’équipe que l’on présente est la vraie version des Alouettes. Nous venons pour jouer chaque semaine, nous n’allons peut-être pas toujours l’emporter, mais nous allons nous présenter », a mentionné l’entraîneur-chef Khari Jones.

L’unité défensive a permis au quart-arrière Vernon Adams fils de travailler avec une avance au tableau indicateur pendant pratiquement la totalité du match. Sa prise de risque a été calculée, et les revirements ont, du coup, été écartés de l’équation.

Adams fils a été victime de deux interceptions qui ont cependant été annulées en raison de pénalités écopées par ses rivaux. Il a totalisé des gains aériens de 191 verges et 1 touché après avoir complété 15 de ses 22 relais.

Harris menotté par les Alouettes

Le quart Trevor Harris s’est amené dans la métropole québécoise avec un rendement personnel immaculé, aucune défense n’ayant réussi à lui dérober le ballon lors des quatre premières rencontres. Il quitte toutefois Montréal avec deux taches à son dossier, gracieusetés de Greg Reid et de Taylor Loffler.

C'est Reid qui a d’ailleurs stoppé la séquence de Harris, parvenu au 5e échelon dans l’histoire de la Ligue canadienne de football pour le nombre de passes tentées sans se faire intercepter (228).

Le vétéran de 33 ans, qui est arrivé à Edmonton en provenance d’Ottawa durant la saison morte, n’a jamais été en mesure d’installer son attaque et de bâtir autour d'une série offensive concluante. Un profond contraste avec la première semaine d’activités, au cours de laquelle son bataillon avait amassé une récolte astronomique de 608 verges.

« On s’en souvenait, de ça, mais on a essayé de se concentrer sur nous. On a essayé de s’améliorer, pas seulement depuis le premier match joué contre eux, depuis la semaine passée aussi », a indiqué le secondeur intérieur Hénoc Muamba.

La défense menée par le coordonnateur Bob Slowik n'a laissé que des miettes aux visiteurs : trois placements réussis par le botteur Sean Whyte et un simple sur l'une de ses deux tentatives ratées.

On a trop bien joué, je suis fier des gars en défense, je suis fier des gars en attaque. La chose la plus épeurante, c’est qu’on est mieux que ça, on peut encore s’améliorer.

Hénoc Muamba, secondeur intérieur des Alouettes de Montréal

Adams fils et son unité offensive ont, de leur côté, trouvé le moyen de capitaliser sur les quelques occasions qui se sont présentées à eux, notamment grâce aux qualités athlétiques du jeune pivot de 26 ans et à son aisance à éviter la pression adverse.

« Cette équipe aime compétitionner. Je l’ai dit en début d’année, après la défaite à Edmonton, que j’aime la manière dont cette équipe se bat. Nous n’abandonnons pas. Cette équipe est différente, vous le voyez, nous le voyons et nous le ressentons », a affirmé le quart.

Les Eskimos ont certes limité le porteur de ballon William Stanback dans ses déplacements au sol (13 courses pour 47 verges), mais n’ont pas su faire de même avec Adams fils (7 courses pour 44 verges) ni avec le demi offensif Jeremiah Johnson (6 courses pour 39 verges).

Larry Dean et Mike Moore sont à sa poursuite.

Le quart des Alouettes Vernon Adams fils se libère de la pression des joueurs des Eskimos.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Les Moineaux prennent leur envol

Les Alouettes ont fait payer aux Eskimos leur audace tôt dans le match. Edmonton a raté son pari d’essayer de prolonger sa série offensive sur un troisième essai et deux verges à faire en territoire montréalais.

Le receveur éloigné Kenny Stafford, qui a défendu les couleurs des Moineaux en 2014 et en 2016, a cafouillé en jonglant avec le ballon en réception de passe pour offrir une première occasion de fêter à son ancienne organisation.

Le revirement causé par la défense des Alouettes, qui a ouvert la voie au premier touché de la rencontre, a semblé galvaniser les Montréalais. Il a donné le ton au duel, et l’unité a ensuite été intraitable et suffocante – comme la chaleur – contre la redoutable attaque des Eskimos.

Adams fils et l’ailier éloigné Eugene Lewis ont pris les choses en main dès qu’ils ont renoué avec le terrain. Le quart a d’abord rejoint Lewis sur 21 verges pour entamer la séquence à l’attaque, puis Lewis lui a rendu la pareille sur la même distance au cours d’un jeu truqué qui s’est conclu dans la zone payante.

Les amateurs de football américain ont certainement eu une petite pensée pour le « Philly Special », réalisé par les Eagles de Philadelphie lors de leur conquête du Super Bowl LII contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre. La version canadienne avait comme protagonistes Adams fils, Stanback et Lewis.

Le jeu n’a pas du tout connu le même dénouement à l’entraînement de vendredi, a assuré Jones. Cela ne l’a pas empêché de l’utiliser à un moment propice en début de rencontre.

« Ça n’a pas fonctionné durant l'entraînement, c’était affreux, a soutenu l'entraîneur avec un large sourire. Eugene est très fier de ses compétences pour lancer le ballon, je savais donc qu’il allait prendre une bonne décision et effectuer une belle passe si j’appelais le jeu pendant un match. »

C’était le bon jeu au bon moment. C’est excitant d’avoir des jeux comme ça, c’est plaisant, on était comme de petits garçons sur le terrain, comme si on jouait dans la cour.

Kristian Matte, centre des Alouettes de Montréal

En l’absence des receveurs B.J. Cunningham et DeVier Posey, respectivement blessés à un genou et à un mollet, Lewis et Quan Bray ont été les plus sollicités dans l’attaque aérienne des Alouettes. Ils ont chacun attrapé 5 ballons et franchi 69 et 37 verges.

Les Moineaux n’ont donc pas perdu le moindre affrontement durant le deuxième mois du calendrier et reprendront du service en août, bien installés au 2e échelon de la Division est. Un scénario que bien peu de gens auraient osé envisager il y a quelques semaines.

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