•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Impossible et impensable de le garder en poste », les Alouettes congédient Kavis Reed

Il se tient les bras croisés pendant un entraînement.

Kavis Reed

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Félix St-Aubin

Les Alouettes ont relevé de ses fonctions le directeur général Kavis Reed. Joe Mack assure dorénavant la gestion quotidienne de l'équipe, en collaboration avec l'entraîneur-chef Khari Jones et le directeur des opérations football Patrick Donovan.

Mack a épaulé Reed en tant que directeur général adjoint au personnel des joueurs pendant la quasi-totalité de son règne qui a commencé après la saison 2016.

Le président Patrick Boivin a certifié en conférence de presse qu'il a lui-même pris la décision dimanche de congédier Reed et qu'elle n'est en aucun cas liée au délicat dossier de la vente des Alouettes.

Kavis ne pouvait simplement plus continuer à gérer les Alouettes de Montréal [...] Ce type de changement, à ce stade-ci de la saison, n'est pas un scénario idéal, j'en conviens, mais garder Kavis l'aurait été encore moins. Il était absolument impossible et impensable de garder Kavis en poste avec ce que nous avons récemment découvert.

Patrick Boivin, président et chef de la direction des Alouettes de Montréal

Il a expliqué qu'il s'agit « d'éléments de nature administrative au niveau de la gestion effectuée par Kavis », sans vouloir donner de plus amples détails.

Questionné maintes et maintes fois dans l'optique de connaître la nature précise des éléments, à savoir si Reed avait enfreint la réglementation de la LCF, voire la loi, ou si cela relève du domaine des relations personnelles et professionnelles, Boivin n'a rien voulu confirmer, mais a laissé une porte entrouverte.

« Je vais vous donner une réponse un petit peu différente... commencer à commenter sur les détails pourrait aussi potentiellement nous exposer au niveau légal, donc on ne commentera pas plus », s'est-il contenté de dire.

L'annonce a effectivement de quoi étonner un peu puisque les Alouettes ont signé samedi contre le Rouge et Noir, à Ottawa, une deuxième victoire d'affilée pour atteindre le seuil de respectabilité de ,500 pour une première fois depuis juillet 2017.

D'ailleurs, la terminaison du contrat de l'ancien entraîneur-chef Mike Sherman, d'un commun accord, en avait également fait sourciller plus d'un en raison du moment choisi, soit au terme du camp d'entraînement et six jours avant l'entame de la saison.

Stefan Logan (gauche) et Kavis Reed (droite)

Stefan Logan (gauche) et Kavis Reed (droite)

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Les mains liées

Boivin confie « avoir eu de sérieuses discussions avec [l'ex-propriétaire] Andrew Wetenhall à l'automne à propos du statut de Reed en raison des performances décevantes de l'équipe ».

« Puisque nous étions en processus de vente, il était pratiquement impossible d'imposer un changement de directeur général à de nouveaux propriétaires », dit Boivin.

Le curriculum vitae de Reed comme directeur général et pilote par intérim des Moineaux n'a rien de bien reluisant. Le successeur de Jim Popp a respectivement montré des fiches de 10-30 et 0-7 dans ces deux emplois.

Il a rapidement gravi les échelons dans l'organigramme montréalais. Embauché en 2015 pour coordonner les unités spéciales, Reed a vu sa liste de tâches augmenter la saison suivante en décrochant le rôle d'instructeur adjoint.

Il n'a toutefois jamais été en mesure de freiner la glissade amorcée en 2015, ce qui lui a valu de nombreuses critiques de la part des supporteurs. Les mauvaises langues affirment même qu'il a transformé ladite glissade en descente aux enfers.

La venue de Sherman dans le giron des Alouettes et l'acquisition du controversé quart-arrière Johnny Manziel font entre autres partie des mouvements de personnel reprochés à Reed.

Mike Sherman (gauche), Johnny Manziel (centre) et Kavis Reed (droite)

Mike Sherman (gauche), Johnny Manziel (centre) et Kavis Reed (droite)

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Un organigramme remanié

Le congédiement et le nouveau comité instauré par Boivin, avec Mack à sa tête, offrent au remplaçant de Reed « la gestion du plafond salarial, les contrats, les opérations et la logistique ».

« J'ai dit à Patrick que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour aider l'équipe. Il m'a demandé si je pouvais faire le pont parce que j'ai de l'expérience dans ce domaine et que je connais bien Khari », a déclaré Mack.

« Patrick est d'avis que je peux contribuer au succès de l'équipe, et je suis heureux de le faire, a-t-il assuré. Nous venons de gagner deux gros matchs, ce qui prouve qu'il est possible de l'emporter lorsque tu as un bon personnel d'entraîneurs et une belle chimie. Et c'est le cas ici. »

Les Alouettes ont raté les séries à l'issue des quatre dernières saisons. L'équipe n'a pas atteint la dizaine de victoires et n'a pas conclu le calendrier au sommet de la Division est en sept ans.

Mack aura ainsi le mandat de redresser la barre en poursuivant sur la lancée entamée au début du mois.

L'Américain de 65 ans a occupé différents postes administratifs dans la LCF et la NFL. Sa plus récente expérience comme directeur général remonte à la période 2010-2013 dans l'organisation des Blue Bombers de Winnipeg.

Le passage de Mack en sol manitobain a été marqué par une participation à la finale de la Coupe Grey en 2011 et par un piteux rendement de 22-40 au cumulatif.

Football

Sports