•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La quête de qualification et de record de Jennifer Abel

Jennifer Abel

Photo : Getty Images / JIM WATSON/AFP

Olivier Tremblay

Jennifer Abel a l’occasion de faire d’une pierre deux coups aux Championnats du monde de la FINA qui s’amorcent vendredi, à Gwangju, en Corée du Sud. Lorsqu’elle montera sur le tremplin de 3 m avec sa partenaire Mélissa Citrini-Beaulieu, elle pourra à la fois qualifier le Canada pour les Jeux olympiques de Tokyo et devenir la plongeuse canadienne la plus prolifique aux mondiaux.

Le retraité Alexandre Despatie possède dans sa collection huit médailles aux Championnats du monde, autant qu’Abel (et que le nageur Ryan Cochrane, aussi à la retraite). C’est un record canadien que les deux amis partagent et que la plongeuse de 27 ans peut s’approprier dès lundi, trois jours avant son épreuve individuelle.

Est-ce que cela occupe ses pensées? Oui, « parce qu’on ne fait qu’en parler », lance-t-elle, mi-sérieuse, mi-blagueuse. Mais l’horaire de la compétition et les règles de la qualification olympique l’aident à garder ses idées bien en place.

À ces mondiaux, les 12 meilleurs plongeurs des épreuves individuelles gagnent pour leur pays un billet pour les Jeux de 2020. En synchronisé, les trois meilleurs duos en reçoivent un. Faites le calcul.

« Le record viendra avec la qualification des Jeux pour le synchro, indique Abel en entrevue depuis Gwangju. Pour qualifier le Canada au 3 m synchro, il faut un podium absolument. Si je réussis cet objectif, j’aurai non seulement qualifié le pays, mais j’aurai dépassé le record. »

Le scénario parfait, c’est cette médaille qu’on veut aller chercher, Mélissa et moi.

Jennifer Abel

Dans ce duo tissé bien serré – elles ont récemment chanté Céline Dion dans un balado du CIO –, Abel fait figure de jeune vétérane. La différence d’âge, un peu moins de quatre ans, n’est pas si grande. Sauf qu’Abel, arrivée très tôt sur la scène internationale, tentera pour la troisième fois déjà de qualifier le pays pour les Jeux olympiques aux mondiaux.

Citrini-Beaulieu n’a participé aux mondiaux qu’en 2017, à Budapest, où elle est devenue vice-championne au 3 m synchronisé avec son amie. Mais il n’y avait pas de carotte olympique au bout du bâton.

« On approche ça d’une façon différente, mais en même temps, on est tellement connectées, on a tellement une belle chimie, souligne Abel. Les deux, on veut la même chose. On se parle, on se calme. Je suis aussi stressée qu’elle. Tant qu’on se soutient, qu’on a le même objectif et qu’on gagne ou perd en équipe, on va donner le meilleur de nous-mêmes. Et il arrivera ce qui arrivera cette journée-là. Mais on va le faire ensemble, et c’est le plus important. »

L’accent sur le positif

Après deux 4es places difficiles à avaler aux Jeux de Rio, en 2016, Jennifer Abel a réorganisé son approche du sport.

La Montréalaise se concentre davantage sur sa performance que sur ses résultats. Et elle aborde le plongeon avec tout le positivisme possible. Au-delà de tout détail technique à améliorer, c’est cette énergie, cette confiance qu’elle essaie de garder au cœur de sa préparation.

« Je ne peux pas être trop dure envers moi-même, soutient-elle. Des fois, je le suis, ce qui fait que quand je me réveille le matin et qu’on part à l’entraînement, on commence déjà avec une énergie négative. Puis c’est vraiment ce que je ne voulais pas. Quand j’ai quitté Montréal, c’est ce que j’ai dit à mon entraîneur : je ne veux pas que ce soit négatif. Je veux que ce soit positif, même si ce sont des entraînements qui vont moins bien. »

Cet optimisme, elle l’insuffle aussi à ses coéquipiers canadiens. Neuf autres plongeurs sont à Gwangju, dont quatre collègues du 3 m. Elle raconte leur avoir livré, avant le départ de Montréal, un discours qui se voulait mobilisateur.

En Corée du Sud, Abel remarque déjà tous les éléments qu’elle avait soulignés dans sa déclaration : l’importance du soutien envers les autres, le moral et le sourire à protéger coûte que coûte malgré la fatigue et, surtout, l’objectif commun d’une qualification olympique.

« Un top 12 en individuel, je ne peux pas mettre un autre objectif que ça avant d’être passée en finale, explique-t-elle. Lorsque j’aurai fait mon premier plongeon en finale, là je pourrai aller chercher un autre objectif, qui sera de donner la meilleure performance possible. Mais c’est certain que je ne peux pas penser à autre chose qu’un top 12 pour qualifier le Canada aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020. »

Radio-Canada Sports diffusera les Championnats du monde de la FINA sur le web à partir du vendredi 12 juillet, dès 23 h 50 (HAE).

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Plongeon

Sports