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Le Grand Prix IJF de Montréal : un franc succès, probablement sans lendemain

Il tente une prise avec sa main gauche.

Antoine Valois-Fortier pendant le Grand Prix IJF de Montréal en juillet 2019

Photo : Société Radio-Canada

Philippe Crépeau

Le scénario rêvé de Nicolas Gill était que Christa Deguchi et Jessica Klimkait s'affrontent en finale des moins de 57 kg, qu'Antoine Valois-Fortier atteigne la finale chez les moins de 81 kg et que Teddy Riner réussisse son retour. C'est exactement ce qui s'est passé.

Au moment du bilan, le directeur de Judo Canada pouvait difficilement cacher sa satisfaction au micro de Radio-Canada.

« Plusieurs champions du monde, plusieurs champions olympiques ont répondu présents, a-t-il dit. Le niveau a été très relevé, et la performance de nos athlètes a été excellente. C'est de loin le meilleur Grand Prix de l'histoire pour le Canada, sans contredit. »

« Évidemment, on aurait voulu une deuxième médaille d'or ou une troisième. Mais il y a eu plusieurs finalistes. Les athlètes canadiens ont marqué des points pour le classement mondial. Il y en a qui solidifient leur position, certains rentrent dans les quotas. Alors, d'un point de vue sportif, c'est mission accomplie. »

Il répond aux questions près des tatamis.

Nicolas Gill, directeur général de Judo Canada

Photo : Société Radio-Canada

Le tournoi n'a pas été présenté à guichets fermés, mais l'aréna Maurice-Richard donnait un prestige certain à l'événement. Et les spectateurs, par leur enthousiasme et leur respect, ont impressionné les officiels de la Fédération internationale de judo (IJF).

On a été privilégiés de la présence des spectateurs, un public qui connaissait le judo, très respectueux des adversaires, pas une foule purement partisane. Si l'action de l'adversaire d'un Canadien était très belle, ça applaudissait.

Nicolas Gill

« Les membres de la Fédération internationale l'ont bien noté et m'en ont fait la remarque. Et pour faire un bon spectacle, ça prend des athlètes », rappelle le double médaillé olympique.

« De ce côté-là, on a été chanceux avec une finale toute canadienne chez les moins de 57 kg vendredi, la finale d'Antoine Valois-Fortier la deuxième journée, et évidemment, la reprise de la finale olympique chez les plus de 100 kg avec Teddy Riner et Hisayoshi Harasawa pour clore ce Grand Prix dans un combat excessivement serré et dramatique. »

Comme dans un film

Nicolas Gill a été récompensé de ses efforts par un grand spectacle sur les tatamis.

« Conclure ce premier événement-là sur la victoire de Teddy Riner, le retour à la compétition du plus grand judoka de l'histoire, quand j'ai écrit le scénario, c'est comme ça que ça se passait, lance-t-il dans un grand éclat de rire. Dans un roman, un film, ça se passe bien. Mais dans la vraie vie, c'est rare que nos scénarios se passent de cette façon. »

Vraiment, toutes les étoiles se sont alignées pour nous. Évidemment, il y a eu beaucoup de problèmes réglés à la dernière minute, comme les médailles qui sont arrivées très tard. De petits pépins comme ça ont relevé notre niveau de stress. Mais, somme toute, je suis excessivement satisfait.

Nicolas Gill

Si, sur les tatamis, les athlètes ont fait honneur à l'événement, il reste que pour que tout se mette en place, il a dû mettre les bouchées triples et imposer une très lourde tâche à toute son équipe.

« C'est un événement qui est très challengeant, n'hésite-t-il pas à dire. On est une petite organisation. L'événement, c'est 100 % de notre budget, donc on double nos opérations en l'espace de quelques semaines, mais on ne double pas nos ressources humaines, donc ça a été très demandant pour notre personnel. On avait 300 bénévoles qui se relayaient durant la fin de semaine, c'était là aussi très demandant », précise-t-il très justement.

Arthur Margelidon reprend ses effets personnels après un combat avec l'aide d'une bénévole.

Arthur Margelidon reprend ses effets personnels après un combat avec l'aide d'une bénévole.

Photo : Société Radio-Canada

Et enfin, ce dont Nicolas Gill ne peut pas parler, ce sont les inévitables exigences des dirigeants, officiels et invités de la Fédération internationale pour leur assurer un confortable séjour.

Son équipe ne devait pas faire de faux pas et s'assurer que tout se déroule selon les stricts usages, même après le départ prématuré du président de la Fédération internationale, Marius Vizer, dont l'absence à la cérémonie d'ouverture de l'événement a fait jaser.

Peut-être dans le prochain cycle olympique

Montréal a encore montré qu'elle est une ville de sport, que son héritage olympique est encore bien vivant. Ce Grand Prix IJF de Montréal en est la plus belle et la plus récente preuve. Mais il n'est pas certain qu'elle se reproduira.

« Pour le moment, on n'a pas de plan précis pour une deuxième édition à court terme », prévient le médaillé olympique, qui rappelle que Judo Canada a déjà de grands rendez-vous à organiser en sol canadien.

« On organise déjà les Championnats panaméricains et parapanaméricains en 2020, et on a fait une demande pour avoir les Championnats du monde cadets en 2021 », mentionne-t-il.

Donc, s'il y avait une prochaine édition du Grand Prix, ce serait plus dans le prochain cycle olympique, et pour une sélection olympique. Alors stratégiquement, il faudrait attendre à 2022 ou 2023.

Nicolas Gill

« Pour nous, ce n'est pas intéressant s'il n'y a pas cet enjeu-là, car ça n'aurait pas la même envergure, on n'aurait pas une douzaine de champions du monde et olympiques comme on a eu ce week-end. Pour attirer ces athlètes à Montréal, il faut que l'enjeu soit important », ajoute-t-il.

Riner projette Krpalek au sol.

Teddy Riner et Lukas Krpalek durant leur combat au Grand Prix IJF de Montréal

Photo : Instagram / Teddy Riner

« Et ça ne pourra se faire que si nos partenaires, la Ville de Montréal, et les gouvernements du Québec et du Canada sont au rendez-vous », conclut-il.

Pour toutes ces raisons, le Grand Prix IJF de Montréal n'aura peut-être pas de lendemain, mais il aura prouvé hors de tout doute que Judo Canada, et particulièrement Nicolas Gill, infatigable, et son bras droit Patrick Esparbès à la direction générale de la Fédération canadienne savent comment faire les choses correctement pour offrir le meilleur aux amateurs de judo.

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