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Jessica Klimkait ou la difficile quête de l'or olympique

L'Ontarienne Jessica Klimkait (en bleu) lutte contre la Japonaise Momo Tamaoki au grand chelem d'Osaka.

Jessica Klimkait a privé les Japonaises d'une domination totale au grand chelem d'Osaka.

Photo : Getty Images / Kiyoshi Ota

Jessica Klimkait fait contre mauvaise fortune bon cœur. Sa quête de l'or olympique à Tokyo en 2020 passera très probablement par une confrontation directe avec Christa Deguchi que Nicolas Gill est allé chercher au Japon.

Christa Deguchi a aussi la nationalité canadienne, et Nicolas Gill lui a offert une place au sein de l'équipe canadienne dans l'espoir qu'elle « vole » au Japon une médaille aux Jeux olympiques de 2020, à Tokyo.

Mais voilà. Quand Christa Deguchi a enfilé le judogi canadien, en 2017, il y avait déjà deux Canadiennes dans sa catégorie des moins de 57 kilos : Catherine Beauchemin-Pinard, qui a depuis trouvé son bonheur chez les 63 kilos, et Jessica Klimkait.

Klimkait, qui habite à Montréal, accumule les podiums dans les grands prix et les grands chelems de judo. Elle a remporté le grand chelem d'Osaka en 2018.

Le 24 mai, l'athlète ontarienne de 22 ans a remporté une médaille de bronze au Grand Prix d'Hohhot en Chine dans sa catégorie des moins de 57 kilos.

« Le tournoi de Chine était le premier tournoi de notre saison d’été, explique Klimkait à Radio-Canada, et mon but était de voir sur quoi je devais travailler en vue des grands prix de Montréal et de Zagreb en Croatie, et après des Championnats du monde, l’objectif prioritaire de cette année.

« Je suis satisfaite jusqu’à maintenant, estime-t-elle, maintenant le Grand Prix IJF de Montréal sera encore un bon indice de mes progrès depuis le début de l’année, c’est pour cela que j’ai hâte d’y participer. »

Les Canadiennes Jessica Klimkait (57 kilos) et Ecaterina Guica (52 kilos) ont remporté à Hohhot en Chine des médailles de bronze.

Les Canadiennes Jessica Klimkait (57 kilos) et Ecaterina Guica (52 kilos) ont remporté à Hohhot en Chine des médailles de bronze.

Photo : Judo Canada

Une des deux à Tokyo... pas les deux

La qualification olympique permettra au Canada d'envoyer une seule représentante dans chaque catégorie. Donc, chez les moins de 57 kilos, ce sera soit Klimkait ou Deguchi.

« La meilleure des deux ira aux Jeux », répète inlassablement Nicolas Gill à qui veut l'entendre.

Mais s'il a misé sur Deguchi, au point de bousculer les forces canadiennes dans la catégorie des moins de 57 kilos, c'est avec l'ambition de lui offrir un billet pour Tokyo 2020.

« Ce qui compte, c'est la couleur du drapeau qui flotte au-dessus de la première marche du podium à Tokyo », affirme Gill.

La judoka Jessica Klimkait en entrevue à Radio-Canada

La judoka Jessica Klimkait en entrevue à Radio-Canada

Photo : Radio-Canada

« La situation idéale serait qu’on soit toutes les deux sélectionnées pour les Jeux, dit Klimkait. Nous sommes toutes les deux de solides compétitrices, et les deux aux Jeux, le Canada aurait de très grosses chances de médailles. Mais, le fait qu’une seule de nous deux ira aux Jeux, ça me motive », affirme l'athlète canadienne.

« Honnêtement, ça m’a aidée à devenir encore meilleure, car je me suis mis la barre très haut, les objectifs que je me suis fixés sont très élevés, afin de me qualifier pour les Jeux. »

« Si Christa et moi restons dans le top 8 mondial, il y aura un affrontement de barrage entre nous en mai ou en juin, au meilleur de trois combats. »

À la veille du Grand Prix IJF de Montréal, Jessica Klimkait a glissé de deux rangs au classement mondial. Elle est 7e au monde. Christa Deguchi est 3e.

L'athlète ontarienne aimerait suivre au quotidien le travail de sa rivale chez les moins de 57 kilos, mais elle ne peut pas.

Avant d'accepter de porter le judogi canadien, Deguchi a demandé à pouvoir rester s'entraîner dans son pays, le Japon. Demande accordée. Elle ne vient que très rarement au Canada. Elle sera à Montréal pour le Grand Prix.

« C’est vrai que la situation est unique, admet Klimkait d'entrée. Généralement, deux athlètes du même pays dans la même catégorie peuvent s’entraîner ensemble, ce qui leur permet d’apprendre l’une de l’autre à propos de leur style et de leur technique.

« Mais comme Christa est au Japon, on ne s’entraîne vraiment pas souvent ensemble. Les fois où on peut se battre ensemble, dans les finales des tournois. Ça ajoute à la pression dans ces tournois, précise Klimkait, car il y a une bonne chance qu’on se retrouve en finale et les gens s'y attendent. »

« À chaque fois qu’on s’affronte, ce sont de longs combats, dit Klimkait. Et à chaque fois, je veux essayer d’être encore meilleure que la fois d’avant. »

Depuis deux ans, Deguchi et Klimkait se retrouvent régulièrement sur les tatamis des grands rendez-vous.

En février, elles se sont affrontées dans une finale historique au grand chelem de Paris. C'était la première fois que deux Canadiennes s'affrontaient dans une finale de grand chelem.

Deguchi l'a emporté au terme d'un long et âpre combat. C'était une quatrième victoire de Deguchi sur Klimkait dans la dernière année.

Des styles différents

Les deux jeunes femmes se connaissent bien, et savent donc parer les attaques de l'autre.

« Nos styles sont différents, c’est vrai. Je dirais qu’elle a un style très japonais traditionnel, qui techniquement est très propre, analyse Klimkait.

« Moi, je travaille d’une autre façon, avec comme principaux atouts mon cardio et ma vitesse, précise-t-elle. Mais je dirais que ma technique est quand même à point. »

Jessica Klimkait a baissé de deux rangs au classement mondial à la veille du rendez-vous montréalais. De quoi fouetter son orgueil.

« À Montréal, il n’y a pas de raison que je ne sois pas à 100 %. Ce tournoi va juste m’aider à trouver mon rythme de croisière. Je veux qu’à Montréal, il y ait un effet de boule de neige qui me permettra d’être encore plus forte aux mondiaux. »

Les Championnats du monde ont lieu à Tokyo au Japon, au Nippon Budokan, du 25 août au 1er septembre.

« Mon but a toujours été de monter sur le podium aux mondiaux, explique Klimkait, sûre d'elle. Ça n’a pas changé. Je veux me battre aussi bien que je suis capable de le faire. Et si j’y arrive, je sais qu’une médaille m’attend. »

Quant aux Jeux olympiques, Jessica Klimkait n'arrête pas d'y penser.

« Bien sûr que je pense aux Jeux olympiques. Je les ai toujours en tête, explique l'athlète de 22 ans, honnête. Mais je ne veux me concentrer sur cet objectif à long terme, car j’ai aussi des objectifs à court terme que je dois atteindre pour être certaine de pouvoir atteindre cet objectif à long terme.

« Je dois jongler avec ces objectifs, ceux à court terme et celui à long terme qui me poussent à me dépasser », conclut-elle.

Jessica Klimkait et Christa Deguchi seront au travail vendredi, dans la catégorie des moins de 57 kilos, avec les préliminaires à partir de 11 h 30 et la finale à 17 h (HAE).

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