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Les défis de Penny Oleksiak

Penny Oleksiak après le 200 m style libre des essais nationaux en 2019

Photo : The Canadian Press / Frank Gunn

Antoine Deshaies

La nageuse Penny Oleksiak a été la grande révélation des Jeux de Rio en 2016. À 16 ans seulement, elle est devenue la première athlète canadienne à remporter quatre médailles dans les mêmes Jeux d'été. 

Depuis, elle se cherche un peu et espère trouver ses repères pendant les mondiaux de la FINA.

Parce que la vie de Penny Oleksiak a basculé en 2016. D'adolescente anonyme, elle est devenue championne et quadruple médaillée olympique, puis porte-drapeau et célébrité canadienne, surtout à Toronto.

Les invitations mondaines se sont multipliées du jour au lendemain. Celle qui n’avait notamment jamais assisté à un match des Raptors se voyait offrir des billets sur le plancher.

C'était une transition délicate à gérer pour une adolescente. Sans compter la pression et les attentes de performances. Dès son retour de Rio, en 2016, on lui parlait de sa récolte possible de médailles à Tokyo en 2020.

C’était beaucoup sur les épaules d'une nageuse de 16 ans, aussi fortes soient-elles.

« Je ne savais pas à quel point la pression serait lourde, a-t-elle confié à Radio-Canada Sports en marge des essais nationaux en avril. J'ai passé les deux dernières années à chercher comment vivre avec cette pression. J’ai encore beaucoup à apprendre. »

Elle sourit et les montre à la caméra.

Penny Oleksiak avec ses quatre médailles olympiques

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Son ascension parmi les vedettes du sport a ralenti. Aux derniers mondiaux, à Budapest en 2017, Oleksiak n’a pas remporté une seule médaille individuelle. Elle a terminé 4e au 100 m papillon et 6e au 100 m libre.

Aux Jeux du Commonwealth, en avril 2018, elle a aussi raté le podium lors de ses épreuves individuelles. Elle a ramené au pays trois médailles acquises aux relais, dans l’ombre de sa compatriote Taylor Ruck, octuple médaillée.

Depuis Rio, Oleksiak a subi deux commotions cérébrales, elle a quitté le centre national d’entraînement, puis est revenue. Elle a aussi pris une pause l’an dernier en pleine saison de compétition.

À 19 ans, elle a le talent et la vitesse. Elle reconnaît qu’elle manque de constance dans l'effort à l'entraînement. Sa motivation n’est pas toujours optimale.

« Depuis que je suis jeune, si je n’ai pas à fournir un effort de 100 %, j’ai du mal à l’offrir, admet Oleksiak. Je m'en suis tiré bien souvent, en négligeant ma nutrition, ma santé mentale et en ratant des entraînements. Mais là, ça commence à me rattraper et je dois être plus à mon affaire. »

La nageuse canadienne sourit dans la piscine.

Penny Oleksiak après sa victoire au 100 m style libre des Jeux olympiques de Rio

Photo : Getty Images / AFP/Gabriel Bouys

La clé est dans le travail selon l’entraîneur national de Natation Canada.

« Penny a encore le goût de la compétition, mais elle doit avoir le désir d'être la meilleure tous les jours, explique Ben Titley. Elle doit mieux comprendre ce que ça prend sur une base quotidienne plutôt que de se concentrer sur le résultat. C’est une jeune femme fabuleuse et elle seule doit prendre la décision de faire tous les efforts et se concentrer sur ce qui est vraiment important pour sa carrière. »

Penny traverse une période de transition comme toutes les jeunes femmes de son âge et il ne faut pas minimiser le défi que ça représente en plus de la natation. Est-ce qu’elle sortira grandie de cette période mouvementée? J’en suis certain. Les résultats en piscine viendront du travail.

Ben Titley

Au 100 m style libre, l'épreuve qu'elle a remportée à Rio, 12 nageuses ont été plus rapides qu'elle jusqu'ici cette année. Elle refuse toutefois de préciser ses objectifs pour les mondiaux de la FINA.

« Je veux juste être bien et heureuse de la façon dont je nage, dit Oleksiak. J’espère simplement réussir des bons temps. Plus je pense à des objectifs de résultats, plus je suis stressée et plus je serai dure envers moi si j’échoue. Et j’essaie d’éviter ça. »

Chose certaine, les mondiaux à Gwangju lui permettront de se situer par rapport à la concurrence.

Surtout, elle pourra évaluer le chemin à parcourir jusqu'aux Jeux de Tokyo en 2020.

(Avec les informations d'Olivier Pellerin)

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