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chronique

Olympiquement responsable

Les anneaux olympiques devant la flamme sous un ciel gris.

Le CIO a assoupli ses règles pour l'attribution des futurs Jeux, pour donner plus de marge de manœuvre aux potentielles villes hôtes.

Photo : Associated Press / David Goldman

Robert Frosi

BILLET – Devant la pénurie de villes intéressées à organiser des Jeux, le CIO se devait d’intervenir. Les 100 membres réunis à Lausanne ont donc opté pour une réforme en « profondeur » du système d’attribution des Jeux olympiques.

On a tout d’abord changé la charte olympique, qui prévoyait, jusqu’ici, sept ans d’avance pour désigner une ville hôtesse. Dorénavant, on pourrait les désigner plus tôt. Par exemple, on pourrait d’ores et déjà étudier le dossier de villes pour les Jeux d’été de 2032. Il y a déjà des villes qui ont démontré de l’intérêt comme Brisbane, Mumbai, Jakarta et même une possible « unification » des deux Corées! 

Un autre changement important est survenu : on donnera la possibilité à plusieurs villes et même plusieurs pays de déposer une candidature conjointe. On va également créer deux nouvelles commissions qui seront chargées d’étudier les dossiers des villes candidates pour les Jeux d’été et ceux d’hiver.

Ces commissions feront ensuite une recommandation aux membres votants. On pourrait même imaginer dans le futur qu’on ne présente qu’une ville s’il s’avère qu’elle est de loin la meilleure. On propose également de ressortir les dossiers des villes qui se sont déjà présentées et qui ont été battues pour revoir et corriger les manques.

Thomas Bach n’a pas mâché ses mots. Il veut « moins de perdants ». Devant l’exode des villes candidates, notamment pour les Jeux d’hiver, le CIO devait à tout prix reprendre le volant et faire un virage radical.

Seulement, c’est précisément de prix dont il est question. Les villes ou les pays sont de plus en plus sous l’emprise de leur population et les choix sociaux et économiques ne doivent pas dépendre, selon ces populations, de l’arrivée d’un cirque olympique durant 15 jours. D’ailleurs, le CIO a aussi recommandé la tenue d’un référendum avant tout dépôt de candidature.

Il faut remonter loin dans l’histoire pour retrouver une ville qui n’a pas eu un immense déficit après la quinzaine olympique. La seule qui a connu un véritable bénéfice est Los Angeles en 1984. 

Une fois que toutes les médailles ont été distribuées, la gueule de bois est souvent au rendez-vous. Les villes et les pays en ont assez des éléphants blancs qui sont loin d’être en voie d’extinction. Avec ce que le CIO appelle « une révolution », on tente encore de nous vendre un produit qui a le même goût vieillot. D’ailleurs, le CIO ne vient-il pas de célébrer son 125e anniversaire avec de toutes nouvelles installations? Peu de remise en question du côté de Lausanne.

Il va falloir que le CIO comprenne une fois pour toutes que son spectacle est coûteux, voire faramineux, et que personne ne voudra perdre une élection pour deux semaines olympiques. Pourquoi le CIO n’engagerait-il pas sa responsabilité dans la présentation de ses Jeux? Pourquoi ne pas proposer une co-organisation qui permettrait aux villes d’avoir une garantie financière supplémentaire et donc moins lourde à porter? Olympiquement responsable pourrait être le nouveau slogan d’un CIO qui se doit de changer sa formule au risque de disparaître un jour.

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