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Les Européennes règnent sur le Mondial

Lieke Martens célèbre un but après un tir de pénalité contre le Japon en huitièmes de finale.

Deux joueuses néerlandaises.

Photo : Getty Images / Richard Heathcote

Agence France-Presse

Sept pays sur huit des quarts de finale de la Coupe du monde de soccer féminin sont issus du Vieux Continent. L'essor de la Ligue des champions et des salaires attractifs en Europe ont attisé la concurrence, contribué à élever le niveau et expliquent ce nouvel ordre mondial.

Il n'y aura donc pas de reprise des deux dernières finales entre les Américaines et les Japonaises. Et le podium de l'édition 2007 avec l'Allemagne couronnée championne du monde, le Brésil comme finaliste et les États-Unis sur la troisième marche, ne pourra pas non plus se reproduire.

Les demi-finales seront 100 % européennes ou les Américaines seront les intruses au milieu de trois sélections du Vieux Continent.

« Tout ça ressemble vraiment à un Euro avec l'équipe américaine comme invitée », a tweeté la championne du monde 2007 et championne olympique 2016, l'Allemande Annike Krahn.

« C'est vraiment dommage que trois équipes européennes seulement se qualifient pour les Jeux olympiques de 2020 », a-t-elle ajouté.

Ce genre de remarque ne plaît pas à l'attaquante américaine Tobin Heath, joueuse des Thorns de Portland qui est passée par le Paris Saint-Germain (PSG). « En tant qu’amatrice de soccer, je voudrais un peu plus de diversité à ce stade. Je trouve parfois le soccer européen un peu ennuyeux. »

Pourtant, cette nouvelle jeunesse de la vieille Europe était prévisible. « Ça ne me surprend pas que l'Europe soit aussi forte. Ça montre simplement les progrès qui ont été faits ces dernières années », a dit la sélectionneuse des Allemandes, Martina Voss-Tecklenburg.

« Il est clair que des investissements ont été réalisés dans des pays tels que l'Angleterre, l'Espagne, tandis que la France et l'Allemagne, de toute évidence, ont toujours été solides. L'investissement dans les ligues porte ses fruits », a avancé Karen Bardsley, gardienne de l'Angleterre qui est née aux États-Unis.

Un exemple? L'équipe féminine de Lyon, qui a gagné six titres de Ligue des champions, un record, et forme l'ossature des Bleues. Jean-Michel Aulas, président du club, a récemment expliqué à l'Agence France-Presse (AFP) que « le budget de charges a progressivement évolué. Il est cette saison entre 7 et 8 millions d'euros (entre 10,44 M$ CA et 11,93 M$ CA) ».

L'Olympique Lyonnais (OL) investit aussi 2 à 3 millions d’euros (2,98 M$ CA à 4,47 M$ CA) annuels au titre de la promotion. Mais c'est uniquement une volonté d'avoir une approche économique équilibrée. Nous avons aussi fondé une académie. Nous sommes le seul club français à l'avoir fait. L'affaire est quasiment équilibrée et permet à l'OL d'avoir des titres, mais aussi une notoriété internationale considérable.

Jean-Michel Aulas, président de l'Olympique Lyonnais

Plus d'argent, plus de talent

Les ligues européennes « attirent les meilleurs talents, poursuit Bardsley, et ce n'est que bénéfique pour les joueuses locales de ces pays, qui peuvent apprendre auprès des meilleures étrangères.

Les Canadiennes Ashley Lawrence, Jordan Huitema et Kadeisha Buchanan évoluent toutes dans le championnat français. Les représentantes de l'unifolié ont été éliminées par la Suède en huitièmes de finale lundi.

« La concurrence est meilleure que jamais », se félicite encore la gardienne des Trois Lionnes, ravie également de voir des « joueuses exposées [médiatiquement] comme elles ne l'avaient jamais été ».

La Ligue des champions joue à ses yeux « un rôle important dans les succès européens [au Mondial] ».

Sarina Wiegman, entraîneuse-chef des Pays-Bas, ne dit pas autre chose, insistant sur les « joueuses qui vivent du soccer » en Europe et qui évoluent au haut niveau. Les sélections profitent de ces dynamiques et « c'est la raison pour laquelle les pays européens se débrouillent si bien », enchaîne la technicienne.

Il y a une grande différence entre les garçons et les filles, mais l'évolution a été considérable. À Lyon, les salaires sont de 5000 à 10 000 euros (7459 $ CA à 14 917 $ CA) mensuels, mais les meilleures joueuses mondiales peuvent avoir des salaires directs jusqu'à 500 000 euros (745 863 $ CA) annuels, auxquels peuvent s'ajouter des droits individuels ou collectifs d'image, comme pour l'Américaine Alex Morgan [qui a joué à l'OL] qui avait aux États-Unis des contrats d'image pouvant dépasser le million de dollars.

Jean-Michel Aulas, président de l'Olympique Lyonnais

La Norvégienne Ada Hegerberg, premier Ballon d'or féminin de l'histoire, en 2018, qui joue à Lyon, touche 400 000 euros (596 690 $ CA) bruts par an, selon des estimations de France football. Deux autres joueuses de Lyon, la capitaine des Bleues Amandine Henry et la défenseuse Wendie Renard, touchent 360 000 euros (537 021 $ CA) et 348 000 euros (519 120 $ CA) bruts par an, selon les médias.

« Mais il ne faut pas nous reposer sur nos lauriers », a prévenu l'Allemande Nadine Kessler, chargée du soccer féminin à l'UEFA.

« Il y a quelques années, on savait en Europe déjà avant le tournoi qui étaient les prétendants à la victoire à l'Euro, et qui avaient des chances au Mondial. Aujourd'hui, c'est différent. Ça va dans la bonne direction et ça donne confiance », a-t-elle noté.

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