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Le Montréalais Luguentz Dort ignoré au repêchage de la NBA

Luguentz Dort tente de réussir un panier

Luguentz Dort tente de réussir un panier

Photo : The Associated Press / John Minchillo

Olivier Paradis-Lemieux

NEW YORK - Vingt-quatre heures plus tôt, Luguentz Dort débordait de confiance à son arrivée dans la métropole américaine en prévision du repêchage de la NBA. Mais c’est le cœur lourd qu’il a quitté le Barclays Center de Brooklyn jeudi soir sans avoir entendu son nom être appelé par l’une des 30 équipes.

Le garde montréalais de 20 ans a attendu et attendu sans monter sur la scène, où 60 espoirs sont allés, l’un après l’autre lors des deux tours de ce repêchage, chercher leur casquette aux couleurs de leur nouvelle équipe.

Dans les gradins en compagnie de sa mère, de sa sœur et de son mentor, Nelson Ossé, Dort faisait preuve de patience, non sans montrer une certaine nervosité, pendant que le repêchage s’étirait en longueur. Rien pour aider ce jeu d’attente, chaque sélection prenait cinq minutes lors d'un premier tour de presque 3 h 30 min.

Le processus s’est activé à partir du moment où le vice-commissaire Mark Tatum a remplacé sur la scène le commissaire Adam Silver pour le second tour, mais la glissade ne faisait que s’accélérer.

Dort a finalement quitté son siège quand il restait encore cinq joueurs qui pouvaient être sélectionnés. Un appel de son agent avait confirmé qu’il ne serait pas l’un d’entre eux. Suivi de son clan, il a rapidement quitté le Barclays Center, sans accorder d’entrevue, le vague à l’âme.

Quelques mois plus tôt, il avait pris la décision de se déclarer admissible pour le repêchage de la NBA après une seule saison à l’Université Arizona State, au cours de laquelle il a été nommé recrue de l’année de l'Association Pac-12. Les cinq plus récents joueurs à avoir obtenu cet honneur avaient tous été choisis parmi les 10 premiers.

Dans le monde du basketball, frapper tôt aux portes de la NBA comporte toutefois sa part de risques. Une fois qu’un joueur a pris un agent et qu’il a décidé de se rendre jusqu’au bout de l’aventure du repêchage, il ne peut retourner la saison suivante au niveau universitaire.

S’il n’est pas choisi, il peut toutefois tenter de convaincre une équipe de lui offrir un contrat de la NBA ou de sa ligue de développement, la G-League. C’est d’ailleurs le chemin qu’a emprunté un autre Montréalais, Chris Boucher, après sa carrière universitaire il y a deux ans.

L’entraîneur de Dort avec les Sun Devils, Bobby Hurley, qui était présent jeudi soir, est pourtant l’un de ceux qui avait fait miroiter au Québécois d’origine haïtienne qu’il pouvait écourter son séjour universitaire et passer directement à la NBA.

« C’est mon premier, mon premier joueur qui va être repêché après avoir joué seulement une année », avait lancé quelques minutes avant le début du repêchage l’entraîneur de 47 ans dans les gradins.

Sa prophétie ne s’est jamais réalisée.

Dans les coursives après le départ précipité de son protégé, Hurley tentait tant bien que mal de comprendre ce qui avait bien pu se passer.

« Je ne sais pas ce qu’il aurait pu faire de plus, a-t-il insisté. On a gagné 23 matchs, il a été recrue de l’année dans l'association. Il a été dominant. Il a le corps d’un joueur de la NBA. Il est jeune. Il y a tant de choses qui parlent en sa faveur. C’est une surprise, mais il aura toutes les cartes maintenant pour décider où il veut poursuivre sa carrière […] Il va prouver à beaucoup d’équipes qu’elles ont eu tort. »

Après un excellent début de saison qui l’avait vu être nommé joueur de la semaine dans la NCAA, Dort avait fortement ralenti, alors que ses adversaires avaient commencé à aller plus régulièrement au contact avec lui quand il tentait de finir ses actions au panier. Malgré une mécanique de lancer imparfaite, il réussissait ses tentatives de l’extérieur avec une efficacité certaine, mais inconstante.

Son pourcentage de succès a chuté et, avec lui, son rang dans les repêchages simulés des grands médias américains. Mais même s’il avait perdu de sa superbe, il n’y avait que quelques analystes sévères qui ne le voyaient pas être repêché jeudi soir.

Signe qu'il était un espoir bien en vue, Dort avait passé les heures précédant l'événement à sillonner les rues new-yorkaises d'un média à l'autre.

« Je pense que Lu était prêt à être un pro et il va être dans une équipe de la NBA, a encore affirmé Hurley à la fin de la soirée. Il sera un joueur autonome convoité et je suis certain que son agent recevra beaucoup d’appels. »

Dort nous confiait mercredi qu'il ne pensait qu'à la prochaine étape, la ligue d'été de la NBA qui commence dans deux semaines, au cours de laquelle les espoirs se mesurent les uns aux autres afin de se tailler un poste avec leur formation.

Il pensait y être en tant que premier choix d'une équipe, il devrait y être néanmoins dans l'organisation du Thunder d'Oklahoma City avec un contrat à deux volets, selon ESPN, avec tout à prouver et une place à prendre.

La carrière d'un joueur ne se termine pas avec le repêchage.

Dort n’est pas non plus le seul à avoir connu une glissade importante jeudi soir. Bol Bol, par exemple. Le fils de Manute Bol était perçu au début de la saison comme ayant le potentiel d’être choisi parmi les cinq premiers. Mais ce n’est qu’au 44e rang qu’il a pu monter sur la scène, même si la NBA l’avait invité dans la salle verte, où la vingtaine d’espoirs les plus en vue étaient réunis sur le parterre du Barclays Center.

Bol Bol a tout de même enfilé une casquette, celle des Nuggets de Denver, et peut se dire qu'il a réalisé son rêve d'atteindre, comme son père avant lui, la NBA.

Six Canadiens ont été repêchés jeudi soir, un record, mais Luguentz Dort n'est pas l'un d'entre eux.

Un jeune homme s’est évanoui dans la nuit new-yorkaise, la tête pleine de questions.

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