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Les Rays pensent partager leur saison entre Montréal et Tampa

Jake Bauers, des Rays de Tampa Bay, s'élance pendant un match contre les Orioles de Baltimore.

Photo : Getty Images / Mike Ehrmann

Radio-Canada

Les Rays ont reçu la permission du comité exécutif du baseball majeur d'étudier la possibilité de disputer quelques matchs en début de saison à Tampa Bay, avant de compléter leur calendrier à domicile à Montréal.

C'est le commissaire Rob Manfred qui en a fait l'annonce à la conclusion de la réunion des propriétaires.

« L'objectif serait de consolider le marché de Tampa, mais d'améliorer les conditions économiques du club en jouant une partie de leurs matchs à Montréal, a indiqué le commissaire en conférence de presse. Nous n'avons pas promis d'approuver quelque plan que ce soit, seulement accordé la permission d'explorer cette possibilité. »

Selon ce plan, qualifié de « possibilité à long terme » par Manfred, les Rays disputeraient des matchs dans de nouveaux stades dans les deux marchés de Tampa et de Montréal. Le nombre de matchs qui seraient disputés dans chaque ville n'a pas été déterminé, pas plus que la formule employée en cas de participation aux séries.

Il répond aux questions en conférence de presse.

Rob Manfred

Photo : La Presse canadienne / Mary Altaffer

Joint par Radio-Canada Sports, un représentant des Rays a indiqué que la formation ne commenterait pas le dossier avant mardi prochain.

« Ma priorité est toujours la même : je souhaite garder le baseball à Tampa Bay pour les générations à venir, a déclaré le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg, par communiqué. Je crois que ce concept mérite qu'on l'étudie sérieusement. »

Du côté de Saint Petersburg, la réplique du maire Rick Kriseman n'a pas tardé.

« Laissez-moi être clair : les Rays n'ont pas le droit de jouer quelque rencontre de saison que ce soit à Montréal ou ailleurs avant 2028 sans négocier au préalable un protocole d'entente avec la ville de Saint Petersburg, a-t-il rappelé en point de presse. Cette décision me revient et je n'ai aucune intention de présenter ce projet à notre conseil municipal. »

« En fait, je trouve que ça s'en vient un peu ridicule toute cette histoire, a-t-il poursuivi. J'ai énormément de respect pour Stu Sternberg et son équipe de direction. J'adore le produit qu'ils mettent sur le terrain et j'aime de la façon dont ils jouent. Mais après 12 années d'indécision, dont 3 années à explorer leurs options dans la région de Tampa Bay, comme plusieurs personnes, je suis lassé par leurs manigances pour la construction d'un stade. »

Stephen Bronfman, qui dit avoir l'intention d'acheter un site propice à la construction d’un stade de baseball dans le quartier Pointe-Saint-Charles, a réagi par communiqué en après-midi.

« Nous travaillons d'arrache-pied depuis plusieurs années pour examiner comment nous pouvons ramener le baseball à Montréal de manière durable. Ce concept est vraiment intéressant pour mes partenaires et pour moi et nous avons hâte de l'étudier plus en profondeur. »

Le Groupe de Montréal ne fera aucun autre commentaire avant la tenue de la rencontre de presse des Rays.

L'Association ne commente pas

Les Rays devraient aussi obtenir l'approbation de l'Association des joueurs (MLBPA) afin de partager leur calendrier avec Montréal. La MLBPA n'a pas souhaité commenter la nouvelle pour le moment.

« Il ne s'agit que de la permission d'explorer la possibilité d'instaurer ce plan pour l'instant, a déclaré son porte-parole. Il n'y a rien à commenter pour l'instant. »

Jusqu'ici, en 2019, les Rays n'ont attiré que 14 456 spectateurs par match, au 2e rang des pires moyennes du baseball majeur. Ils ont attiré la plus faible foule de leur histoire — 5786 spectateurs — contre les Blue Jays de Toronto le mois dernier. Ils ont terminé derniers au chapitre des assistances de 2012 à 2017, et ont pris le 29e échelon l'an dernier.

Le porte-parole de la Régie des installations olympiques, Cédric Essiminy, a déclaré que personne en lien avec le baseball majeur, les Rays ou le Groupe de Montréal ne l'avait contacté.

Une solution temporaire?

Le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche, exprimait, en entrevue à Radio-Canada Sports, certains doutes quant à la faisabilité de ce scénario.

« Ça me surprend énormément parce que la Ville et les Rays ont un bail assez restrictif. Mais du point de vue de l’amateur que je suis, c’est une bonne nouvelle, explique-t-il. Ce que j’aime du groupe d’investisseurs québécois mené par Stephen Bronfman et Mitch Garber, c’est qu’ils demeurent discrets. Chaque fois qu’une nouvelle comme celle d’aujourd’hui sort, elle vient de l’extérieur. Ça me donne confiance en leur sérieux. »

Cela dit, Maxime Lamarche est d’avis que la garde partagée ne devrait être qu’une mesure transitoire.

« Je ne pense pas que ça peut être une solution permanente, tranche-t-il. Je le vois plutôt comme une situation temporaire jusqu’à l’expiration du bail entre les Rays et la Ville de Saint Petersburg. Ce sera assurément très complexe de faire jouer une équipe dans deux villes. »

Il admet qu’il n’est pas dans le secret des dieux, mais il est optimiste. Cela dit, il l’était déjà avant même ce nouvel élément d’information. Un morceau de plus au casse-tête selon lui.

« Je sens que le propriétaire des Ray, M. Sternberg, aimerait savoir sur quel pied danser, analyse le directeur général de Baseball Québec. Peut-être que c’est une façon pour lui de mettre un peu de pression sur les autorités en Floride. Il veut trouver une solution parce que de jouer des matchs devant des foules de 5000 ou 6000 spectateurs, ce n’est pas élégant pour le baseball ni pour la ville. L’idée de partager l’équipe peut assurément lui servir de levier pour arriver à une solution. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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