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La génération dorée canadienne en vitrine au repêchage de la NBA

R.J. Barrett

R.J. Barrett

Photo : La Presse canadienne / Mark Blinch

Olivier Paradis-Lemieux

NEW YORK - Jusqu’à 10 Canadiens pourraient être sélectionnés par des équipes de la NBA jeudi soir. Du jamais vu pour le basketball au pays. D'ailleurs, 3 des 20 meilleurs espoirs réunis par la ligue à la veille du repêchage, mercredi, étaient originaires du nord de la frontière.

Il y a cinq ans, quatre jeunes Canadiens, dont le tout premier choix Andrew Wiggins, avaient été appelés un à un par le commissaire de la NBA, Adam Silver, la meilleure récolte jusqu’à maintenant.

Ce nombre pourrait être battu dès le premier des deux tours jeudi, parce que cinq joueurs qui sont nés ou qui ont grandi au Canada ont des chances sérieuses d’être sélectionnés par l’une des 30 équipes.

On est dans une belle croissance pour le basketball au Québec et au Canada, affirme l’analyste et ancien entraîneur canadien Peter Yannopoulos. Je pense à Vince Carter dans les années 2000 avec ses dunks spectaculaires et ses 50 points par match. Tous les jeunes joueurs canadiens dans la NBA présentement, comme Jamal Murray, Andrew Wiggins, Tristan Thompson, Kelly Olynyk, R.J. Barrett à partir de demain soir, ils voulaient tous être comme Vince Carter. Et ça continue année après année.

Barrett, Brandon Clarke et Nickeil Alexander-Walker ont pris place mercredi sur l’un des 10 podiums installés simultanément dans une grande salle d’un hôtel new-yorkais.

Déterminés par la NBA comme faisant partie des 20 joueurs pouvant être choisis parmi les 15 premiers, ils seront dans la salle verte du Barclays Center pour le repêchage.

Vous n’allez pas me voir pleurer, mais je vais pleurer. Ça va me rendre vraiment émotif, a confié Barrett, avant d’ajouter, en français : J’ai travaillé tellement fort, je vais être vraiment content.

Longtemps considéré comme le tout premier espoir pour ce repêchage, Barrett devrait être choisi au 3e rang, derrière son coéquipier à l’Université Duke, Zion Williamson, qui a connu l’une des meilleures saisons de l’histoire du basketball collégial américain, et Ja Morant, de Murray State.

Mais le fils de Rowan Barrett, lui-même ancien joueur professionnel et directeur général de l’équipe canadienne, ne s’en fait pas avec son rang de repêchage. Au contraire, le jeune ailier souhaite ardemment jouer pour l’équipe qui détient le 3e rang.

R.J. Barrett en entrevue

Je veux aller aux Knicks, c’est tout ce que je peux dire, a-t-il insisté encore en français lors du point de presse, repoussant toutes les questions de la presse américaine sur un possible conflit avec Zion Williamson, qui lui a ravi la plupart des projecteurs la saison dernière.

Jeune, Barrett a suivi son père dans sa vie de nomades du basketball international, de la France à l’Italie, du Venezuela à l’Espagne, en passant par le Canada, mais aussi New York, dont sa mère, ex-athlète, est originaire. Jouer dans la métropole américaine tombe sous le sens pour lui, mais il ne rechignerait pas à l’idée d’attendre un peu plus et de continuer sa collaboration avec Williamson.

Les Pelicans de La Nouvelle-Orléans possèdent les 1er et 4e choix au repêchage, et Barrett pourrait ainsi poursuivre sa carrière avec celui qui est devenu à Duke, son « meilleur ami ».

Brandon Clarke

Brandon Clarke

Photo : Getty Images / Sean M. Haffey

Brandon Clarke devrait être le deuxième Canadien à être sélectionné, mais Nickeil Alexander-Walker ne devrait pas patienter trop longtemps après lui. Les deux sont perçus comme des espoirs de haut niveau, qui entendront leur nom entre les 10e et 20e rangs.

Clarke est né à Vancouver d’une mère canadienne et d’un père jamaïcain, mais il a grandi, dès l’âge de 3 ans, dans la région de Phoenix en Arizona. Néanmoins, l’ailier fort, l’un des meilleurs joueurs défensifs universitaires l’an dernier, se considère d’abord et avant tout comme Canadien.

J’ai vraiment hâte de pouvoir jouer dans la NBA et me présenter comme Canadien [...] J’espère pouvoir jouer pour l’équipe nationale, ç’a toujours été mon rêve, a raconté Clarke, de l’Université Gonzaga.

L’Ontarien Alexander-Walker a été aux premières loges d’une des plus récentes éclosions d’un talent canadien. Son cousin Shai Gilgeous-Alexander, des Clippers de Los Angeles, a été nommé dans la deuxième équipe d’étoiles des recrues de la ligue à la fin de la saison.

Le meneur de jeu, humble et pieux, ne se perçoit pas déjà comme un modèle pour les plus jeunes comme son cousin, mais il pense que les joueurs développés au pays qui atteignent la NBA sont des inspirations.

Je pense que les jeunes ont des rêves maintenant. Je sais que j’en ai. On voit de plus en plus de Canadiens, dont un gars comme moi de Scarborough. Il y a probablement un autre jeune de Scarborough présentement qui rêve d’atteindre la NBA. Juste de montrer que c’est possible comme mon cousin m’a montré que c’était possible, je pense que c’est majeur pour le Canada, a-t-il dit.

Nickeil Alexander-Walker

Nickeil Alexander-Walker contrôle le ballon contre Lovell Cabbil Jr.

Photo : Getty Images / Ezra Shaw

Dort aux portes du rêve

Les espoirs qui ne seront pas dans la salle verte jeudi soir attendront dans les estrades que leur nom soit appelé, pour autant qu’ils se soient déplacés au domicile des Nets.

Le Montréalais Luguentz Dort sera parmi eux. Il pourrait être repêché en fin de premier tour ou au début du deuxième, selon la majorité des experts de l’exercice.

Après un excellent début de saison comme recrue à Arizona State, étant même choisi en novembre joueur de la semaine dans la NCAA, Dort a quelque peu ralenti en cours d’année. L'ancien de Montréal-Nord avait enflammé les repêchages simulés, frappant aux portes des 10 premiers et d’une invitation dans la salle verte, avant de progressivement glisser à la jonction des deux tours.

Il attaque le panier adverse.

Luguentz Dort se faufile entre deux joueurs adverses.

Photo : Getty Images / David Becker

L’analyste Peter Yannopoulos est formel, il a sa place dans la grande danse.

Je pense que Luguentz a le rêve, l’éthique de travail, a-t-il expliqué. C’est un joueur robuste, et il a des capacités athlétiques incroyables. Quand on y pense, c’est incroyable. C’est un joueur de Montréal-Nord, qui a été développé ici. Il est à moins de 36 heures de jouer dans la NBA!

Garde explosif, Luguentz Dort a obtenu certains des meilleurs résultats aux tests physiques de la NBA pour un joueur de sa position. Si son jeu offensif manque de finition, mais peut encore progresser, il fait saliver bien des recruteurs pour sa ténacité en défense et sa puissance physique.

Depuis qu’il a quitté Arizona State, il a travaillé sur son tir de l’extérieur, de trois points. Il est capable d’en marquer. Maintenant, il faut qu’il ajoute la constance. Dribbler le ballon, avoir des bonnes décisions quand il entre dans la bouteille et percer vers le panier. En défense, il est prêt à dominer dans la NBA. Mais en attaque, c’est juste d’améliorer son tir à l’extérieur, ajoute Yannopoulous.

Stewart Granger, en 1983, et Bill Wennington, en 1985, sont les seuls Montréalais à avoir été repêchés au premier tour par une équipe de la NBA, à une époque où les Canadiens étaient rarissimes dans la ligue.

Ils étaient 11 lors de la dernière saison, faisant du Canada la nation la mieux représentée après les États-Unis. Deux sont Montréalais : Chris Boucher, champion avec les Raptors de Toronto, et Khem Birch, avec le Magic d’Orlando.

Mais Boucher et Birch n’ont pas été repêchés. Si Dort glissait jeudi soir jusqu’à être exclu des deux tours, son rêve ne prendrait pas pour autant fin.

Il y a plus d’un chemin jusqu’à la NBA.

Les Canadiens admissibles au repêchage de la NBA et leurs rangs probables

  • RJ Barrett (1er tour, 3e au total), Duke
  • Brandon Clarke (1er tour, 10e à 20e), Gonzaga
  • Nickeil Alexander-Walker (1er tour, 10e à 20e), Virginia Tech
  • Luguentz Dort (1er ou 2e tour, 20e à 40e), Arizona State
  • Mfiondu Kabengele (1er ou 2e tour, 20e à 40e), Florida State
  • Ignas Brazdeikis (2e tour, 40e à 60e), Michigan
  • Oshae Brissett (2e tour, 40e à 60e), Syracuse
  • Marial Shayok (2e tour, ou non repêché), Virginia
  • Lindell Wigginton (2e tour, ou non repêché), Iowa State
  • Simi Shittu (2e tour, ou non repêché), Vanderbilt

Avec la collaboration de Félix St-Aubin

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