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chronique

Kawhi Leonard restera-t-il ou non avec les Raptors?

La réflexion de la foule dans les lunettes fumées d'un homme qui porte une casquette.

La foule torontoise se reflète dans les lunettes fumées de Kawhi Leonard lors du défilé des champions de la NBA.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Olivier Paradis-Lemieux

BILLET - Depuis son arrivée à Toronto l’été dernier, Kawhi Leonard a été évasif chaque fois qu’on lui a demandé s’il comptait rester avec les Raptors la saison prochaine. Mais un moment croqué pendant le défilé de l’équipe championne de la NBA, lundi, porte à croire qu’il serait enclin à prolonger son séjour canadien.

La scène a été captée par les médias qui suivaient l’autobus sur lequel se tenaient Leonard et Kyle Lowry.

La foule scande : « Une année de plus! » Le joueur par excellence de la finale de la NBA sourit et rit, appuyé sur la balustrade de l’autobus à étages.

Lowry bondit de son siège et exhorte les partisans à demander davantage en leur montrant les cinq doigts de la main.

La foule obtempère : « Cinq années de plus! » L’enthousiasme de Leonard se tempère un peu, sans disparaître, sous les auspices de son oncle Dennis Robertson, son conseiller personnel, qui détient peut-être bien la clé de l’avenir de son neveu.

Le joueur par excellence de la finale de la NBA n’avait pas donné de signes aussi clairs de son désir de rester dans la Ville Reine depuis que le président Masai Ujiri avait pris le risque, énorme mais calculé, de se départir du joueur le plus aimé de l’équipe, DeMar DeRozan, pour avoir ses services.

Il a vécu, certes, de grandes émotions dans ces éliminatoires, de son panier providentiel aux quatre rebonds qui a mis fin à la série contre les 76ers à cette vague d’amour dans les rues de Toronto, mais il n’a jamais dérogé de son mutisme sur la décision à venir dans moins de deux semaines. Et même si ses coéquipiers et l’entraîneur Nick Nurse ont commencé dans les derniers jours à se faire un peu plus insistants envers lui, tout en restant bien respectueux de son choix.

Leonard pourra se prévaloir de son autonomie le 1er juillet en renonçant à son année d’option d’une valeur de 21,3 millions de dollars. Il deviendrait du même coup le joueur le plus convoité de la NBA, surtout après la blessure subie par Kevin Durant des Warriors pendant la finale.

La NBA tout entière sera aux pieds du roi du Nord pour allonger les 140 millions de dollars pour quatre ans que les 29 autres équipes de la ligue ont le droit de lui offrir selon la convention collective.

Un homme ouvre une bouteille de champagne.

Le directeur général des Raptors Masai Ujiri sabre le champagne après le titre des Raptors.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Les Raptors peuvent lui offrir davantage, 3 millions de plus par année en moyenne, grâce à une année de plus à 49 millions de dollars, pour un total de 190 millions pour cinq ans.

Mais depuis la dernière de ses sept saisons à San Antonio, au cours de laquelle une méfiance s’est installée entre son camp et celui des Spurs autour de la gestion de sa tendinopathie à la cuisse qui lui a fait rater 73 des 82 matchs de son équipe, les rumeurs ont commencé à circuler dans la NBA qu’il souhaitait poursuivre sa carrière dans le sud de sa Californie natale.

En langage clair, à Los Angeles, où il a grandi, que ce soit pour les Lakers ou les Clippers.

Leonard aurait d’ailleurs, selon des sources, acheté une maison en janvier dans la région de San Diego pour la bagatelle de 13 millions de dollars. Les partisans torontois ont été déçus d’apprendre, pendant la finale, que les rumeurs comme quoi il avait aussi acheté une maison aux environs de Toronto étaient fausses. Leonard a nié ces informations, sans toutefois dire qu’il n’achèterait jamais une maison au Canada.

Dans une ligue où les informateurs comme Adrian Wojnarowski et Brian Windhorst d’ESPN et Shams Charania de The Athletic en savent souvent davantage que certains joueurs ou directeurs généraux sur ce qu’il se passe dans leur propre équipe, le cas Leonard demeure un mystère pour les médias.

Flegmatique, le joueur par excellence de la finale de la NBA demeure difficile à saisir même pour ceux qui en ont fait leur renommée. Personne n’a une lecture claire de l’homme, personne n’a de bonnes sources, personne ne sait ce que pense vraiment Leonard. Son discours, presque toujours axé sur les performances sur le terrain, n’est pas plus révélateur de ses intentions.

Tous s’accordent toutefois que les équipes de Los Angeles détiennent depuis un moment une longueur d’avance.

Les Lakers viennent toutefois de s’entendre avec les Pelicans de La Nouvelle-Orléans sur un échange majeur qui verra le centre Anthony Davis atterrir à Los Angeles contre les espoirs Lonzo Ball, Brandon Ingram, Josh Hart, trois premiers choix au repêchage, dont le 4e lors de celui de jeudi soir. L’échange ne pourra être conclu que le 6 juillet, ce qui permet entre temps à l’équipe de LeBron James de signer un autre joueur au maximum prévu par la convention collective.

Doc Rivers

L'entraîneur des Clippers de Los Angeles, Doc Rivers

Photo : Getty Images / Gene Sweeney Jr.

L’adversaire le plus sérieux des Raptors est les Clippers. L’équipe possède un effectif profond et complet qui a poussé les Warriors de Golden State, avec Kevin Durant, à six matchs lors du premier tour.

Les Clippers n’ont toutefois pas de grandes vedettes dans leur équipe et Kawhi Leonard serait, comme à Toronto, le numéro un incontesté de l’équipe et n’aurait pas à être dans l’ombre permanente de LeBron James. Pendant toute la saison, la formation californienne a épié Leonard. Et l’entraîneur de l’équipe, Doc Rivers, a même reçu une amende de 50 000 $ pour avoir comparé le convoité ailier à Michael Jordan.

Leonard pourrait toutefois opter pour une avenue un peu plus risquée, considérant ses ennuis de santé.

L’ailier torontois pourrait signer un contrat d’une année avec une année d’option, pour 32,7 millions en 2018-2019. C’est la structure financière qu’avait choisie Durant avec les Warriors pour rester une année de plus avec ses coéquipiers dans l’espoir de gagner un troisième titre d’affilée tout en conservant toute sa flexibilité pour cet été.

Leonard resterait avec le même cœur, vieillissant, des Raptors de Toronto pour tenter de gagner au moins un deuxième titre de suite. Il pourrait être inquiétant pour lui de se commettre à plus long terme, considérant que Marc Gasol (34 ans), Kyle Lowry (33 ans), Danny Green (31 ans) et même Serge Ibaka (29 ans) ne sont plus dans leur prime jeunesse.

De plus, un tel contrat permettrait à Leonard, quand il sera prêt, de signer une entente à long terme bonifiée avec l’équipe de son choix pour un montant maximal plus élevé. L’ailier de 27 ans atteindra le maximum permis par la convention collective après sa 10e saison dans la NBA en 2021-2022.

Mais l’exemple de Durant est aussi un rappel du pire scénario possible lorsqu’un joueur de cette trempe accepte une entente à court terme. Une blessure majeure, inattendue, est toujours possible.

Kevin Durant (no 35), Serge Ibaka (no 9), Andre Iguodala (no 9) et Kyle Lowry (no 7)

Kevin Durant quitte le terrain en douleur durant le cinquième match de la série opposant les Warriors aux Raptors à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Durant devrait recevoir quelques offres maximales malgré la rupture de son tendon d’Achille droit pendant la finale de la NBA, mais son dossier était relativement vierge de blessures jusqu’à ce moment.

Leonard a quant à lui déjà raté presque une saison entière et il est devenu la tête d’affiche de la gestion de l’effort, un terme mis régulièrement de l’avant par le spécialiste de la science du sport des Raptors, Alex McKechnie, qui a dirigé le dossier santé de Leonard pendant toute l'année, l'amenant à rater, par précaution, le quart de la saison.

McKechnie s'est rapproché de Leonard ainsi que de son clan et a gagné leur confiance, évitant les pièges qu'ont vécu les Spurs, alors qu’on l’a souvent vu discuter lors des entraînements avec le fameux Oncle Dennis de Kawhi Leonard pendant les éliminatoires, alors que les Raptors en demandaient davantage de leur pilier offensif et défensif.

La sommité pourrait être le plus grand atout des Raptors dans leurs dernières tentatives de le convaincre de rester à Toronto.

Et, accessoirement, avoir gagné le championnat de la NBA.

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