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Après Montréal, Nicholas Latifi encore en piste en F1 pour Williams, cette fois en France

Le pilote, , les bras croisés, pose pour la caméra.

Nicholas Latifi

Photo : Williams F1

Philippe Crépeau

Après Lance Stroll, c'est au tour du Torontois Nicholas Latifi de cogner à la porte de l'équipe Williams. Il pilotera encore la Williams FW42 dans la première séance d'essais libres du Grand Prix de France vendredi.

Le Montréalais de naissance avait déjà tourné dans la Williams de Robert Kubica lors de la première séance d'essais libres du Grand Prix du Canada. En France, il tournera dans celle de George Russell.

L'occasion était belle pour, Claire Williams, directrice générale de l'équipe britannique, de faire plaisir aux amateurs canadiens et de voir surtout si le pilote de 23 ans pouvait apporter un plus à l'équipe, un nouvel éclairage sur le comportement de la voiture.

Latifi a été pilote d'essais pour Renault en 2017 et pour Force India en 2018. Il dispute sa quatrième saison dans le championnat de F2 avec l'équipe Dams.

Il est en piste.

Nicholas Latifi en F2 avec l'équipe Dams

Photo : FIA Formula 2 Championship

Son début de saison a été exceptionnel avec trois victoires en six courses. Il est en tête du classement, mais la concurrence est relevée. Il n'a plus qu'un point d'avance sur Nyck de Vries de l'équipe ART, après un week-end difficile sur le rocher monégasque.

Latifi dispute au Castellet dans le sud de la France la cinquième manche de la saison de F2, avec deux courses par week-end.

Il a besoin de faire le plein de points pour reprendre le large au classement.

Il aura donc double mission ce week-end, et pas mal de pression, avec des essais en F1 et ses deux courses de F2 à disputer.

Vraiment très hâte de participer à un week-end qui s'annonce très chargé, a-t-il écrit sur Twitter.

Une autre fortune canadienne

Tout comme Lance Stroll, Nicholas Latifi vient d'une famille fortunée. Son père, Michael Latifi, est président fondateur du groupe agroalimentaire Sofina Food inc., qui produit et vend une multitude de marques au Canada et aux États-Unis.

Le 21 mai 2018, l'équipe McLaren a annoncé que l'homme d'affaires canadien d'origine iranienne était devenu actionnaire de McLaren Group. Selon le magazine Autosport, il aurait acheté environ 10 % des parts, estimé à plus de 338 millions de dollars canadiens.

M. Latifi a vite précisé qu'il ne cherchait pas à placer son fils chez McLaren, que cet investissement n'avait aucun lien avec la carrière de Nicholas.

Après avoir bénéficié des investissements de Lawrence Stroll pendant deux ans, la directrice générale de l'équipe Williams voit à nouveau dans la fortune de la famille Latifi la possibilité de trouver du financement additionnel.

Les commanditaires ne se bousculent pas aux portes de l'entreprise basée à Grove tant les résultats sont décevants depuis cinq ans.

Le nom de l'entreprise Sofina est très visible sur la F2 de l'équipe Dams et déjà sur la F1 de l'équipe Williams.

Michael Latifi a dit pendant le week-end du Grand Prix du Canada qu'il voulait que son fils Nicholas accède à la F1 en 2020. L'objectif est avoué. Est-ce à la porte de Williams qu'il va cogner pour y arriver?

Je crois qu’on va attendre un peu avant de voir ce qu’on peut faire avec Nicholas, a dit prudemment Claire Williams à Radio-Canada.

Nous en sommes au début de notre relation avec lui. Nous l’avons engagé comme pilote de réserve, et lui avons permis de participer à quelques séances d’essais.

Claire Williams en entrevue à Radio-Canada dans le paddock du Grand Prix du Canada 2019

Claire Williams est heureuse de la contribution de Latifi à l'équipe Williams.

Photo : Société Radio-Canada / Sylvain Charest

Il a fait du bon boulot, affirme la dirigeante britannique. Je suis vraiment contente, car il nous a impressionnés par ce qu’il a réussi à apporter à l’équipe. Et je sais que les ingénieurs ont beaucoup apprécié travailler avec lui.

Paroles de circonstance au micro d'un journaliste canadien? Peut-être. Mais le fait est que Mme Williams lui confie encore la voiture de Kubica pour une autre séance d'essais libres. Preuve que l'équipe souhaite approfondir la relation avec le pilote canadien.

Nicholas Latifi sait parfaitement quelle est sa mission.

J’ai rapporté la voiture en un morceau [à Montréal], ce qui est une bonne chose pour l’équipe et pour Robert, a-t-il dit à Radio-Canada.

C’est toujours délicat, car dans la première séance, la piste est sale. Et comme je fais beaucoup de tours, je nettoie la piste pour tout le monde dans une voiture-balai qui vaut des millions, précise-t-il en riant de bon cœur.

Il est en piste.

Nicholas Latifi est très apprécié par les ingénieurs de l'équipe Williams.

Photo : Getty Images / ANDREJ ISAKOVIC

C’est sûr que de faire des chronos, c’est bien. Mais compte tenu de la réalité de l’équipe, là où nous sommes rendus [dans le développement de la voiture], ce n’est pas notre objectif. L’important, c’était d’apporter de bons commentaires et des données télémétriques à étudier pour aider l’équipe à progresser durant le week-end.

Cette séance d’essais libres ne sera pas déterminante pour mon avenir, tient-il à souligner.

C’est juste du temps de piste en plus pour moi et des informations supplémentaires pour l’équipe. Ça me permet d’apprendre à travailler avec l’équipe, comprendre comment ils fonctionnent, surtout dans un week-end de course, car je n’avais fait jusqu’ici que des journées d'essais.

Nicholas Latifi avait pu tourner dans la Williams le 3 avril sur le circuit de Bahreïn lors d'une journée d'essais officiels.

Évidemment, il sait aussi que les équipes de pointe regardent ce que font tous les pilotes en piste. Et que malgré les cahiers de charge imposés aux pilotes, les temps au tour peuvent avoir un impact.

Il avait fini les essais libres du Grand Prix du Canada à deux dixièmes de seconde du chrono du jeune Britannique George Russell, le pilote d'avenir de l'équipe Williams.

Me rapprocher des temps de George est une bonne chose, admet le pilote canadien, même si nous ne travaillons pas sur les mêmes programmes. Car il est un pilote très bien coté dans le paddock, et plusieurs équipes regardent ce qu’il fait. Donc, ça ne peut que m’aider.

Obligation de gagner le titre en F2

Cce qui va l'aider d'abord et avant tout, c'est de poursuivre son bon travail en F2. C'est sa quatrième saison, et il sait qu'il doit maintenant passer à la catégorie supérieure. N'oublions pas que Lance Stroll a pu passer directement de la F3 à la F1.

Latifi n'a plus de temps à perdre, et c'est avec le titre de F2 en poche qu'il pourra faire bouger les choses.

Nicholas a un défi à relever cette saison dans le championnat de F2, prévient Claire Williams. Il mène le classement, et il a évidemment fait de l’excellent travail jusqu’ici.

Mais ce doit être sa priorité cette saison, remporter le titre à la fin de l’année. Et ensuite, nous verrons ce que nous décidons de faire en 2020.

Nicholas Latifi à l'arrêt dans le cockpit de sa F2 de l'équipe DAMS

Williams a donné comme objectif à Nicholas Latifi de remporter le championnat de F2.

Photo : DAMS

Claire Williams avait exigé que Lance Stroll remporte le titre en F3 pour obtenir son volant en F1. Ce qu'il avait réussi à faire. A-t-elle la même exigence envers Nicholas Latifi?

Je ne pense pas que je doive exiger qu’il remporte le titre en F2 pour qu’on poursuive notre collaboration en 2020, affirme la directrice générale de l'équipe. C’est son but, son ambition, et il a une chance fantastique d’y arriver.

Évidemment, pour tous les patrons d’équipe qui s’intéressent à des pilotes, ils veulent lire dans leur C. V. qu’ils ont remporté des victoires et des championnats. Ça ne peut que les aider.

Comme je l'ai dit, c’est vraiment le début de notre collaboration avec Nicholas. Et, pour le moment, je suis satisfaite du travail que font George et Robert dans leur rôle de titulaire, a conclu Claire Williams.

Kubica et son franc-parler

Le Polonais Robert Kubica, 34 ans, est de retour en F1 après sept ans d'absence et son accident de rallye qui lui a atrophié le bras droit. Il était troisième pilote en 2018, Claire Williams a fait de lui un titulaire cette saison pour seconder le prometteur Russell.

Robert Kubica comprend que Williams veuille miser sur l'avenir.

Williams veut faire tourner Nicholas, et je comprends ça, a expliqué Kubica à Radio-Canada.

Le Polonais Robert Kubica en entrevue à Radio-Canada

Les amateurs de F1 canadiens ont de quoi se réjouir, estime le Polonais Robert Kubica.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Charest

Je connais Nicholas depuis 2017. Nous avions fait à Budapest des essais pour Renault ensemble. Il se débrouille bien en F2.

Vous avez déjà Lance Stroll que je connais très bien pour avoir travaillé à ses côtés chez Williams l’an dernier (comme troisième pilote). Donc, les amateurs canadiens de F1 peuvent se réjouir de ce qui arrive en F1 pour le Canada, dit-il avec un grand sourire.

La situation de Kubica est précaire chez Williams. Le Polonais n'hésite pas à donner son point de vue, sans langue de bois, sur les performances de la voiture et sur le matériel qu'on met à sa disposition.

L'avant de la Williams no 88 de Robert Kubica avec sur le nez le nom des commanditaires Sofina (Canada) et Orlen (Pologne)

Le commanditaire Orlen, qui a suivi Robert Kubica chez Williams, risque de le suivre si le Polonais change d'équipe.

Photo : Getty Images / ALEXANDER NEMENOV

Il prétend qu'on ne le traite pas de la même façon que Russell.

Nous n'évoluons pas dans le même monde, a-t-il dit récemment.

Le commanditaire qu'il a apporté à l'équipe (Orlen) envisage déjà publiquement de l'aider à changer d'équipe si tel est son désir.

Dans ce contexte, le week-end du Grand Prix de France est important pour Latifi. Il doit convaincre Claire Williams qu'il a ce qu'il faut pour aider l'équipe britannique.

Le pilote torontois ne doit pas se faire doubler au championnat,et doit faire preuve de maturité dans son pilotage et dans son approche. C'est ce que va surveiller Claire Williams.

Ma priorité, c’est le championnat de F2, de gagner le titre. C’est mon objectif, et c'est ce qui va me donner la meilleure chance de me trouver une place en F1, conclut Latifi, parfaitement conscient de ce qu'il a à faire pour enfin décrocher un volant en F1.

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