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La victoire des Raptors fera des petits au Québec

Les Torontois célèbrent la victoire historique des Raptors.
Les Torontois célèbrent la victoire historique des Raptors. Photo: Radio-Canada / Myriam Eddahia
Antoine Deshaies

La vague de popularité générée par le parcours des Raptors en finale de la NBA a déferlé sur l’ensemble du Canada. Jeudi soir, malgré la pluie, des milliers d’amateurs se sont rassemblés pour suivre la conclusion de la série entre les Raptors et les Warriors au centre-ville de Montréal.

Une scène impensable il y a quelques années à peine, selon le directeur général de Basketball Québec.

On n’aurait jamais pensé ça dans nos rêves les plus fous, confie Daniel Grimard. Ça montre l’intérêt qu’il y a au Québec pour le basket. Depuis cinq ans, on note une augmentation de 30 % des inscriptions. Nous avons 50 000 joueurs au Québec et on s’attend à ce que la victoire des Raptors nous aide encore plus.

Ç’a pris 24 ans pour bâtir une relation intéressante entre les Raptors et le Québec, confie William Archambault, analyste à RDS. On a eu la chance de surfer sur la vague et c’est clair que cette vague va révéler une nouvelle génération de jeunes talentueux qui auront découvert le basketball ce printemps.

Archambault, début trentaine, a eu une belle carrière au basketball collégial américain à l’Université Davidson, où il était coéquipier de Stephen Curry, vedette des Warriors de Golden State. Il est un pur produit de ce qu’il qualifie « d’effet Vince Carter », la première grande vedette des Raptors de Toronto, de 1998 à 2005.

Entrevue avec William Archambault

Vince Carter a marqué ma jeunesse et m’a donné l’étincelle pour aller le plus loin possible au basketball, explique Archambault. Là, les Raptors ont gagné le championnat de la NBA et c’est assurément le plus grand moment de l’histoire du basketball canadien. Dans une dizaine d’années, on aura une cohorte de talents extraordinaires, j’en suis sûr.

On aura de plus en plus de Canadiens dans la NBA et notre équipe nationale sera une puissance mondiale aux Olympiques, ajoute-t-il. Je ne dis pas qu’on va pouvoir battre les États-Unis, mais on pourra les affronter de front et on pourra rivaliser avec les autres nations.

Le Canada participera d’ailleurs à la Coupe du monde en Chine au mois de septembre. L’équipe canadienne devrait être formée en très grande partie par des joueurs de la NBA et plusieurs sources ont indiqué que l’entraîneur des Raptors, Nick Nurse, sera à la barre de l’équipe.

Le Canada n’a pas réussi à se qualifier pour les Olympiques depuis l’an 2000.

Je m’attends à ce que l’équipe récolte du succès très rapidement, analyse Daniel Grimard.

Le Québec pas si loin de l’Ontario

Treize joueurs canadiens ont joué dans la NBA la saison dernière. Dix de ces joueurs proviennent de l’Ontario, deux du Québec et un de la Saskatchewan.

Bien sûr, l’Ontario est la province la plus peuplée au Canada, mais la surreprésentation de cette province est directement liée, selon plusieurs, à la présence des Raptors à Toronto et au pouvoir d’émulation des athlètes professionnels.

On sera toujours derrière Toronto parce qu’on n’a pas d’équipe à Montréal et que le sentiment d’appartenance aux Raptors ne sera jamais aussi fort qu’en Ontario, estime William Archambault. Mais les rassemblements d’amateurs à Montréal pour les matchs des Raptors prouvent que l’intérêt grandit. Ce sera encore le cas dans quelques semaines quand le Montréalais Luguentz Dort sera vraisemblablement repêché.

L'impact de la victoire des Raptors sur le développement du basketball au Québec

On n’est pas si loin de l’Ontario, ajoute Daniel Grimard. Quand on regarde les finales des championnats canadiens, on est souvent en finale contre l’Ontario. On est assurément la province la plus proche en termes de calibre de joueurs.

Au-delà de la proximité géographique relative entre Toronto et le Québec, le fait français pourrait aussi avoir donné un bon coup de main à la fédération provinciale.

Serge Ibaka, Chris Boucher et surtout Pascal Siakam ont tous accordé des entrevues en français en pleine finale de la NBA.

C’est clair que plein de jeunes d’ici vont encore plus s’identifier à eux, juge Daniel Grimard. Ils ont été de très bons modèles parce qu’ils sont ouverts et s’expriment bien. Siakam insistait même pour parler français et je suis convaincu que ça crée une image positive qui saura inspirer les jeunes.

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