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Les Raptors de Toronto sont champions de la NBA

Ils crient de joie et l'un d'eux soulève le trophée.
Les joueurs des Raptors célèbrent leur victoire en finale de la NBA. Photo: Getty Images / Lachlan Cunningham
Olivier Paradis-Lemieux

OAKLAND – Vingt-quatre ans après leur création, les Raptors de Toronto ont remporté le premier titre de la NBA de leur histoire jeudi soir.

La formation torontoise a vaincu les doubles champions en titre, les Warriors de Golden State, grâce à une victoire de 114-110 dans un sixième match, qui a une fois de plus compté nombre de rebondissements et une blessure sérieuse.

Au moment de présenter le trophée Larry-O'Brien aux nouveaux champions, le commissaire Adam Silver a rappelé la longue histoire du basketball canadien.

« La boucle est bouclée pour le basketball au Canada : le basket a été inventé par un Canadien [James Naismith], le premier match dans la NBA a eu lieu à Toronto [en 1946], et maintenant les Raptors ont gagné un titre de la NBA », a-t-il dit.

L’ailier des Raptors Kawhi Leonard, acquis l’été dernier des Spurs de San Antonio, a été nommé pour la deuxième fois de sa carrière joueur par excellence de la finale.

« L'été dernier, c'était difficile pour moi et j'ai continué à travailler dur et à croire en moi en me disant qu'on pouvait viser ce titre. C'est pour gagner ce trophée que je joue au basketball et que je m'entraîne d'arrache-pied », a déclaré Leonard.

Kawhi LeonardKawhi Leonard Photo : Getty Images / Ezra Shaw

Ce match époustouflant a connu une fin un peu chaotique. Pascal Siakam a donné l’avance à Toronto 111-108 avec 26,5 secondes à jouer.

Deux lancers francs de Stephen Curry ont rapproché Golden State, puis les Raptors ont frôlé la catastrophe. Un revirement commis par Danny Green a donné une occasion aux Warriors de prendre le dernier tir du match en retard par un seul point, mais le tir de trois points de Curry a raté la cible, avec huit secondes à écouler.

Le rebond a pris du temps à être maîtrisé dans le chaos qui régnait sur le terrain, et quand Draymond Green a mis la main sur le ballon, il a demandé un temps d’arrêt avec une seconde à jouer.

Les Warriors ne possédaient toutefois plus de temps d’arrêt et les Raptors ont obtenu un lancer franc pour une faute technique.

Leonard a scellé l'issue du match avec deux autres lancers francs. Les officiels ont pris de longues minutes pour s’assurer de ne pas faire d’erreurs dans les derniers instants et la victoire des Raptors a été confirmée.

Kyle Lowry a mené les siens en première demie avec 21 points. Il a terminé la rencontre avec 26 points, sa meilleure performance de la finale. Le meneur de jeu a inscrit les 11 premiers points des Torontois qui semblaient vouloir s’envoler avec le match au premier quart.

Il tente de le déborder en dribblant le ballon.Kyle Lowry (à gauche) est surveillé par Stephen Curry dans le match no 6 de la série finale. Photo : Getty Images / Thearon W. Henderson

Les Warriors ont comblé l’écart avant la fin des 12 premières minutes, grâce particulièrement à Klay Thompson. Puis, aucune des deux équipes n'a réellement réussi à se créer un écart important pour le reste du duel, chaudement disputé.

Le garde de Golden State a dû quitter la rencontre au troisième quart en raison d’une blessure au genou gauche. Thompson a tenté d’attaquer le panier, mais Danny Green a pris une faute sur lui et, en tombant au sol, il s’est immédiatement pris le genou.

La foule a d’abord chanté son nom, en espérant qu’il se relève, avant que le silence ne se fasse dans l’Oracle Arena. Thompson est d’abord parti vers le vestiaire, soutenu par ses coéquipiers, avant de revenir prendre ses deux lancers francs, chaudement applaudis par le public californien, plus bruyant que jamais. Mais le garde a quitté le match dès le jeu suivant, pour la deuxième fois dans cette série.

« Quand j'ai vu Klay revenir du tunnel, je me suis dit, mais qu'est-ce qu'il fait là? Mais c'est Klay, le même gars qui a joué avec une blessure à l'ischiojambier (subie lors du deuxième match) », a relaté Draymond Green, qui a réussi un triple double avec 11 points, 19 rebonds et 13 passes décisives.

Au moment de sa blessure, Thompson avait accumulé 30 points en 32 minutes de jeu. Quelques heures après la conclusion du duel, il a été confirmé qu'il avait subi une déchirure ligamentaire. Il n'aurait pas pu prendre part à un septième match.

« J'ai arrêté de penser au match, mais seulement à lui. Puis, il a fallu se remettre au travail et battre les Warriors », a déclaré Leonard.

Siakam, 26 points, Leonard et Fred VanVleet, 22 points chacun, ont particulièrement mené la charge pour les champions dans cette fin de rencontre, pendant que les Warriors tentaient désespérément de faire fi de l’absence de Thompson et de Kevin Durant pour provoquer un septième match.

Sans deux de leurs trois meilleurs joueurs offensifs, ils ont finalement dû s’avouer vaincus, non sans avoir donné aux partisans des Raptors une dernière frousse.

« Je pense qu’ils ont eu une série très difficile sur le plan des blessures, mais ils ont continué de jouer. Ils ont eu plusieurs malchances en finale. Mais comme nous, ils ont continué de jouer. Il fallait continuer de jouer peu importe qui était sur le terrain », a insisté Nick Nurse.

« Ils se sont battus jusqu’à la mort, c’est pour ça qu’ils étaient champions. Je dois leur lever mon chapeau », a quant à lui déclaré Kyle Lowry.

Le meneur de jeu s'est également permis de se glisser dans la conférence de presse de son coéquipier Fred VanVleet pour poser une question.

« Kyle Lowry, Raptors de Toronto. Comment on se sent d'être champion du monde », a-t-il demandé alors que VanVleet implorait le relationniste de la NBA de ne pas lui accorder sa question.

« C'est un sentiment incroyable, c'est incroyable d'avoir un coéquipier comme Kyle Lowry dans votre équipe qui marque 15 points au premier quart », a finalement répondu VanVleet.

L'entraîneur des Warriors, Steve Kerr, a tenu, d'abord et avant tout, à féliciter les gagnants.

« Ils sont une équipe de basketball fantastique, excellente en défense. Ils partagent le ballon, ils jouent un style agréable à regarder, avec des joueurs qui excellent des deux côtés du terrain et plusieurs vétérans. Je suis vraiment content pour eux, gagner un championnat est le but ultime dans cette ligue, et ils ont plusieurs joueurs qui le méritent », a dit Kerr au début de sa conférence de presse.

« Alors, bravo à Toronto, à leur organisation, à leurs partisans. Ils sont champions et ils le méritent », a-t-il ajouté.

Le souvenir de cette finale sera toujours hanté par les blessures sérieuses subies par Durant et Thompson, mais les Raptors ont prouvé hors de tout doute qu'ils formaient la meilleure équipe dans cette finale. Golden State ne sera arrivé qu'à marquer plus de points que Toronto dans 5 des 24 quarts de la finale.

Aux Torontois et aux Canadiens, aux partisans de la première heure comme aux plus récents, célébrez maintenant ce premier titre, sans débordements, demande Lowry.

« À la ville de Toronto, à la nation, au Canada, nous l'avons fait. Nous avons ramené le titre à la maison et nous voulons que tout le monde célèbre prudemment », a conclu le plus ancien joueur des Raptors.

Le vieil Oracle Arena a accueilli pour la dernière fois un match de basketball. Petite ironie de l'histoire, ce ne sont pas les cris de ralliement des Warriors qui auront été les derniers à avoir émergés des gradins de l'amphithéâtre californien, mais ceux des partisans des Raptors qui ont scandé longtemps les slogans de l'équipe et ont entonné à nouveau l'hymne canadien, alors que depuis un moment déjà, les joueurs avaient laissé vide l'estrade où ils avaient accepté le trophée Larry-O'Brien pour aller dans le vestiaire des visiteurs prendre une première douche de champagne.

Les Raptors de Toronto sont, ce soir et à jamais, champions de la NBA.

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