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chronique

Les Blues de Saint Louis sortaient-ils vraiment de nulle part?

L'équipe posent avec la coupe sur la glace.
Les Blues de Saint Louis, champions de la Coupe Stanley Photo: Getty Images / Patrick Smith
Martin Leclerc

BILLET — Un peu partout sur la planète hockey, la conquête de la Coupe Stanley par les Blues de Saint Louis soulève le même genre de commentaires. Beaucoup de gens estiment que la « recette » des Blues relevait de l’improvisation et, par le fait même, ne pourra donc jamais être reproduite par les autres organisations de la LNH. Mais est-ce vraiment le cas?

Il est vrai que la route qu’ont empruntée les Blues pour s’approprier le saladier de Lord Stanley a été extrêmement cahoteuse. Toutefois, on commet peut-être une erreur en confondant le trajet de cette équipe avec la manière dont elle a été bâtie.

Le hockey est un sport simple. Analysons-le donc simplement.

Il est vrai que les Blues occupaient le dernier rang de la LNH le 2 janvier dernier. Après 37 matchs, ils se situaient trois points sous la barre de ,500 et cette situation était en grande partie attribuable au fait que leurs gardiens, Jake Allen et Chad Johnson, ne stoppaient pas les rondelles.

Au début de janvier, Allen présentait un taux d’efficacité de ,900 qui le situait parmi les quatre pires gardiens numéro un de la LNH. Son auxiliaire, quant à lui, ne stoppait que 88,8 % des tirs auxquels il faisait face. « Montrez-moi un bon gardien et je vous présenterai un excellent entraîneur », dit un vieil adage du hockey.

Du côté des Blues, cette règle implacable s’est appliquée dès que Jordan Binnington, le quatrième portier de l’organisation, s’est présenté entre les poteaux. À partir de son premier départ, le 7 janvier, les Blues ont misé sur l’un des trois gardiens les plus efficaces de la ligue. La recrue de 25 ans a compilé un taux d’efficacité de ,930 et, à compter de cette date précise, Saint Louis a formé la meilleure équipe de la LNH.

Durant ce segment du calendrier, elle a même obtenu des résultats supérieurs à ceux du Lightning de Tampa Bay, qui connaissait pourtant une saison historique.

Il frappe la baie vitrée devant des partisans des Blues.Jordan Binnington Photo : Getty Images / Patrick Smith

***

Les Blues sont presque revenus d’entre les morts et l’histoire vécue par Binnington s’est terminée en véritable conte de fées. Mais, de Ken Dryden à Steve Penney, en passant par Andrew Hammond et Matt Murray, nous avons vu ce genre de trame narrative à plusieurs reprises dans l’histoire de la LNH.

En fait, les changements de trajectoires orchestrés par des gardiens (souvent inconnus) font partie intégrante du folklore du hockey. Parfois, la magie opère durant des années, jusqu’au Temple de la renommée. Dans d’autres cas, elle s’étiole rapidement et cruellement.

Vue sous cet angle, l’histoire des Blues de Saint Louis devient pas mal moins complexe. Par ailleurs, quand on jette un coup d’œil au reste de leur formation, on est obligé de constater que leur équipe contenait à peu près tous les éléments nécessaires à la réussite d’un long parcours éliminatoire :

- Un top 4 solide à la ligne bleue composé d’Alex Pietrangelo, Colton Parayko, Carl Gunnarsson et Jay Bouwmeester.

- Deux centres de fort calibre en Ryan O’Reilly et Brayden Schenn.

- Un tireur appartenant à l’élite de la LNH en Vladimir Tarasenko.

- Des troisième et quatrième trios capables d'apporter leur contribution (la profondeur).

- Un fort leadership.

- Et des jeunes talentueux comme Robert Thomas et Robby Fabbri qui, un jour, joueront des rôles plus importants au sein de cette équipe.

Les équipes qui remportent la finale de la Coupe Stanley ne sont pas toutes construites de la même façon (patience et repêchage contre échanges d’envergure) et n’empruntent pas toutes le même sentier pour se rendre à destination.

Mais au bout du compte, elles ont toutes des caractéristiques communes. Personne ne remporte la Coupe Stanley par hasard.

La recette des Blues n’était pas farfelue. La pièce la plus essentielle de leur casse-tête est seulement tombée en place à minuit moins une. Il leur a ensuite fallu beaucoup de détermination pour réaliser leur plein potentiel.

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