•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Annamay Pierse, nouvelle chef de mission du Canada aux Jeux olympiques de la Jeunesse

Annamay Pierse prend la pose chez elle.
Annamay Pierse sera chef de mission de l'équipe canadienne aux Jeux olympiques de la jeunesse à Lausanne, en 2020. Photo: Thomas Skrlj/Comité olympique canadien
Olivier Tremblay

En Annamay Pierse, le Comité olympique canadien a trouvé une chef de mission qui saura inciter ses athlètes à profiter au maximum de leur aventure aux Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) de 2020, à Lausanne, en Suisse. L’ex-nageuse est bien consciente du caractère éphémère d’une carrière d’athlète, elle qui a dû mettre prématurément fin à la sienne en 2012.

Elle était une spécialiste du 200 m brasse, avec trois records du monde et un titre de vice-championne du monde dans la seule année 2009. L’année suivante, sa carrière et sa vie ont basculé aux Jeux du Commonwealth, en Inde : un moustique la pique et lui transmet la dengue.

Pendant trois mois, le virus affaiblit le corps de Pierse au point où, deux ans plus tard, elle rate sa qualification olympique et décide d’arrêter la natation. Elle n’a que 29 ans.

Annamay Pierse est aujourd’hui mère de famille, enseignante au primaire et, depuis mercredi, chef de mission de l’équipe canadienne aux JOJ. À 35 ans, elle est prête à se réinvestir à fond dans le milieu sportif et à faire figure de mentore.

J’ai connu les plus hauts sommets avec des records du monde et les bas-fonds avec la fin de ma carrière à cause d’une piqûre de moustique, rappelle Pierse en entrevue. J’ai appris énormément de tout ça. J’ai toujours essayé de me relever, de me battre. Ça me nuit parfois, mais je suis si têtue que je refuse de m’apitoyer. Il faut montrer que c’est formidable de réussir, mais aussi que nos échecs constituent la base qui nous permet de grandir et de connaître encore plus de succès.

Il ne faut pas tenir pour acquis ce qu’on fait et ce qu’on est capable de faire. On ne sait jamais quand quelque chose viendra bouleverser tout ça.

Annamay Pierse

Lorsqu’elle a vu l’offre d’emploi de chef de mission, Pierse s’est dit que c’était tout à fait dans mes cordes.

Certes, son histoire unique frappe l’imaginaire, et sa belle carrière, qui aurait pu la mener à de plus hauts sommets encore, a de quoi stimuler les jeunes athlètes. Mais elle juge que c’est son parcours comme enseignante qui la prépare le mieux à ce nouveau défi.

Je suis devenue enseignante et chef de mission pour les mêmes raisons : je souhaite inspirer nos jeunes, souligne-t-elle. J’ai appris énormément au contact des enfants et des élèves. Quand on est enseignante, il faut apprendre à connaître ses élèves. Il faut trouver les meilleures façons de les intéresser à quelque chose. Il faut être très délicate avec certains et être plus directe avec d’autres. Je sais que tous les athlètes à Lausanne seront différents. On ne peut pas avoir une seule approche.

Annamay Pierse, Mark Oldershaw et leurs deux filles prennent la pose sur le sofa familial.Annamay Pierse et le canoéiste Mark Oldershaw sont parents de deux filles. Photo : Thomas Skrlj/Comité olympique canadien

L’équipe que le Canada enverra aux JOJ comprendra environ 85 athlètes, un nombre bien moindre que pour les Jeux olympiques. Pierse y voit une chance inouïe de créer de véritables rapports avec les jeunes. Elle sera la plus grande supportrice de l’équipe, mais elle tient surtout à ce que chaque athlète soit à l’aise de lui demander conseil à tout moment.

La nouvelle chef de mission s’inspire particulièrement de Roque Santos, un nageur américain qu’elle a rencontré en 2009. Spécialiste du 200 m brasse une quinzaine d’années avant l’arrivée de la Canadienne sur la scène internationale, Santos était un élève de l’entraîneur hongrois Jozsef Nagy, qui a encadré Pierse pendant les six dernières années de sa carrière.

Nagy, raconte-t-elle, a créé une relation de mentorat entre ses deux protégés. Santos avait vécu les mêmes entraînements et les mêmes compétitions que Pierse. Il était une oreille attentive lorsque la Canadienne avait besoin de parler de son sport à quelqu’un d’autre qu’un entraîneur, un membre de la famille ou un ami.

Roque était toujours là pour moi, se souvient Pierse. C’est beaucoup grâce à lui que j’ai connu du succès. Il m’a soutenue à travers les hauts et les bas. C’est aussi à cause de lui que j’ai voulu prendre le poste de chef de mission et appuyer les athlètes. Je sais combien ça m’a aidée. Je ne crois pas que j’aurais si bien réussi sans cette personne à mes côtés.

Sports