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Les Alouettes, une équipe déplumée en quête de rédemption

Antonio Pipkin (no 17)
Antonio Pipkin (no 17) Photo: Alouettes de Montréal / Dominick Gravel
Félix St-Aubin

Les Alouettes retiennent l'attention pour les mauvaises raisons par les temps qui courent. Les Montréalais lanceront leur saison vendredi au stade du Commonwealth, à Edmonton, avec une tonne d'incertitudes.

Les divorces avec l'entraîneur-chef Mike Sherman et le controversé quart-arrière Johnny Manziel et l'interminable saga concernant la vente de l'équipe, qui appartient maintenant à la Ligue canadienne de football (LCF), ont fait les manchettes depuis l'hiver.

Le moment est venu d'enfiler les crampons, les épaulières et les nouveaux uniformes pour tenter de redresser une barque qui prend l'eau depuis plusieurs campagnes.

La sempiternelle question du quart partant a encore meublé les conversations au camp. Non sans peine, Antonio Pipkin a obtenu les rênes de l'attaque devant ses homologues Vernon Adams fils et Matthew Shiltz.

N’ayant pas su trouver du renfort parmi les vétérans disponibles, le directeur général Kavis Reed a pigé dans l’U Sports. Il s’est entendu avec Hugo Richard et Christ Merchant. Le premier a été ajouté à l’équipe d’entraînement, tandis que le second n’a pas su éviter le couperet, tout comme Jeff Mathews d'ailleurs.

Sans dire que Pipkin se retrouve déjà sur la corde raide, ses performances devront être inspirées dès le commencement. L’entraîneur-chef Khari Jones, qui a succédé à Sherman au pied levé, voudra éviter un lent départ qui pourrait être coûteux lorsque l'automne pointera à l'horizon.

Quatre matchs contre des rivaux de division, partagés équitablement entre les Tiger-Cats de Hamilton et le Rouge et Noir d’Ottawa, sont prévus durant le premier tiers du calendrier.

Antonio Pipkin (no 17) et Bo Lokombo (no 20)Antonio Pipkin (no 17) et Bo Lokombo (no 20) Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La qualité de la protection qu’offrira la ligne à l’attaque montréalaise à Pipkin (ou à l’un des remplaçants si l’expérience s’avère infructueuse) sera étroitement liée au succès de l’unité.

Les instructeurs ont brassé les cartes au camp afin de trouver la formule qui saura garder le quart sur ses deux pieds, tout en facilitant le travail des porteurs de ballon William Stanback, Jeremiah Johnson et Ryder Stone.

Kristian Matte retrouvera la position de centre et sera flanqué de Trey Rutherford et Sean Jamieson, qui ouvriront les brèches en tant que garde à gauche et à droite.

Tony Washington assurera pour sa part la survie de Pipkin dans son angle mort à titre de bloqueur à gauche et Chris Schleuger bouclera le quintette offensif à l’extrémité droite.

Luc Brodeur-Jourdain fait quant à lui partie du groupe des substituts. Même son de cloche pour Tyler Johnstone et Spencer Wilson.

Wilson s’est amené dans la métropole québécoise en provenance de Calgary, où il a gagné sa deuxième Coupe Grey en novembre, avec l’objectif de stabiliser la ligne à l'attaque.

Le polyvalent joueur formé par les Stampeders pendant huit saisons est apte à jouer à tous les postes. S’il fallait que le jeu de chaise musicale reprenne de plus belle en raison de diverses blessures, l’arrivée de Wilson sera d’autant plus profitable.

Les Alouettes se sont frotté les mains de satisfaction à la suite de sa signature, mais ne l'emploieront finalement pas comme partant en ouverture du calendrier.

Les 66 sacs accordés l’an dernier (18,75 % de tous ceux enregistrés dans la LCF) devront être pratiquement réduits de moitié pour offrir à Pipkin le temps nécessaire pour rejoindre ses cibles. À titre indicatif, les huit autres équipes du circuit Ambrosie ont en moyenne vu leur quart être frappé derrière la ligne de mêlée 36 fois.

Peu d'armes offensives

Les prestations enregistrées par William Stanback à la fin de la campagne, après l'échange qui a envoyé Tyrell Sutton en Colombie-Britannique, donnent bon espoir que le quart sera appuyé par un demi offensif efficace.

L’ajout du vétéran de 32 ans Jeremiah Johnson dans le champ arrière montréalais se veut une police d’assurance en cas de baisse de régime de Stanback, qui, rappelons-le, n’a pas encore atteint la centaine de portées dans la LCF.

William Stanback (no 31)William Stanback (no 31) Photo : Alouettes de Montréal / Dominick Gravel

L’échantillon est bien mince, mais le joueur qui entame sa deuxième année a abattu de la belle besogne lorsque Sherman a fait appel à ses services. Sa moyenne de 6,7 verges par course (539 verges en 81 courses) a été la référence en 2018 chez les porteurs de ballon ayant réalisé un minimum de 50 portées.

Le groupe de receveurs de passes compte sur deux nouveaux venus ayant des profils aux antipodes : le marchand de vitesse DeVier Posey et le polyvalent Félix Faubert-Lussier. Ernest Jackson a de son côté été libéré parce qu'il n'a pas répondu aux attentes.

B.J. Cunningham, Eugene Lewis et Posey seront à l’avant-scène du jeu aérien pour amorcer la saison. L’immense cible que forme Malcolm Carter pourrait intégrer le portrait au fur et à mesure que les semaines se succéderont.

Les Alouettes n’ont cependant toujours pas d’entraîneur attitré aux receveurs à la veille du lever du rideau. Cette fonction est pour le moment assumée par le nouveau meneur de troupes par intérim Khari Jones, qui a conservé ses postes de coordonnateur offensif et d’instructeur des quarts malgré sa promotion.

Les espoirs défensifs

L’unité défensive représente sans aucun doute encore la force de frappe des Moineaux. Le demi Tommie Campbell a obtenu de l'aide dans la tertiaire renouvelée par les ajouts de Ryan Carter, Marcus Cromartie, Ciante Evans et Taylor Loffler.

Auront-ils l'appui des ailiers?

John Bowman et Antonio Simmons ont décroché les rôles de partant aux extrémités de la ligne défensive. La faiblesse du bataillon se situe justement à cette position et pourrait couper court aux minces espoirs des Alouettes.

Les meilleures années de Bowman sont derrière lui. La productivité du vétéran qui célébrera son 37e anniversaire en juillet est en constante régression depuis 2015. Il a récolté cinq sacs l'an dernier, seulement trois de plus que sa pire campagne à ce chapitre.

À l'inverse, Simmons est une verte recrue dans la LCF. Ses performances lors du camp ont convaincu l'état-major de mettre un terme à l'association avec Gabriel Knapton.

L'athlète de 23 ans aura certes un mentor de choix pour démarrer sa carrière au nord de la frontière. La pression appliquée par le tandem sur les quarts adverses sera déterminante dans les succès de l'unité dirigée par le coordonnateur Bob Slowik.

Hénoc Muamba (no 50)Hénoc Muamba (no 50) Photo : Alouettes de Montréal / Dominick Gravel

Si des interrogations demeurent du côté des ailiers, ceux-ci seront toutefois épaulés par les plaqueurs Woody Baron et Ryan Brown au centre de la ligne défensive ainsi que par les secondeurs Patrick Levels, Boseko Lokombo et Hénoc Muamba.

Muamba s'est illustré à son retour dans la Belle Province, comme en témoigne sa récolte des titres de joueur par excellence, de joueur défensif par excellence et de joueur canadien par excellence des Alouettes.

Le trentenaire est dans la fleur de l'âge et constitue le pilier sur lequel pourra s'appuyer Slowik pour son baptême du feu dans le circuit Ambrosie.

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