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chronique

Le plus bel espoir du football québécois choisit l'Université du Connecticut

Jonathan Sénécal
Jonathan Sénécal Photo: Karine Chouinard/Phénix d'André-Grasset
Martin Leclerc

BILLET - Le quart Jonathan Sénécal, que plusieurs voient comme le plus bel espoir de l'histoire du football québécois, a provoqué une forte onde de choc mardi matin en annonçant qu'il s'était engagé auprès de l'Université du Connecticut à compter de la saison 2020.

Sénécal, qui dirige l’attaque du Phénix d’André-Grasset depuis deux ans, avait réussi la meilleure saison de l’histoire du football collégial québécois, à titre de recrue, en 2017. Il avait amassé 3116 verges de gains et réussi 31 passes de touché en 9 matchs.

La saison dernière, Sénécal a mené André-Grasset à la conquête du Bol d’Or en complétant 27 autres passes de touché. À la fin de la prochaine campagne, s’il maintient la cadence, il détiendra une priorité de quelque 2500 verges sur son plus proche poursuivant pour le nombre de verges amassées par un quart durant son parcours collégial.

Jonathan Sénécal est décrit par les experts comme un quart athlétique, très élusif, doté d’un excellent bras et d’une compréhension du jeu nettement au-dessus de la moyenne. Plusieurs lui prédisent même une carrière chez les professionnels.

Il était évidemment très convoité par les programmes du Rouge et Or de l'Université Laval et des Carabins de l’Université de Montréal.

« Dès que Jonathan a annoncé son engagement avec UConn sur les réseaux sociaux, l’entraîneur de Syracuse m’a téléphoné pour me faire part de sa surprise. Puis, durant cette conversation, en l’espace de 30 secondes, j’ai reçu des appels de Glen Constantin (Laval) et Danny Maciocia (Montréal). Par la suite, le téléphone n’a cessé de sonner », raconte l’entraîneur-chef du Phénix d’André-Grasset, Tony Iadeluca.

***

Ce qui étonne le plus dans la décision de Sénécal, c’est qu’il se soit engagé auprès de la première université qu’il a visitée.

Je suis tombé en amour avec UConn, et j’ai décidé d’y aller. Ma décision d’opter pour le football universitaire américain s’appuie sur le fait que mes chances de percer au football professionnel seront plus élevées. C’était aussi une aventure dont je rêvais. Le football est une religion aux États-Unis, et je voulais le vivre de l’intérieur.

Le quart-arrière Jonathan Sénécal

« Oui, plusieurs autres universités américaines avaient établi des contacts avec moi, mais je sentais toujours une petite réticence dans leurs démarches. Les entraîneurs de l’Université du Connecticut, eux, se sont engagés à 100 %. Ils voulaient vraiment que je fasse partie de leur programme, et cela a été un facteur important dans ma décision. Je ne jouerai peut-être pas à ma première année là-bas, mais je pense que je jouerai lors de mes deux ou trois dernières. »

Il y a quelques semaines, l’entraîneur responsable des quarts pour les Huskies de UConn, Mike Moyseenko, est passé par Montréal pour évaluer Sénécal. Il est reparti en disant qu’il y avait 10 quarts sur sa liste de recrutement. Il lui restait des candidats à rencontrer et il a promis de donner des nouvelles une dizaine de jours plus tard.

Il tente de lancer le ballon.Jonathan Sénécal en action Photo : Radio-Canada / Martin Leclerc

« Exactement 10 jours plus tard, il a rappelé pour dire que Jonathan était leur premier choix et que l’université l’invitait à faire une visite officielle les 7, 8 et 9 juin », indique Tony Iadeluca.

Quelques jours avant de visiter UConn, Sénécal a participé à des camps d’évaluation à Washington, à New York et au Rhode Island. Il aurait fait belle impression à ces occasions, selon Iadeluca

L’entraîneur d’André-Grasset a accompagné son athlète au Connecticut le vendredi 7 juin. Son quart est resté deux jours de plus en compagnie de ses parents.

Les gens de UConn ont déployé beaucoup d’efforts pour que Jonathan se sente à l’aise. Partout sur le campus, les gens semblaient avoir entendu parler de lui. Jonathan est un jeune homme assez réservé, et je ne suis pas certain que ça lui tentait de continuer à participer à des camps d’évaluation et à échanger des textos avec un paquet d’entraîneurs. À la fin, avant de partir, je lui ai simplement recommandé de prendre sa propre décision en fonction de ce qu’il avait vu et ressenti dans cet environnement.

L'entraîneur-chef du Phénix d’André-Grasset, Tony Iadeluca

Jonathan Sénécal disputera donc sa dernière saison avec le Phénix l’automne prochain. Une fois son diplôme d’études collégiales en poche, il fera son entrée à UConn en janvier 2020.

Il s’agit d’une perte considérable pour le football universitaire québécois. En même temps, il s’agit d’une incroyable marque de reconnaissance pour ce jeune homme de Mirabel.

Dans le passé, très peu de quarts canadiens sont parvenus à occuper des postes de partant au football universitaire américain (NCAA). On lui souhaite cette chance.

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