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Le Collège Durocher à l’assaut de la planète basket

Des joueurs de basketball posent ensemble sur un terrain.
L’équipe de basketball des moins de 14 ans du Collège Durocher à Saint-Lambert Photo: Collège Durocher/Vince Amato
Antoine Deshaies

Pendant que les yeux des amateurs de basketball au pays étaient rivés sur Toronto, lundi soir, une douzaine de jeunes joueurs regardaient la capitale ontarienne avec un regard bien différent.

C’est que l’équipe de basketball des moins de 14 ans du Collège Durocher, à Saint-Lambert, s’envolera vers la Ville Reine jeudi matin pour représenter l’est du Canada à la qualification nationale du NBA Global Championship. Le tournoi se déroule de vendredi à dimanche et opposera les cinq équipes finalistes des différentes régions du pays.

La compétition internationale, mise sur pied en 2018, opposera ensuite 16 des meilleures équipes de la planète au mois d’août, à Orlando, en Floride. Les États-Unis enverront huit équipes. Les autres proviendront des autres régions, un peu selon le modèle des Séries mondiales des petites ligues au baseball.

Alors que le Mexique et l’Amérique du Sud seront notamment représentés par des sélections de joueurs étoiles, le Canada pourrait donc confier ses espoirs à une bande d’amis d’un collège privé de la Rive-Sud.

On sera clairement les négligés, avance le responsable du programme de basketball du Collège Durocher Loïc Rwigema. On s’attend à ce que ce soit difficile, mais une fois sur le terrain à Toronto, tout est possible.

Déjà, à la qualification nationale, l’équipe de Durocher sera la seule qui représente une institution scolaire. Les représentants de l’Ontario, par exemple, jouent au prestigieux CIA Bounce, commandité par Nike.

Ce club a notamment formé Nik Stauskas, qui vient de terminer sa cinquième saison dans la NBA.

On est très disciplinés, on joue en équipe et on ne fait pas les superstars, analyse le garde Sean Duff. C’est gros pour notre école. Mais si on gagne, ce sera une victoire d’équipe.

Un joueur pose avec un ballon à la main, devant un mur de briques.Sean Duff Photo : Courtoisie: Collège Durocher

Et pour réussir l’impossible, l’équipe ne lésine pas sur les efforts. Pendant deux longues heures, lundi soir, les joueurs ont peaufiné leur préparation. Ils ont beau n’avoir que 13 ans, leur technique impressionne. Les mouvements sont naturels, les ballons entrent à répétition dans les paniers aux quatre coins du gymnase.

Et quand l’exécution n’est pas à point, l’entraîneur n’hésite pas à imposer des sprints punitifs. Sa voix est calme, mais il s’assure que son message soit bien compris.

Je suis particulièrement sévère cette semaine, parce que je sais qu’on n’aura aucune marge de manoeuvre lors du tournoi à Toronto, explique Loïc Rwigema. Je veux que les joueurs aient la bonne mentalité déjà à l’entraînement.

Loïc est un très bon entraîneur au plan tactique et il nous aide à aller plus loin, même s’il est dur des fois, confie Angel Pierre-François, récent lauréat d’un prix du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) pour avoir le mieux concilié sport et études. On sait qu’il le fait pour notre bien.

Les résultats parlent d’eux-mêmes. L’équipe de Durocher n’a perdu qu’un seul des 53 matchs qu’elle a disputés cette saison, un amical contre Brockwood, un club civil de l’ouest de l'île de Montréal.

Après avoir remporté le championnat provincial du RSEQ, Durocher a retrouvé et a vaincu Brockwood en finale de la Coupe du Québec, avant-dernière étape avant le tournoi de cette semaine à Toronto.

L'entraîneur leur prodigue des conseils.Des joueurs du Collège Durocher au banc Photo : Courtoisie: Collège Durocher

Inspirés par les Raptors

Les jeunes de Durocher seront à Toronto jeudi soir, au moment même où les Raptors tenteront encore de remporter le championnat de la NBA à Oakland.

Si près et si loin à la fois. Leur couvre-feu les empêchera de regarder le match.

J’aurais préféré que les Raptors gagnent le titre lundi, confie Loïc Rwigema. On va à Toronto pour gagner le championnat national, donc on sera en mission dans notre bulle. Les gars vont se coucher tôt et on va probablement confisquer leurs appareils mobiles pour qu’ils dorment vraiment.

Pour nous, nos matchs de la semaine sont plus importants que celui des Raptors, tranche Angel Pierre-François. On a vraiment envie de gagner. Je ne veux pas laisser le match des Raptors nous fatiguer.

Le parcours des Raptors inspire bien sûr l’équipe de Durocher. L’entraîneur a d’ailleurs eu son mot à dire dans le développement de Chris Boucher, le joueur montréalais des Raptors.

Rwigema a remarqué Boucher lors d’un tournoi et l’a fortement recommandé à son frère qui dirigeait une académie de basketball. Il l’a retrouvé sur Facebook et le reste appartient bien sûr à l’histoire.

Les Raptors nous inspirent parce que c’est l’équipe du Canada, mais surtout parce que c’est une équipe formée de gars qui ont persévéré, explique Rwigema. Plusieurs n’ont pas été repêchés au premier tour.

Un joueur tout sourire devant un mur de briques.Angel Pierre-François Photo : Courtoisie: Collège Durocher

Et Durocher mise aussi beaucoup sur sa défense acharnée. Sans grande vedette, sans joueur au physique hors norme, la cohésion fait foi de tout.

On est très soudé, confie Angel Pierre-François. On a un talent d’équipe et on travaille fort dans chaque entraînement, même si on s’amuse beaucoup aussi. On peut changer le rythme des matchs en jouant parfois très rapidement ou de manière très posée. C’est la clé de notre succès.

L’entraîneur estime que certains de ses jeunes ont le potentiel de jouer un jour au niveau universitaire américain. Mais chaque chose en son temps.

Il faut d’abord disputer le tournoi à Toronto, revenir à Montréal tard dimanche soir puis attaquer la semaine d’examens de fin d’année dès le lendemain.

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