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Alouettes : les clés de l'attaque à Pipkin, Jones déborde d'enthousiasme

Il lance un ballon.

Antonio Pipkin en action

Photo : La Presse canadienne / Peter Mccabe

Jean-François Chabot

Les Alouettes de Montréal ont fait savoir lundi qu’Antonio Pipkin sera leur quart partant pour la nouvelle saison de la Ligue canadienne de football (LCF). L’équipe joue son premier match vendredi, contre les Eskimos, à Edmonton.

Vernon Adams fils et Matthew Shiltz, contre lesquels Pipkin était en compétition au camp, seront respectivement les deuxième et troisième quarts.

Peu bavard, Pipkin s'est simplement réjoui de la confiance que l'équipe plaçait en lui à l'aube de la nouvelle saison.

« Je suis très heureux de faire à nouveau partie de l’équipe, d’en être l’un des leaders, et de participer à la remontée des Alouettes », a-t-il dit.

Pipkin, 23 ans, a disputé six matchs avec les Alouettes en 2018. L’Américain a complété 78 de ses 131 passes pour des gains de 1120 verges, avec 3 touchés et 8 interceptions. Il a aussi amassé 252 verges et 8 touchés par la course.

Pendant le calendrier préparatoire, il a réussi 6 passes en 15 tentatives pour 116 verges et 1 touché, des statistiques un peu moins reluisantes que celles d’Adams fils (11 en 23, 200 verges, 2 touchés, 1 interception).

De son côté, Adams se disait à la fois content pour son coéquipier, mais également fier de ce qu'il avait accompli depuis l'ouverture du camp.

« Je me suis présenté au camp pour travailler chaque jour. Le fait d’être second représente une victoire morale. On a commencé à quatre. On a tous travaillé fort pour se démarquer. J’ai fait confiance au processus de sélection et je pense avoir mérité ma place  », a indiqué celui qui a fait ses classes avec l'Université de l'Oregon.

Ils sont sur les lignes de côté.

Khari Jones (à droite) en conversation avec l'entraîneur des secondeurs, Todd Howard

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Jones aux commandes

Khari Jones a écrit, lundi, les premières lignes du nouveau chapitre de l’histoire de l'équipe en dirigeant un premier entraînement en tant qu’entraîneur-chef, poste dont il a hérité après l'annonce du départ surprise de Mike Sherman samedi.

On peut dire que les mots clés pour décrire ce premier exercice sont « communication » et « enthousiasme ». Jones s'implique et énonce clairement ce qu’il attend de chacun de ses joueurs.

Peut-être était-ce l’effet de la nouveauté, mais l’énergie était palpable sur le terrain coincé entre le stade olympique et le stade Saputo, à quatre jours du match d’ouverture à Edmonton.

L’adrénaline coulait encore à flots dans les veines de Jones quand il a rencontré les journalistes après l’entraînement.

Il ne semble pas s’en faire avec l’étiquette d’entraîneur-chef intérimaire, pas plus qu’il s’inquiète d’être le septième homme à occuper ce poste en six ans.

« Je ne pense pas à cela. Je suis l’entraîneur-chef et c’est comme ça que je vais aborder chaque journée. Je suis l’entraîneur-chef de cette équipe jusqu’à nouvel ordre. Et ça me suffit pour le moment », a répondu Jones quand on lui a demandé s’il s’attendait à terminer la saison dans ce fauteuil.

Une des nouveautés visibles sur le terrain, lundi matin, a été l’attention portée aux receveurs de passes. Jones a d'ailleurs indiqué que l’équipe nommerait un entraîneur attitré à cette position.

« Nous aurons un instructeur des receveurs. Nous allons revoir notre personnel d’entraîneurs étant donné qu’il y a eu beaucoup de changements ici. C’est bon que nous soyons tous frais sortis du camp d’entraînement. Il y a déjà beaucoup de choses en place que nous n’avons pas encore montrées en matchs préparatoires. Nous sommes prêts pour le match de vendredi. »

Il répond aux journalistes en mêlée de presse.

Khari Jones se sent prêt pour le défi qui s'offre à lui

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Interrogé à savoir de quelle manière les partisans allaient reconnaître l’empreinte et la signature de Khari Jones sur le terrain, ce dernier est resté modeste.

« On verra bien. Espérons que nous présenterons une équipe de football plaisante à voir jouer, tant en attaque qu’en défense. J’aime le football canadien et la façon dont il est joué. J’ai plus de 20 ans d’expérience dans cette ligue. Je veux voir notre équipe jouer de la bonne façon », a d’abord expliqué Jones.

« Pour nous, cela voudra dire de marquer beaucoup de points et défier les défenses adverses. Nous devrons être plus offensifs en possession du ballon au lieu de nous contenter de ce que l’autre équipe nous donne. Il en sera de même en défense. Je veux que nous dictions le rythme. Je veux semer le doute chez l’adversaire à savoir si nous allons foncer ou pas. Ça n’arrivera pas du jour au lendemain. Je ne suis en poste que depuis 48 heures. Ce sera un processus évolutif. Mais je suis impressionné par ce que j’ai vu jusqu’à présent, à l’entraînement et dans notre dernier match préparatoire. »

Les joueurs encouragés

Cela n’étonnera personne, mais aucun des joueurs rencontrés n’a jeté de l’huile sur le feu, en profitant de cette première journée sous la férule de Jones pour dénoncer les manquements de Mike Sherman, dont le règne a pris fin abruptement.

Le vétéran Luc Brodeur-Jourdain, comme le reste de ses coéquipiers, a appris la nouvelle du départ de Sherman par l’entremise des médias sociaux.

« Pour nous [les joueurs, NDLR], c’est une décision organisationnelle. Même coach Sherman a reconnu que son adaptation au football canadien était plus difficile qu’anticipée. Avec Khari, on sent qu’on a quelqu’un de compétent qui comprend la Ligue canadienne. Depuis qu’il s’est joint à nous, j’ai décelé un entraîneur qui est proche de ses joueurs et qui dépasse simplement la relation professionnelle », a d’abord lancé le no 58.

En ce qui a trait au moment choisi pour procéder à un changement d’entraîneur, Brodeur-Jourdain est là aussi très clair dans son analyse.

« Mieux vaut trop tôt, que trop tard. On a eu la chance de travailler ensemble en tant que groupe au camp d’entraînement. Maintenant, la décision a été prise. Il faut tourner la page et bâtir notre saison 2019 tous ensemble. Je vois des gens connectés et unis, qui forment davantage une entité plutôt que deux groupes distincts, l’attaque d’un côté et la défense de l’autre. »

Brodeur-Jourdain reconnaît d’autre part que les amateurs peuvent trouver difficile d’entretenir un lien ou un sentiment d’appartenance avec une équipe en mal de stabilité.

« La grande force du sport est de vouloir s’attacher aux joueurs et aux entraîneurs. En même temps, on est dans l’industrie du spectacle. On se base donc sur des résultats. Je crois que les éléments présents dans cette équipe nous amèneront bientôt de meilleurs résultats. »

Même son de cloche du côté de Kristian Matte. Après avoir lui aussi parlé de l’énergie ressentie autour de Khari Jones, le centre de la ligne à l’attaque a tout ramené à une question de gestion.

« C’est sûr que dans une business comme la nôtre, on ne sait jamais quand ces choses-là vont se passer. On ne peut jamais être prêts pour des situations comme ça. Certains diront que ce n’est pas idéal [le moment, NDLR]. Il faut avoir espoir qu’en haut, dans le bureau, ils sauront ce dont l’équipe a besoin. Ils sont ceux qui vont nous diriger et nous aider à gagner pendant la saison », a conclu l’ancien des Stingers de Concordia.

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