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Grand Prix du Canada : en coulisses avec l'équipe médicale

L'équipe médicale du Grand Prix du Canada
L'équipe médicale du Grand Prix du Canada Photo: Radio-Canada
Jean-François Poirier

La bonne humeur règne à l'hôpital de piste du circuit Gilles-Villeneuve, pour le Grand Prix du Canada. Ces spécialistes de la santé ont le coeur à l'ouvrage, prêts à pratiquer leur métier bénévolement dans un environnement enchanteur. Nous sommes allés les voir dans leur terrain de jeu.

C'est l'ambiance qui m'a attiré ici , dit une inhalothérapeute, qui en est à sa première expérience à l'île Notre-Dame.

Je suis médecin à l'Hôpital de Trois-Rivières, dit l'homme à ses côtés dans son uniforme rouge flamboyant réservé aux membres du personnel médical. Chez nous, la course automobile, c'est un naturel parce que nous avons un grand prix. C'est ma deuxième année à Montréal.

C'est comme un grand débarquement, affirme un vétéran secouriste à l'enthousiasme contagieux. Nous sommes cinq équipes de trois personnes qui nous rendons dans les puits. On s'amène de l'eau, de la crème solaire et notre radio, prêts à répondre à l'appel.

Urgentologues, anesthésistes, infirmières : les professionnels du milieu de la santé sont partout autour du circuit Gilles-Villeneuve.

C'est pas mal mieux qu'à l'hôpital, on a plus de fun , concède Jacques Bouchard.

Cet homme est le médecin en chef du Grand Prix du Canada depuis 1978. Son équipe est composée de 118 membres.

Il y a 75 personnes qui travaillent en même temps parce qu'on veut tous leur donner une journée de congé pendant le week-end. Tout le monde est bénévole ici. Ces gens sont souvent de garde une semaine sur deux à l'hôpital, mais ils reviennent chaque année. C'est bon signe.

Jacques Bouchard, médecin en chef du Grand Prix du CanadaJacques Bouchard, médecin en chef du Grand Prix du Canada Photo : Radio-Canada

Près de là, Ronald Denis savoure chaque moment passé dans l'univers de la course automobile. Médecin en chef du département de chirurgie à l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, il est le complice de longue date de Jacques Bouchard.

Nous faisons équipe depuis 33 ans et on éprouve un plaisir à travailler ensemble. On a réussi à monter une équipe exceptionnelle. Aujourd'hui, tout est synchronisé. Tout roule. L'équipe médicale du Grand Prix du Canada a servi à augmenter le niveau de sécurité un peu partout. Pendant plusieurs années, on a été nommé meilleure équipe médicale de tous les circuits.

Ronald Denis

Il est mon meilleur ami dans la vraie vie et c'est notre plus belle semaine de l'année, avoue Jacques Bouchard. On a une équipe du tonnerre. L'adrénaline coule. J'aime qu'il se passe un p'tit quelque chose en piste, pas un gros accident. Juste pour y aller. Il y a un certain plaisir à faire ça.

Grosse frayeur en 2007

Au Grand Prix du Canada de 2007, il s'était justement produit un incident en piste. Un choc brutal, mais avec des conséquences heureusement minimes.

Robert Kubica avait détruit sa voiture dans un mur devant le regard terrifié des deux médecins.

Robert Kubica a survécu à cet horrible accident survenu en 2007 sur le circuit Gilles-Villeneuve.Robert Kubica a survécu à cet horrible accident survenu en 2007 sur le circuit Gilles-Villeneuve. Photo : La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT

Quand j'ai vu l'accident, je pensais qu'il était mort, se souvient Ronald Denis. Quand je suis arrivé près de la voiture, il n'arrêtait pas de se plaindre. Il en voulait à Jarno Trulli qui l'avait dépassé. Pour vous dire la vérité, on a passé pour des héros, mais il n'avait rien. Juste une entorse à la cheville, même si ça semblait catastrophique...

Rendu à l'hôpital, Ronald Denis a fait une autre découverte pendant que le pilote polonais recevait les soins nécessaires à sa miraculeuse condition.

J'ai trouvé dans son casque une photo du pape Jean-Paul II, se souvient-il. Il faut comprendre que c'est le curé de sa paroisse qui lui avait offert des cours de pilotage en Italie.

L'année suivante, Kubica a offert un cadeau à tous ceux qui l'avaient soigné à l'Hôpital du Sacré-Coeur à l'étage et aux soins intensifs. Il a fait un détour par mon bureau pour me le remettre.

Ronald Denis, médecin en chef du département de chirurgie à l'Hôpital du Sacré-Coeur de MontréalRonald Denis, médecin en chef du département de chirurgie à l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal Photo : Radio-Canada

L'hôpital de piste aménagé à l'occasion du Grand Prix du Canada est une grande source de fierté pour ceux qui ont veillé à sa conception.

En tant que chef du programme de soins critiques à l'Hôpital du Sacré-Coeur, Patrick Bellemare estime disposer d'un équipement idéal sur le circuit.

Arriver à créer un hôpital satellite avec toutes ces facilités, dans une infrastructure qui n'est pas prévue pour ça, on peut en être fier. C'est quelque chose qui accote, à peu de choses près, tout ce qu'on peut faire dans un hôpital moderne. Il y a vraiment une communauté médicale qui s'est alliée à la cause du grand prix afin d'offrir un service de niveau mondial.

Patrick Bellemare

Le service aux équipes de F1 n'est évidemment pas le seul offert par l'équipe médicale.

Il ne faut pas oublier toutes les courses secondaires où des incidents majeurs peuvent se produire, ainsi que dans la foule, ajoute Patrick Bellemare. L'an passé, nous n'avons fait que simuler des arrêts cardiaques, mais nous n'avons pas eu à en gérer un seul. Un travailleur de piste est déjà décédé. Nous sommes toujours prêts à intervenir. L'équipe arrive un peu avant 7 h et quitte le site à 20 h.

Agir vite et bien, c'est la mission de ce groupe de spécialistes de la santé qui peuvent être projetés soudainement sous les feux de la rampe lors d'un grand prix de F1.

C'est notre vie. On ne réagit pas différemment qu'avec un patient victime d'un accident de la route, assure Ronald Denis. C'est une fois que tout est fait qu'on réalise que la pression est forte.

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