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chronique

Qui le Canadien repêchera-t-il au 15e rang? La conclusion de 15 spécialistes

Marc Bergevin et Trevor Timmins
Marc Bergevin, directeur général du Canadien, et Trevor Timmins, directeur du recrutement Photo: Getty Images / Bruce Bennett
Guy D'Aoust

BILLET - Dans deux semaines, le Canadien de Montréal repêchera au 15e rang à l’encan amateur de la Ligue nationale (LNH) à Vancouver. Tour d’horizon des suggestions de 15 « spécialistes » qui ont épluché la question.

Vous connaissez les « mock drafts », ces repêchages simulés auxquels s’adonnent journalistes, chroniqueurs, recruteurs et autres spécialistes, à l’approche du vrai repêchage. C’est là, pour l’essentiel, que je suis allé piger les suggestions suivantes pour le Canadien.

Il n’y a pas d’unanimité, vous vous en doutez. Quand on ne peut faire de consensus autour du tout premier choix (Jack Hugues ou Kaapo Kakko), imaginez le fouillis, rendu au 15e rang. Mais il y a tout de même quelques rencontres.

Cam York, vous connaissez?

Cameron York est un défenseur gaucher du programme de développement américain. Ce n’est pas sa taille qui fait son intérêt : 1,80 m (5 pi 11 po) et 78 kg (172 lb). Meilleur pointeur de son équipe au dernier Championnat du monde des moins de 18 ans, il est le choix de quatre de nos références (dont deux spécialistes de la centrale de recrutement de la LNH) comme le joueur qui sera repêché au 15e rang par le Canadien.

Raphaël Lavoie

Quatre sélections pour York, c’est une de plus que pour le Québécois Raphaël Lavoie des Mooseheads d’Halifax. Lavoie est un attaquant costaud de 1,93 m (6 pi 4 po) et 90 kg (200 lb) qui a reculé au classement de la centrale de recrutement de la LNH en deuxième moitié de saison. Il est passé de la 13e à la 20e place. Alors, pourquoi le voit-on sortir au 15e rang? Parce qu’il est Québécois, évidemment. Il peut jouer au centre et à l’aile et est bon dans toutes les zones. Deux autres facteurs qui pourraient influencer le CH.

Un jeune joueur de hockey au chandail rouge a le regard captivé par son entraineur qu'il regarde à travers la vitre de la patinoire.Sur les médias sociaux, certains internautes le comparent à Jonathan Drouin des Canadiens de Montréal. Photo : Radio-Canada / Twitter: Halifax Mooseheads @HFXMooseheads

Deux sélections

Deux joueurs viennent derrière avec deux sélections chacun

Il y a d’abord le centre Alex Newhook, qui a survolé la Ligue de hockey de la Colombie-Britannique (BCHL) l’hiver dernier. Bonnes mains, bon tir, bon passeur, bon en défense, on a presque envie de demander qu’on nous l’emballe. Mais Newhook s’est déjà engagé avec Boston College pour la prochaine saison. Il faudrait patienter.

Il y a aussi le Suédois Philip Broberg, un grand défenseur gaucher de 1,91 m (6 pi 3 po) et 91 kg (195 lb). Il a impressionné au Championnat du monde des moins de 18 ans avec 2 buts et 4 passes en 7 matchs. Il a joué avec des adultes cet hiver en deuxième division suédoise (AIK).

En rafale

Les quatre autres joueurs proposés ne l’ont été qu’une fois.

Thomas Harley est un autre défenseur gaucher grand format (1,90 m et 87 kg) qui a passé la dernière saison avec Mississauga dans la Ligue junior de l’Ontario (OHL). Cinquante-huit points en 68 matchs pour un défenseur de 17 ans, ce n’est pas vilain.

Moritz Seider est Allemand. Encore une fois, c’est un défenseur à fort gabarit (1,92 m et 94 kg). Capitaine de l’équipe allemande au mondial junior, il a amassé un but et six passes en cinq rencontres. Il a aussi joué avec l’Allemagne au Championnat du monde senior. Il a marqué deux buts en cinq rencontres.

Bobby Brink est un ailier droit (pour changer) qui vient d’amasser 68 points, dont 35 buts, en 43 matchs avec les Musketeers de Sioux City. Il s’est également bien débrouillé au Championnat du monde des moins de 18 ans avec 6 points en 5 rencontres. Mais il est attendu à l’Université de Denver.

Ville Heinola complète la liste. C’est un défenseur gaucher, pas costaud, mais habile et bon passeur. Il a joué avec les adultes en première division finlandaise cet hiver : 2 buts et 12 passes en 34 matchs.

Voilà pour les 15.

Attention aux espoirs européens

Deux de ces « suggestions » viennent d’Europe.

Avec tous les Rasmus Dahlin, Elias Pettersson et Patrik Laine arrivés d’Europe depuis quelques années, les recruteurs auraient tort de ne pas être très attentifs aux jeunes joueurs d’outre-Atlantique. Mais attention : le taux d’échec parmi les mieux cotés est étonnant.

Elias PetterssonElias Pettersson, des Canucks Photo : Getty Images / Rich Lam

La centrale de recrutement de la LNH évalue les meilleurs espoirs européens chaque année, comme elle le fait en Amérique du Nord. De ce classement européen, si on observe le top 5 annuel depuis 2010, seulement la crème de la crème, on constate que 12 joueurs sur 50 n’ont pas atteint la LNH. C’est près du quart!

On ne parle pas de joueurs marginaux et d’espoirs diffus ici. J’insiste : que du top 5.

Échappé belle

Le Canadien de Montréal en a fait les frais une fois, mais s’en est bien sorti. L’attaquant Sebastian Collberg était classé 3e en Europe en 2012. Le Tricolore ne l’a sélectionné qu’au deuxième tour et l’a refilé aux Islanders de New York pour obtenir Tomas Vanek en 2014. Bon geste. Collberg joue en Suède et n’a jamais atteint la LNH.

En 10 ans, seulement trois fois, le top 5 européen a rempli ses promesses avec 5 joueurs de grande qualité. Le point d’orgue est survenu en 2014 avec Kasperi Kapanen (1er), William Nylander (2e), Kevin Fiala (3e), Jakub Vrana (4e) et David Pastrnak (5e)

Mais 7 fois sur 10, il y a eu un flop, souvent deux.

En Amérique

En comparaison, pour la même période, seulement 3 joueurs nord-américains sur les 50 vus dans le « top 5 » n’ont pas atteint la LNH. Et dans leur cas, c’est davantage une question de temps.

Le défenseur Noah Dobson, par exemple, a été repêché en 2018. Il vient de remporter la Coupe Memorial, de participer au Championnat du monde junior et de se faire une place dans la première équipe d’étoiles de la LHJMQ. Les deux autres sont Gabriel Vilardi (2017), encore bien coté dans l’organisation des Kings de Los Angeles, et Olli Juolevi (2016), un Européen qui joue en Amérique.

Noah Dobson enfile un chandail des IslandersNoah Dobson, repêché par les Islanders Photo : Associated Press / Michael Ainsworth

Cela dit, 3 sur 50, c’est 6 % d’échec (parlons plutôt d’attente), alors que pour l’Europe, le taux est de 24 %. C’est quatre fois plus élevé. D’où l’invitation à se montrer prudent avec les espoirs européens. Les recruteurs s’y cassent souvent les dents.

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