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Pascal Siakam, héros des Raptors, n'a pas oublié le Cameroun et son père

Pascal Siakam fonce au panier

Pascal Siakam fonce au panier

Photo : Getty Images / Gregory Shamus

Radio-Canada

Le joueur des Raptors Pascal Siakam a ébloui les spectateurs jeudi soir lors du premier match de la finale de la NBA contre les Warriors de Golden State. Sa performance lui a même valu d'être comparé à des légendes de la NBA. Mais le Camerounais n'a qu'un héros : son père, qui ne l'a jamais vu atteindre son rêve.

Dans la victoire de Toronto (118-109), l'ailier des Raptors est devenu seulement le septième joueur de l'histoire à marquer plus de 30 points (32) avec un pourcentage de tirs réussis supérieur à 80 % (14 en 17) dans un match d'une finale de la NBA.

Siakam a réussi 11 tirs consécutifs, du jamais vu à ce stade de la compétition depuis les 20 dernières saisons. Le record était jusque-là de huit paniers de suite, codétenu entre autres par LeBron James et Kobe Bryant.

Ce qui est encore plus fascinant, c'est qu'il n'avait jamais joué au basketball avant l'âge de 18 ans.

Siakam a fait une entrée fracassante dans la cour des grands et, à 25 ans, il est le premier Camerounais à participer à une finale de la NBA. Mais il n'en tire aucune fierté personnelle.

Il s'est empressé de dédier son match exceptionnel à l'Afrique et, surtout, à son père, décédé brutalement en 2014 à la suite d'un accident de la route au Cameroun.

« Tous les jours, je me demande ce que dirait mon père s'il voyait ce que j'ai accompli. Les gens me disent tout le temps qu'il serait fier de moi, mais j'aurais aimé l'entendre de sa bouche », a-t-il expliqué.

Ce que je vis dépasse le cadre du basket. Chaque soir de match, j'ai un objectif plus important et je joue pour quelque chose de plus grand que le basket.

Pascal Siakam
Pascal Siakam (à gauche) est surveillé par Stephen Curry.

Pascal Siakam (à gauche) est surveillé par Stephen Curry.

Photo : USA TODAY USPW

Un parcours hors du commun

Élevé dans une famille catholique pratiquante, il a connu les rigueurs du séminaire, où il a passé à contrecoeur une partie de son adolescence.

Il se passionnait alors pour le soccer, au plus grand désarroi de son père Tchamo, amoureux de basket qui a transmis sa passion aux trois frères aînés de Pascal.

Le cadet a fini par se mettre au basketball et a aussitôt été repéré lors d'un stage organisé en 2011 au Cameroun par son compatriote Luc Mbah a Moute, qui joue dans la NBA depuis 2008.

Siakam a quitté son pays d'origine en 2013 pour fréquenter une école du Texas, avant de s'inscrire à l'Université du Nouveau-Mexique.

C'est un peu plus tard qu'il a appris le décès de son père et qu'il a dû renoncer à rentrer au Cameroun pour assister aux funérailles. « La décision la plus dure de sa vie », a-t-il avoué.

Pascal Siakam et Tshilidzi Nephawe avec l'Université du Nouveau-Mexique en 2015

Pascal Siakam et Tshilidzi Nephawe avec l'Université du Nouveau-Mexique en 2015

Photo : Getty Images / Ronald Martinez

Repêché en 2016 par Toronto, il a d'abord dû faire ses preuves en G-League, le championnat des équipes réserve des équipes de la NBA, avant de grappiller du temps de jeu la saison dernière et d'exploser cette année.

« C'est simplement dû au fait que je joue plus souvent et plus longtemps. Comme j'ai commencé à jouer au basket tard, il y a encore plein de choses que je continue d'apprendre », a-t-il dit la veille du premier match de la finale.

Le directeur général des Raptors, Masai Ujiri, qui a grandi au Nigeria et rencontré Siakam, encore adolescent, pendant un stage en Afrique du Sud, lui prédit un brillant avenir.

C'est quelqu'un d'incroyable. Il ne veut pas être un simple joueur. Il veut être un joueur étoile et il fait tout ce qu'il faut pour y arriver.

Masai Ujiri

De l'avis général, Siakam est déjà assuré de remporter le trophée du « joueur ayant le plus progressé ».

Une distinction qu'il pourrait très bien éclipser avec le titre de meilleur joueur de la finale 2019 si Toronto met fin au règne de Golden State.

Il faut encore trois victoires aux Raptors et à Siakam, à commencer par dimanche à domicile, pour se rapprocher de cet autre rêve.

Avec les informations de Agence France-Presse

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