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Marie-Ève Dicaire en confiance pour la deuxième défense de son titre

Ils serrent le poing et sourient.

Marie-Ève Dicaire et Mikael Zewski seront les têtes d'affiche du gala du 28 juin au Casino de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Antoine Sirois

Jean-François Chabot

Marie-Ève Dicaire (15-0) remontera sur le ring du Casino de Montréal, le 28 juin, où elle défendra sa ceinture des super-mi-moyennes (154 lb) de l'IBF pour la deuxième fois en un peu plus de deux mois.

Cette fois encore, son adversaire nous arrive de la Suède. Cette fois encore, elle est âgée de 42 ans. Maria Lindberg (17-4-2, 9 K.-O.) est classée aspirante no 2 par l’IBF.

Elle a récemment perdu son statut de no 1 en raison d’une défaite face à la Polonaise Ewa Piatkowska dans un combat pour le titre du WBC.

Quand on lui demande de comparer Lindberg à sa plus récente rivale, Mikaela Lauren, Dicaire y va d’une analyse sans fioritures qui dénote la confiance grandissante qui l’habite.

Je pense que Maria Lindberg est une combattante qui met un peu plus de pression. Mais comme elle est plus petite, ça me donnera un peu plus d’espace pour bouger. Elle affirme que le combat sera une confrontation de styles. Chris Namus a dit ça. Mikaela Lauren l'a dit. Mais ça ne m’inquiète pas, car je sais que je peux tirer mon épingle du jeu.

Marie-Ève Dicaire

Dans une vidéo enregistrée depuis son site d'entraînement, Lindberg a en effet promis une solide opposition, qui mettra aux prises son caractère offensif aux stratégies de la Québécoise, qu'elle a qualifiées de plus évasives et défensives.

Dicaire se veut d'autre part rassurante pour ceux et celles qui s’inquiètent de l’état de son arcade sourcilière gauche, profondément ouverte par un coup de tête tôt durant son combat contre Lauren.

« C’était vraiment important d’être guérie à 100 %. Si ce n’était pas le cas, je ne remonterais pas dans le ring. On a eu le OK du médecin et on est certain que ça va tenir la route. Cette fois-ci, je ne devrais pas me faire toucher », lance Dicaire sourire en coin.

Maintenir le rythme

Le fait de se préparer pour un autre combat aussi rapproché ne semble pas l'ennuyer.

La boxeuse de 32 ans en est à un troisième camp de suite depuis le mois de février. Cela lui permet d’entretenir sa condition physique et de se présenter à chaque combat dans une forme plus grande, croit-elle.

Son calendrier préparatoire d’ici le 28 juin la soumettra à une cadence intense, au rythme de deux séances quotidiennes.

Je dis souvent à la blague que je n’ai aucun contrôle sur ma vie. Je m’entraîne, je dors, je m’entraîne, je dors. Tout ça, bien entourée par mes entraîneurs qui se font un devoir de me rendre morte à la fin de chaque séance. Il y a des fois où je me dis que c’est pour mon bien, et des fois où je me dis qu’ils font ça pour m’achever. Au final, je sais que le 28 juin, je serai prête et encore une fois au sommet de ma forme.

Marie-Ève Dicaire

Une autre victoire pourrait lui ouvrir les portes d'un combat d’unification. Elle le souhaite ardemment, même si elle sait que le chemin peut encore être long en raison des jeux de coulisses entre diffuseurs, promoteurs et agents.

« Au plus profond de mon cœur, j’espère une unification. Par contre, à ce moment-ci, ça implique encore énormément de négociations parce qu’habituellement, les championnes ne veulent pas concéder leur ceinture. Pour le moment, je continue à faire circuler mon nom sur la scène internationale », dit Dicaire avec une certaine retenue.

Elle répond aux questions du journaliste de Radio-Canada.

Marie-Ève Dicaire

Photo : Radio-Canada / Antoine Sirois

Une popularité grandissante

Le promoteur Yvon Michel ne tarit pas d'éloges envers sa protégée. Il affirme que la popularité de Marie-Ève Dicaire ne se dément pas.

Il en veut pour preuve le fait qu'elle deviendra la première femme en grande vedette d'un gala de boxe présenté à la télévision à la carte au Canada.

« Nous sommes très heureux de la direction que prend sa carrière. Elle est de plus en plus populaire. Les gens qui ne sont pas des fans de boxe la reconnaissent. Les ventes enregistrées nous donneront une bonne indication de sa capacité à remplir éventuellement un amphithéâtre », indique Michel.

Après avoir vanté ses qualités athlétiques et son charisme, le patron de GYM s'est dit convaincu qu'elle pourra un jour remplir le stade IGA, à Montréal, ou le Centre Vidéotron, à Québec.

Zewski en action

Le Trifluvien Mikael Zewski (32-1-0, 22 K.-O.) sera en action dans la demi-finale contre le Mexicain Abner « Jeager » Lopez (27-0-1, 23 K.-O.).

Trois titres seront à l’enjeu. Zewski défendra sa ceinture WBC internationale des mi-moyens (147 lb), et tentera d’y ajouter celles de l’IBF de l’Amérique du Nord et de la NABO.

S’il y parvient, il se retrouvera classé parmi les 15 meilleurs boxeurs de la planète au sein de trois des quatre grandes organisations professionnelles (WBC, WBO et IBF). De quoi lui permettre d’espérer des rendez-vous plus importants d’ici la fin de 2020.

À 30 ans bien sonnés, Zewski sait que le temps presse et qu’il est probablement à l’apogée de sa condition physique. Il n'est pas étonnant qu’il montre quelques signes d’impatience.

« Je suis un peu anxieux. J’avais hâte de revenir sur le ring, dit-il. Je n’avais aucune attente parce qu’au Casino, ce sont souvent de plus petits combats. Mais avec trois ceintures en jeu, ça représente un grand avancement. Lopez est un boxeur durable qui viendra pour se battre. »

Pour la première fois de sa carrière, Zewski affiche une confiance qui lui fait promettre une victoire par K.-O.

« Je n’aime pas être trop confiant. Ça m’a coûté dans le passé au niveau amateur. Mais là, je pense que ma confiance est juste bien placée. Je sais ce que je suis capable de faire. Je connais mes défauts. Je connais mes forces. Je veux tout mettre ça ensemble pour donner un beau spectacle le 28 juin. »

Zewski s’entraîne depuis toujours en compagnie de son père Jean. Il accueille aussi à présent l’ancien boxeur Sébastien Gauthier dans son entourage. Ce dernier apporte un regard neuf sur la façon de combattre.

Il était déjà dans mon coin lors de mon combat précédent, mais on ne travaillait ensemble que depuis deux semaines. L’effet ne s’était donc pas vraiment fait sentir. Cette fois, depuis le début du camp d’entraînement il y a six semaines, on travaille avec lui. On a une super belle chimie tous les trois ensemble. Je vais travailler un peu plus en combinaisons.

Mikael Zewski

Pour expliquer sa longue période d’inactivité, Zewski, qui ne s’est pas battu depuis le 1er décembre, a parlé des pourparlers qui n’ont pas abouti pour la tenue d’un duel face à l’aspirant no 1 de la WBA, Alexander Besputin.

« Nous avions une offre pour l’affronter le 12 avril à Los Angeles. On a accepté l’offre sans négocier. On a accepté tous les termes. On n’a même pas négocié la bourse… J’étais à l’entraînement deux ou trois semaines plus tard, je me préparais spécifiquement pour affronter ce gars-là. Mais ils ont tout annulé et choisi un autre adversaire. »

La carte du 28 juin prévoit aussi des combats pour Francis Lafrenière (18-7-2, 10 K,-O.), de Coteau-du-Lac, pour le Longueuillois Terry Osias (8-0-0, 4 K.-O.) et pour le Camerounais et Montréalais d'adoption Wilfred Seyi (4-0-0, 2 K.-O.).

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