•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Allégations de harcèlement : une ancienne joueuse des Whitecaps croit au changement

Un homme en uniforme de construction marche devant une vitre dans laquelle il y a le logo des Whitecaps de Vancouver.

Les propriétaires des Whitecaps ont publié une lettre d'excuses au début du mois à la suite d'allégations de harcèlement et d'intimidation visant un ancien entraîneur de l'équipe féminine.

Photo : Ben Nelms/CBC

La Presse canadienne

Quelques mois après avoir dénoncé des actes de harcèlement et d'intimidation qu'aurait commis un ancien entraîneur des Whitecaps de Vancouver, une ex-joueuse estime que le changement peut s'opérer.

Ciara McCormack et trois de ses anciennes coéquipières ont participé à une rencontre de quatre heures avec les propriétaires des Whitecaps Greg Kerfoot et Jeff Mallett, la semaine dernière, pour discuter de ces allégations et des mesures que le club peut prendre.

Intense, la rencontre s’est cependant déroulée dans le respect, souligne McCormack.

« Ça nous a fait du bien de sentir qu’on nous écoutait, reconnaît-elle. Je crois que nous avons tous pour objectif de faire progresser les choses de manière à ce que ça ne se reproduise plus et d’offrir aux joueuses un milieu sécuritaire à l’avenir. »

En février, McCormack a publié un blogue dans lequel elle décrivait des comportements inappropriés qu’aurait eus Bob Birarda lorsqu’il était entraîneur-chef de l’équipe féminine des Whitecaps et de la formation canadienne féminine U-20 en 2007 et 2008.

Elle y écrivait également que ni Canada Soccer ni les Whitecaps ne s’étaient penchés sur ces allégations adéquatement.

Plus d’une dizaine d’autres anciennes joueuses ont ensuite affirmé avoir vu ou subi des actes d’abus, de harcèlement ou d’intimidation de la part de Birarda.

L’instructeur aurait caressé la cuisse d’une joueuse, envoyé des messages texte à caractère sexuel, formulé des commentaires indécents au sujet du chandail trempé d’une joueuse et ignoré une joueuse lors d’entraînements, de matchs et de rencontres d’équipe après qu’elle eut cessé de répondre à ses messages.

Birarda n’a pas répondu à une demande de commentaire. Les allégations n’ont pas été prouvées devant un tribunal. Les Whitecaps et Canada Soccer l’ont congédié en octobre 2008.

Ces allégations ont provoqué la colère des amateurs de soccer à Vancouver. Deux groupes de supporteurs des Whitecaps ont quitté simultanément le stade lors de quatre matchs de suite à domicile pour dénoncer la réaction du club, qu’ils jugent trop passif face aux allégations.

Ces manifestations de soutien ont aussi fait sentir à McCormack et aux autres joueuses qu’on les écoutait.

« Nous n’en serions pas là sans l’influence qu’exerce le public, indique-t-elle. Les émotions sont encore vives quand je pense à tout ce que les gens ont fait. Je crois sincèrement que c’est grâce à leurs actions que nous avons pu être entendues. »

Les Whitecaps ont présenté leurs excuses aux anciennes joueuses au début du mois.

Le club, qui a également indiqué qu’il enquêtera sur les mesures prises en 2008, a annoncé lundi avoir confié ce mandat au Sport Law & Strategy Group.

« L’objectif premier de notre club est de soutenir les athlètes et de leur offrir un milieu sécuritaire où s’entraîner, apprendre, jouer et dépasser leurs limites, déclare Mallett par communiqué. La sécurité des athlètes est au cœur de ce que nous faisons. Ce mandat crucial confié au Sport Law & Strategy Group nous permet de recueillir des connaissances d’experts chevronnés, de nous familiariser avec des méthodes efficaces et d'obtenir des résultats concrets pour que nous soyons reconnus comme un leader dans le sport sûr au Canada. »

Les résultats de l’enquête devraient être connus d’ici la fin août. Les Whitecaps affirment que les recommandations formulées seront rendues publiques, tout comme les mesures que le club entend prendre.

McCormack voit d’un bon augure la démarche du club, et elle souhaite voir Canada Soccer emboîter le pas.

« Je pense que les Whitecaps montent l’exemple, dans la mesure où ils assument leurs responsabilités et agissent, soutient-elle. Espérons que l’Association canadienne fera de même. »

Ce dossier a braqué les projecteurs sur les enjeux d’abus et de harcèlement envers les athlètes à Vancouver et dans tout le milieu du sport canadien, selon McCormack.

Elle dit avoir entendu, au cours des derniers mois, toutes sortes d’histoires d’athlètes. Elle espère changer les choses pour de bon.

« Je crois qu’il ne sera plus possible d’étouffer une affaire comme avant, assure-t-elle. Je crois que les gens sentent de plus en plus que les organisations ne prendront pas les choses en mains pour eux, mais aussi qu’une personne a le pouvoir de s’en occuper elle-même. »

Soccer

Sports