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Guillaume Boivin, un Tour d'Italie dans la douleur

Il crie en course au Giro 2018.

Le cycliste Guillaume Boivin, membre de l'Israel Cycling Academy

Photo : Noa Arnon / Israel Cycling Academy

Jean-François Chabot
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Blessé à une cheville lors d'une chute massive dès la deuxième étape, c'est dans la douleur que le Québécois Guillaume Boivin poursuit le Tour d'Italie.

À moins d’une semaine de l’arrivée, le coureur de l'Israel Cycling Academy occupe le 134e rang au classement général, à un peu plus de 3 h 5 min du meneur et détenteur du maillot rose, l'Équatorien Richard Carapaz (Movistar).

Aux dires mêmes de Boivin, sa cheville prend lentement du mieux, grâce essentiellement au travail de l’ostéopathe et du massothérapeute de l’équipe, sans qui le cycliste de 29 ans serait déjà rentré à la maison.

Quand il raconte sa blessure, on se demande où il a trouvé la force et la motivation de continuer.

« Il y a eu une chute devant moi. Je n’ai pas eu le temps de freiner pour l’éviter. Je suis passé par-dessus le guidon. J’ai atterri dans le fossé. Ma jambe a cogné. Mon soulier en carbone a fendu en deux. Ça a vraiment cogné fort. La cheville était en partie disloquée. Ç’a été remis en place au moment des examens, mais les ligaments ont été endommagés. »

— Une citation de  Guillaume Boivin

Deux semaines après l’incident, il compose encore avec la douleur. Les moyens pour la combattre restent limités en raison des contraintes antidopage.

« Ça se limite pas mal à prendre des comprimés Tylenol et Advil, explique-t-il. Avec les règles antidopage, il n’y a pas grand-chose d’autre que l’on peut faire. C’est correct aussi, parce que si la douleur ou la blessure est assez grande pour que l’on ait besoin de prendre des choses plus fortes ou interdites, ça veut dire que l’on devrait être à la maison à se reposer. »

Aider l’équipe

Guillaume Boivin se décrit comme un individu déterminé qui n’abandonne jamais.

« Ça me fait mal en marchant, mais au moins sur le vélo, c’est tolérable. Je vais terminer ce Tour d’Italie, mais dès le lundi 3 juin, j’ai un rendez-vous pour un examen par résonnance magnétique pour être certain qu’il n’y a rien de trop grave. »

En attendant, il essaie de ne pas trop penser à cette douleur qui reste omniprésente.

« J’essaie de mettre la switch à off et de juste continuer mon chemin. Ce n’est pas dans ma nature d’abandonner. Je suis venu ici pour aller jusqu’au bout et faire mon travail. Ça va prendre quelque chose de grave pour que je n’y arrive pas. »

S'il persiste, c’est parce qu’il considère le fait de participer à un grand tour comme le Giro comme un privilège.

« Avec le recul, c’est une chance extraordinaire de pouvoir y participer. Il y a bien du monde qui paierait cher pour être à notre place. C’est une chose dont je suis vraiment fier. Dès le lendemain de ma chute, j’ai été capable d’aider mon sprinteur [l’Italien Davide Cimolai, NDLR] pour aller chercher de bons résultats. Je pense qu’il a obtenu six tops 10 depuis le début du Tour. J’ai été là, la plupart du temps, pour bien l’appuyer dans le final. »

— Une citation de  Guillaume Boivin

Avec ce qui reste à parcourir en montagne d’ici l’arrivée, dimanche, à Vérone, Guillaume Boivin puise sa motivation dans la 18e étape (jeudi), la dernière qui peut encore favoriser les marchands de vitesse.

En véritable guerrier, il s’occupera de ses bobos une fois qu’il aura croisé le fil dans la ville de Roméo et Juliette.

« On va déjà voir ce que l’IRM va dire, pour s’assurer qu’il n’y a pas d’autre blessure qu’une entorse. Je devrais rester en Europe pour courir jusqu’aux Championnats canadiens à la fin juin [du 28 juin au 1er juillet, NDLR], en Beauce », a-t-il précisé.

« Je devrais ensuite avoir quelques semaines de vacances méritées à Montréal et au chalet à Bromont. J’ai bien hâte, mais il me reste un mois de belles courses avant de rentrer à la maison », a conclu Boivin.

L’objectif du World Tour

Israel Cycling Academy, équipe au sein de laquelle Boivin court, ne cache pas ses ambitions de se joindre au World Tour.

Quand on lui demande s’il a l’impression que l’équipe va dans la bonne direction, Boivin reste prudent dans son évaluation.

« Je ne suis pas dans les meetings avec les dirigeants, mais je sais que c’est un objectif pour les prochaines années, dit-il. J’ai entendu les dirigeants en parler. Je ne sais pas quand ça va arriver. Mais de notre côté [les cyclistes, NDLR ], notre travail est d’accumuler le plus de points possible pour y accéder. »

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