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Le Mexicain Enrique Yenny à l'école des botteurs au camp des Alouettes

Il est tout sourire sur le terrain.
Enrique Yenny savoure son premier camp avec les Alouettes de Montréal. Photo: Radio-Canada / Jean-François Vachon
Jean-François Chabot

La main tendue par la Ligue canadienne (LCF) à l'endroit du talent mexicain a ouvert la porte à 27 joueurs. Parmi eux, le botteur Enrique Yenny, qui participe au camp des Alouettes de Montréal.

Premier de trois joueurs mexicains sélectionnés par le directeur général Kavis Reed, le jeune homme de 25 ans pose son pied en sol canadien pour la première fois.

Il a encore frais en mémoire le moment où son nom a été prononcé à la séance de repêchage, à Mexico, le 14 janvier dernier.

« Ma famille, ma fiancée, mes sœurs et moi, nous avons pleuré. J’étais juste en état de choc. J’avais peine à y croire. Je travaillais pour ça depuis longtemps et ça arrivait enfin », dit Yenny en remerciant le ciel.

Il s’est aussi fait le porte-parole de tous ses compatriotes qui profitent de cette ouverture de la LCF.

Ça représente tellement. On nous donne la chance de jouer dans les rangs professionnels. Je suis très heureux d'être ici. Ça nous offre la chance de montrer de quoi nous sommes capables. Au Mexique, c’est une grande motivation pour s’améliorer et peut-être accéder à une des grandes ligues dans le monde.

Enrique Yenny

Venu pour apprendre

Au-delà des différences évidentes touchant la langue, la météo et le décor, l’adaptation au football professionnel d’ici constitue son principal défi.

« Le niveau est très relevé. Il y a tellement de bons joueurs. C’est tellement plus grand que je l’imaginais. Je savais qu’il y avait de bons joueurs ici, mais quand vous les voyez en action de près, vous réalisez que, wow, ils sont dans une classe à part », dit celui qui jouait jusqu’à tout récemment avec l’équipe de l’Institut de technologie supérieure de Monterrey.

Sur le terrain, les ajustements sont multiples, à commencer par le ballon. Au Mexique, on joue au football avec des ballons de la NFL. Celui utilisé dans la LCF est plus gros et arrondi.

Je ne crois pas que le ballon puisse constituer une excuse. Si vous êtes bon quelque part, vous devez l’être n’importe où. Oui, c’est différent. Mais si vous voulez avoir du succès, vous devez vous ajuster. Pour ma part, c’est l’angle du ballon sur le tee qui demande une attention nouvelle.

Enrique Yenny

Sur son compte Twitter, Yenny a publié des vidéos où on le voit réaliser un botté de précision de 59 verges [record mexicain, NDLR] et un botté de dégagement de 85 verges.

Il a réalisé ces solides coups de pied en altitude dans les stades du Mexique, mais il n'en est pas moins fier.

« Je sais de quoi je suis capable. Je crois que les bons botteurs peuvent réussir ce genre de choses sur une base constante », insiste-t-il.

Enrique Yenny (00) en conversation avec Boris Bédé (14)Enrique Yenny (00) en conversation avec Boris Bédé (14) Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

Sous l’aile de Bédé

Enrique Yenny, qui endosse le chandail 00, se considère chanceux de bénéficier des conseils du botteur attitré de l'équipe, Boris Bédé.

« J’apprends beaucoup. Il est l’un des meilleurs botteurs de la ligue, dit-il. C’est la première fois que j’ai l’occasion de travailler côte à côte avec un très bon professionnel. Et je veux prendre tous les enseignements possibles venant de lui. »

De son côté, Bédé vient d’entamer son cinquième camp à Montréal. Même s’il ne se voit pas encore comme un mentor, l’ancien du Rouge et Or de l’Université Laval voit en Yenny de belles qualités humaines et sportives.

« C’est une très bonne personne. On s’amuse bien. C’est une grosse expérience et une belle aventure pour lui. En tant qu’athlète, il a une très bonne jambe. On a quelques détails à corriger, mais c’est un très bon botteur et on lui souhaite le meilleur pour la suite », indique Bédé.

La compétition avant tout

Par contre, quand on évoque la possibilité de partager les responsabilités de botteur [bottés d’envoi, de précision et de dégagement, NDLR], Bédé sourit, mais n’est de toute évidence pas chaud à l’idée.

« Cette question ne relève pas de moi, mais non, lance-t-il. C’est sûr que je prends plaisir à faire les trois. Donc, je vais continuer la compétition pour m’assurer de faire le poste avec les trois positions. »

Du point de vue de l’entraîneur-chef Mike Sherman, Yenny est encore à l’école des botteurs.

Je l’ai observé. Il a certainement du talent. La principale question en ce qui le concerne sera de le voir botter en présence d’une foule bruyante, dans un match. Dans ces conditions, vous n’avez qu’une seule chance de réussir. Mais il travaille fort et il le fait très bien.

Mike Sherman

Quand on lui a demandé quelle était la principale force de Yenny entre les bottés de placement ou les dégagements, Sherman s’est montré prudent.

« Il est trop tôt pour le dire. Il a fait de bonnes choses dans les deux situations, mais il a aussi commis des erreurs. Je pense qu’il est meilleur du côté de la précision. Mais il faudra attendre et en voir plus. »

Outre Bédé, Yenny lutte aussi pour se tailler une place avec l’Américain Nick Dorka et Dominic Lévesque, un autre ancien du Rouge et Or.

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