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Samuel Girard, champion de courte piste retraité à 22 ans

Samuel Girard médaille

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le champion olympique du 1000 m tire sa révérence. Le patineur de vitesse canadien Samuel Girard a annoncé sa retraite de la compétition, vendredi, à 22 ans, quelque 15 mois après son unique mais fructueux épisode sur la courte piste olympique.

Sa conjointe et coéquipière Kasandra Bradette prend elle aussi sa retraite. La Québécoise de 29 ans était de l'équipe canadienne de relais disqualifiée en finale des Jeux olympiques de Pyeongchang. Elle a décroché le bronze au 1000 m aux Championnats du monde en 2016, et deux autres médailles en relais (l'argent en 2016, le bronze en 2018) lors de cette compétition phare.

« Ça fait 18 ans qu’on est dans ce sport, a fait valoir Girard en conférence de presse, à Saguenay. Ça a été une longue réflexion pour en arriver à cette conclusion-là. »

« Nous nous sommes rendu compte que nous avions le sentiment du devoir accompli dans notre sport, que nous étions super fiers de ce que nous avons pu faire », a aussitôt précisé Bradette.

Samuel Girard, un athlète de Ferland-et-Boilleau, a quitté Pyeongchang avec deux médailles autour du cou. Il est d’abord devenu le premier Canadien à gagner l’or olympique au 1000 m, le 17 février 2018. Cinq jours plus tard, il a remporté le bronze au relais 5000 m avec Charle Cournoyer, Pascal Dion et son ami Charles Hamelin, celui qui, à la base, lui a servi de modèle.

Girard a expliqué qu'il quittait son sport au sommet parce que sa carrière d'athlète ne le rendait pas parfaitement heureux.

Souvent, quand on voit la façade, c’est beau le sport, c’est incroyable et c’est vrai que c’est incroyable, mais il y a toujours de mauvais côtés à ça. Mes valeurs familiales, la nature pour moi, il faut que ce soit présent. J’ai plein d’autres passions dans la vie autres que le patin.

Samuel Girard

« Je n’ai jamais voulu être la superstar du patinage de vitesse, a-t-il ajouté. Je le faisais pour moi, pour mes valeurs et mes buts personnels. J’étais prêt à passer à autre chose plus que de dire “je vais rester parce que je le sais que j’ai un potentiel pour gagner d’autres médailles”. »

Parmi ses autres passions, il cite le métier de charpentier-menuisier qu'il dit avoir découvert avec son beau-père. Il compte d'ailleurs amorcer ses études au cours du prochain hiver et participer activement à la construction de la maison du couple, à Ferland-et-Boilleau.

C’est un gros morceau qui va manquer à l’équipe parce que Sam, sans aucun doute, est le meilleur patineur depuis Pyeongchang. C’est lui qui emmenait l’équipe à un plus haut niveau. Donc, de ne plus avoir ce gars-là avec nous chaque jour pour nous pousser, ça va être une grosse perte.

Charles Hamelin
Samuel Girard réalise qu'il vient de remporter la médaille d'or au 1000 m des Jeux olympiques de Pyeongchang, devant l'Américain John-Henry Krueger.

Samuel Girard réalise qu'il vient de remporter la médaille d'or au 1000 m des Jeux olympiques de Pyeongchang, devant l'Américain John-Henry Krueger.

Photo : Getty Images / Jamie Squire

Pour ses coéquipiers et pour Éric Bédard, entraîneur de l'équipe masculine du Canada, la décision de Girard n'est pas une surprise, puisque le jeune athlète y pensait depuis un an.

« C’est sûr que c’est difficile au début, mais il faut accepter la décision de Samuel, dit Bédard. Je l’ai accompagné là-dedans. Je n’ai pas prêché pour ma paroisse. Je suis allé avec lui : “Qu’est-ce que tu en penses? Qu’est-ce que tu veux?” Nous avons des préparateurs mentaux avec nous, une belle équipe de soutien. On a rencontré Samuel, et c’est une décision qui a été réfléchie, alors je suis très fier et content qu’il ait été capable de prendre la décision aussi tôt dans la saison. »

Les Jeux de Pyeongchang auront été pour Samuel Girard le point culminant d’une aventure qu’il a amorcée à l’âge de 4 ans, au Saguenay, et qui a pris un tournant décisif lors des mondiaux de 2016, à Séoul, en Corée du Sud.

Déjà vice-champion du monde junior au 500 m en 2014, Girard a gagné deux fois l’argent dans la capitale sud-coréenne, à ses deuxièmes mondiaux seniors. Il a terminé 2e au 1000 m derrière son modèle, Charles Hamelin, de même qu’au relais 5000 m.

Sa carrière en Coupe du monde, commencée en 2014, l'a mené sur le podium à 22 reprises. Il a remporté neuf épreuves sur le circuit, dont ses premières devant une foule partisane à Toronto, en novembre 2015.

Nommé athlète canadien de l’année en courte piste à deux reprises depuis 2017, Girard aura disputé sa dernière compétition de grande envergure à Sofia, en Bulgarie, pour les Championnats du monde de 2019. Il y a reçu l’argent au 1500 m, sa sixième et dernière médaille aux mondiaux.

« C’est un peu un artiste »

« Samuel se situe parmi les grands, il avait un talent exceptionnel, estime Charles Hamelin. C’est quelqu’un qui a fait ça en fast forward. Il a accompli son rêve de gagner une médaille d’or olympique. »

« C’est une personne qui était capable, sur la glace, de créer ses opportunités, explique Bédard. C’est un peu un artiste. Techniquement, il était fort et puissant, mais je pense que c’est sa créativité sur la glace qui l’a amené à un autre niveau. »

Samuel Girard et Charles Hamelin

Samuel Girard et Charles Hamelin

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Cette retraite survient beaucoup trop tôt aux yeux de Bédard, parce qu'il croit que Girard n'avait pas encore atteint son apogée. Et selon lui, il ne serait pas étonnant que le Saguenéen revienne plus tard à la compétition.

Tout se peut. On faisait des blagues, en disant que Mario Lemieux est revenu, des grands de ce monde sont revenus dans plusieurs sports. La beauté de la chose, c’est qu’il a 22 ans. Oui, il a besoin de se ressourcer, de retourner à la maison. Mais il pourrait revenir dans un avenir rapproché, en considérant son âge et ses qualités athlétiques. On parle du champion olympique il y a un an et d’un gars qui a gagné aux Championnats du monde une médaille au 1500 m. Il est un top 5 mondial dans toutes les distances.

Éric Bédard, entraîneur de l'équipe masculine du Canada

En attendant, c'est dans son village natal que Girard bâtira sa nouvelle vie, loin des anneaux et de la compétition. Mais avec sa tendre moitié, il compte bien redonner à son sport. Les tourtereaux veulent sillonner les clubs de patinage de vitesse à travers la province pour rencontrer les jeunes et leur faire part de leurs expériences.

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