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chronique

Bruins et Blues n’ont pas été bâtis grâce au repêchage

Gros plan de Zdeno Chara, de face, et de Torey Krug, de dos, les deux dans l'uniforme des Bruins de Boston
Zdeno Chara et Torey Krug se sont joints aux Bruins à titre de joueurs autonomes. Photo: Getty Images / Maddie Meyer
Guy D'Aoust

BILLET - « C'est par le repêchage qu'on bâtit une équipe championne. » Ce credo, largement partagé, est démenti cette année par la présence en finale de la Coupe Stanley de deux équipes qui ne doivent même pas la moitié de leurs effectifs au repêchage.

Surpris? J’avoue que je l’étais un peu moi-même. On aime croire aux adages, aux maximes, aux certitudes.

Les Bruins

Les Bruins de Boston misent sur un trio d’exception en attaque. Ils le doivent entièrement à leur système de repêchage. Ils ont mis 11 ans à réunir Patrice Bergeron (2003), Brad Marchand (2006) et David Pastrnak (2014). Mais seulement neuf joueurs de leur formation actuelle ont été repêchés par l'équipe. Krejci, DeBrusk, McAvoy et Carlo jouent un rôle essentiel. Matt Grzelcyk et Danton Heinen sont plus discrets.

L’autonomie

Huit de leurs joueurs ont été acquis sur le marché de l’autonomie.

Plusieurs directeurs généraux préfèrent ne pas trop miser sur les joueurs autonomes. À Montréal, Marc Bergevin est du nombre.

Mais huit joueurs! C’est énorme. Zdeno Chara, Torey Krug, David Backes et Jaroslav Halak sont les plus notoires.

On a regardé les Bruins de travers quand ils ont accordé près de 3 millions de dollars en salaire annuel à un gardien substitut (Halak). Quelle drôle d’idée! Mais Halak a permis à Tuukka Rask d’arriver dans les séries reposé. Comme le recours massif à l’autonomie, c’était une autre décision « contre nature ».

Jaroslav Halak de profil, devant son filetJaroslav Halak, gardien réserviste des Bruins Photo : Getty Images / Joel Auerbach

Ajoutez Joakim Nordstrom, Noel Acciari, Connor Clifton et John Moore aux achats.

Quatre échanges

Quatre joueurs ont été obtenus dans des échanges : Tuukka Rask, Sean Kuraly, Marcus Johansson et Charlie Coyle.

Et tenez-vous bien! Pour construire cette équipe, les Bruins ont cédé 16 choix au repêchage depuis 5 ans.

Les Blues

Des 20 joueurs qui ont éliminé les Sharks de San José, mardi soir, 10 sont issus du repêchage. Pietrangelo, Schwartz, Parayko et Tarasenko sont les plus notoires. Les deux gardiens ont aussi été repêchés. Binnington a surpris tout le monde. Allen ne joue plus.

Samuel Blais, Robert Thomas, Ivan Barbashev et Joel Edmundson complètent plus modestement la récolte.

Alex Pietrangelo (no 27) Alex Pietrangelo (no 27) Photo : La Presse canadienne / Josie Lepe

Les échanges

Du côté des Blues, les échanges ont joué un rôle plus important que le recours au marché des joueurs autonomes. Ryan O’Reilly, Brayden Schenn, Jay Bouwmeester, Alexander Steen, Carl Gunnarsson, Robert Bortuzzo et Oskar Sundqvist ont exigé des sacrifices.

Depuis cinq ans, les Blues ont cédé 13 choix au repêchage dans des échanges, 4 d’entre eux étaient des choix de premier tour. Ils ont payé le prix.

Gros plan de Ryan O'Reilly, accroupiRyan O'Reilly Photo : Getty Images / Christian Petersen

Trois joueurs autonomes complètent les effectifs : Pat Maroon, Tyler Bozak et David Perron. On dira que Perron a été repêché par les Blues. Mais c’est son troisième séjour avec l’équipe. Sa présence n’a plus rien à voir avec l’encan amateur.

Un mythe?

En conclusion, est-ce que la nécessaire construction d’une équipe championne par l'entremise du repêchage est un mythe? Pas totalement. Mais on constate que ce n’est qu’un élément.

Il faut un apport important de joueurs issus d’autres organisations. Et outre cet apport, les Bruins et les Blues partagent un autre point commun significatif : ils ont osé. Ils ont joué d’audace. Ils ont accepté de céder des choix au repêchage, un total de 29 en cinq ans pour les deux formations.

Révisons nos certitudes.

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