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chronique

49 ans plus tard, la coupe reviendra encore aux Bruins

Les joueurs se félicitent près de leur gardien.
Les Bruins de Boston célèbrent une victoire. Photo: Getty Images / Adam Glanzman
Martin Leclerc

BILLET - La participation des Blues de Saint Louis à la finale de la Coupe Stanley nous rappelle à quel point l'histoire de la LNH a été marquée par des décisions étranges.

Depuis que les Blues ont éliminé les Sharks de San José en finale de l’Ouest mardi soir, tous les bulletins sportifs rappellent que l’équipe de Saint Louis vient de mettre fin à une interminable disette, sa dernière participation à la finale remontant à 1970.

Or, disons les choses comme elles sont : les dés étaient pipés après l’expansion de 1967. Et les Blues, qui ont participé à la finale de la Coupe Stanley à leurs trois premières années d’existence, ont réussi cet incroyable exploit parce que le format des séries éliminatoires avait été tronqué.

En accueillant six nouvelles équipes (Saint Louis, Pittsburgh, Minnesota, Oakland, Philadelphie et Los Angeles) dans leur cénacle en 1967, les propriétaires de la LNH avaient eu la brillante idée de les regrouper au sein de la nouvelle Division ouest. Une équipe d’expansion était ainsi assurée de se rendre en finale puisque le format des séries prévoyait un affrontement entre les champions de l’Est (les six équipes originales) et les champions de l’Ouest.

Résultat : à leurs trois présences en finale, les Blues ne sont même pas parvenus à remporter un match et se sont fait dominer par un pointage cumulatif de 43 à 17 par le Canadien (en 1968 et 1969) et par les Bruins (en 1970).

En 1970, le troisième balayage de suite subi par les Blues a été la goutte qui a mis le feu aux poudres (pour reprendre un amusant faux perronisme). Ces finales à sens unique ont convaincu les dirigeants de la LNH d’apporter des changements au format des séries et de transférer les Blackhawks de Chicago dans la Division ouest.

Tout ça pour dire que, même si les Blues en sont à leur quatrième participation à la finale de la Coupe Stanley, ils y accèdent pour la première fois en tant que véritables et légitimes aspirants.

***

L’histoire des Blues de 2018-2019 est par ailleurs fascinante parce qu’ils reviennent de très loin.

Le 2 janvier, ils étaient pour ainsi dire cliniquement morts (ils occupaient le dernier rang du classement général de la LNH) lorsqu’ils ont amorcé une irrésistible remontée. Meilleure équipe de la LNH depuis le début de l’année 2019, ils ont finalement bouclé le calendrier avec 99 points, à un tout petit point des champions de la Division centrale, les Predators de Nashville.

Pour les Blues, qui ont accueilli leur nouvel entraîneur Craig Berube en novembre, les astres se sont miraculeusement (et parfaitement) alignés en l’espace de 24 heures, les 6 et 7 janvier.

Le soir du 6 janvier, à l’invitation d’un ami de l’équipe, un groupe de joueurs des Blues s’est rendu dans un club privé du quartier sud de Philadelphie (un vrai quartier de cols bleus) pour manger d’authentiques cheesesteaks tout en regardant un match des Eagles en compagnie de vrais partisans locaux.

Cette expérience culturelle a toutefois pris une tournure inattendue quand le DJ dudit club s’est mis à systématiquement faire tourner la chanson Gloria (un vieux succès de Laura Branigan datant des années 1980) à chaque pause publicitaire.

Amusés, les joueurs des Blues ont décidé que cette chanson entraînante allait devenir leur hymne après chaque victoire. Et le lendemain, sorti de nulle part, le gardien recrue Jordan Binnington, 25 ans, obtenait son premier départ dans la LNH et signait un jeu blanc face aux Flyers.

Appuyons sur le bouton « avance rapide » : le 21 mai, Binnington empochait sa 12e victoire des séries et les partisans des Blues, au son de Gloria, célébraient la qualification de leurs favoris pour l’ultime tour éliminatoire.

Le gardien des Blues Jordan Binnington félicité par ses coéquipiersLe gardien des Blues Jordan Binnington félicité par ses coéquipiers Photo : Getty Images / Elsa

***

On aura donc droit à une reprise de la finale de 1970.

Malheureusement, les Blues réaliseront probablement que la magie de Laura Branigan et de Jordan Binnington a ses limites.

Comme c’était le cas il y a 49 ans, les Bruins se présenteront en finale armés jusqu’aux dents.

  • Leur gardien Tuukka Rask a jusqu’à présent maintenu un taux d’efficacité de ,942. Depuis le début des années 2000, seuls trois gardiens (Jean-Sébastien Giguère, Tim Thomas et Jonathan Quick) ont maintenu ce genre de standards. Les trois ont remporté le trophée Conn-Smythe. Jordan Binnington (,914) a offert aux Blues un rendement constant, sans plus.
  • Depuis le début des séries, l’avantage numérique des Bruins a produit à un rythme de 34 %. Dans l’histoire des séries de la LNH (minimum de 16 matchs disputés), seuls les Islanders de New York de la saison 1980-1981 ont réussi à faire mieux avec un taux de succès de 37,8 %. Les insulaires avaient remporté le saladier de lord Stanley cette année-là.
  • Les deux équipes se ressemblent sur le plan de la profondeur. Jusqu’à présent, 18 joueurs des Bruins ont fait bouger les cordages dans les séries. Idem du côté des Blues. Le premier trio des Bruins (Marchand-Bergeron-Pastrnak) a par ailleurs inscrit 38,5 % des buts des Bostoniens. La première unité d’attaque des Blues (Schwartz-Schenn-Tarasenko) présente un rendement identique. Toutefois, la source des Blues menace de tarir à tout moment. Auteur de 12 buts en séries, Schwartz a déjà surpassé son total de toute la saison et Schenn n’a marqué que deux fois depuis le début du tournoi printanier. La défense des Bruins, par ailleurs, est la plus performante de la ligue depuis le début des séries.
  • Les Bruins bénéficieront d’un repos de 11 jours. Ils en seront par ailleurs à leur troisième finale en neuf ans. Le repos et l’expérience (l’un des facteurs déterminants en finale) penchent aussi en faveur de Boston.

Les Bruins figurent parmi les favoris pour remporter la Coupe Stanley depuis le premier jour du calendrier. Et jusqu’à présent, ils n’ont jamais cessé de répondre aux attentes. Pour toutes ces raisons, ils l’emporteront en six matchs.

Il étend la jambe gauche.Tuukka Rask fait un arrêt. Photo : Getty Images / Adam Glanzman

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