•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Avec Niki Lauda, « la F1 perd un seigneur », dit Alain Prost

Prost prend le visage de son ami entre ses mains.

Alain Prost (à gauche) et Niki Lauda fraternisent au Grand Prix d'Autriche en 2015.

Photo : Getty Images / Mark Thompson

Agence France-Presse

Avec le triple champion du monde autrichien Niki Lauda, mort lundi à 70 ans, « le monde de la F1 perd un personnage, mais surtout un seigneur », estime son ancien coéquipier et adversaire français Alain Prost, interrogé par l'Agence France-Presse mardi.

« Il y a des champions, des gens avec des palmarès, mais là on perd un seigneur qui ne s'est jamais plaint de quoi que ce soit dans sa vie, de sa condition, de son accident [Lauda était miraculeusement sorti vivant, gravement brûlé, d'un accident le 1er août 1976 sur le circuit du Nürburgring, en Allemagne, NDLR] et qui a toujours avancé », a dit Prost, totalement bouleversé, ému et très triste après un choc incroyable.

Ce sont des sentiments beaucoup plus forts que j'aurais pu imaginer. C'est à peu près 40 ans de ma vie, quelqu'un qui représente beaucoup pour moi.

Alain Prost

« C'est l'idole de ma jeunesse quand j'ai commencé en karting », pendant les années Ferrari, entre 1974 et 1977, quand Lauda a remporté ses deux premiers titres mondiaux (1975 et 1977), explique le quadruple champion du monde.

Après, « il y a eu la période d'équipiers qui a été la plus faste et la plus géniale que j'ai jamais connue, car il y a ce mélange de succès avec McLaren. Lui gagne le championnat en 1984, moi en 1985. Mais surtout cette relation d'amitié très forte qui s'est créée à ce moment-là ».

Ils sont sur le podium à l'issue du GP du Portugal le 21 octobre 1984.

Niki Lauda lève le bras en compagnie du pilote automobile français Alain Prost.

Photo : AFP/Getty Images / GABRIEL DUVAL

Du titre gagné en 1984 par l'Autrichien avec un seul demi-point d'avance, le plus petit écart de l'histoire de la F1, « je suis aussi content pour lui qu'il l'ait gagné que si je l'avais gagné moi », se souvient le Français.

Prost décrit un personnage « extrêmement intelligent », aux réponses « droites, correctes et honnêtes », ce qui n'est pas monnaie courante dans le monde « impitoyable » de la formule 1, mais aussi prompt à s'amuser, contrairement à l'image qu'il pouvait avoir.

Niki était surnommé l'ordinateur. Cette image lui a collé à la peau, alors que c'était loin d'être un ordinateur. C'est quelqu'un qui savait différencier le travail et le privé, qui savait vraiment décompresser et qui m'a appris beaucoup par rapport à ça.

Alain Prost

« Après les GP, j'étais dégoûté quand j'avais un incident mécanique ou un truc comme ça. Et, un soir, il m'a emmené dans une boîte de nuit et on a commencé à boire un ou deux whiskys-coca, ce qui n'était jamais arrivé dans ma vie », se remémore le Français.

« On a énormément rigolé et il m'a dit : "Tu vois, ça sert à oublier ce qui s'est passé. Et, à partir de demain, tu ne penses plus jamais à ce qui est derrière." C'était sa philosophie : il y a le travail, il y a l'amusement. Depuis cette période, j'ai toujours des cases dans ma vie et je ne mélange pas les choses. Ça, c'est Niki qui me l'a donné. »

Passés après leurs carrières de pilote par différentes fonctions, parfois rivales, dans les paddocks (commentateurs, directeurs d'écurie, conseillers, actionnaires...), « on a toujours été en relation et ce qui est très, très fort c'est que cette amitié n'a jamais cessé », ajoute Prost.

« Je ne tournais pas les talons en me disant : "Qu'est ce qu'il m'a raconté? C'était au deuxième degré? Qu'est-ce qu'il veut dire?" Non, Niki, c'était Niki. »

Ils se regardent et sourient.

Niki Lauda (à gauche), en compagnie d'Alain Prost, dans les paddocks du GP de Monaco en 2013

Photo : AFP/Getty Images / BORIS HORVAT

Formule 1

Sports