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Babette Roy a retrouvé le goût de l’escalade après avoir frappé son mur

Babette Roy en action

Photo : Escalade Canada

Alexandre Gascon

Babette Roy, double championne canadienne d'escalade, a connu une première année faste sur le circuit international, mais qui ne s'est pas déroulée sans heurts.

Au Canada, la jeune grimpeuse de 17 ans représente l’un des plus beaux espoirs de ce sport ajouté au programme olympique il y a trois ans et qui y fera son apparition aux Jeux de Tokyo en 2020.

Roy a remporté l’épreuve de vitesse dans la catégorie ouverte en 2018 et a doublé la mise, lundi, aux Championnats canadiens à Montréal.

Ses titres nationaux lui ont ouvert les portes du circuit international l’an dernier. Que ce soit au mur d’escalade, communément appelé le bloc, ou dans les épreuves de difficultés ou de vitesse, Roy a donné de la tête un peu partout et en a payé le prix.

Il a fallu que je prenne une pause de compétitions à cause d’un burnout.

Babette Roy

L’été dernier, elle s’est promenée du Colorado à l’Italie en passant par l’Autriche pour les Championnats du monde, tout en participant aux trois épreuves.

Cela a été une très grosse adaptation pour une adolescente qui s’entraînait jusqu’alors dans son club montréalais Allez Up.

« Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris de pause. C’était la première année où je faisais autant de compétitions, surtout à l’international. Ça a été beaucoup de choses vite. Physiquement, j’étais prête, mais le mental n’avait pas suivi. Je suis quelqu’un qui se met beaucoup de pression, qui se fâche beaucoup. Je fais beaucoup d’efforts physiques, je vais toujours en faire plus que pas assez. Ç’a été gros. »

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Beaucoup de pression en effet. Radio-Canada Sports était en discussion avec son entraîneur, Philippe Bourdon, pendant que Babette Roy s’élançait dans sa première finale de la journée chez les juvéniles A [15-16 ans, NDLR].

Après un départ explosif, son pied a glissé et, avec lui, ses chances de médaille d’or.

« Je vais avoir un peu de gestion des dégâts à faire », a immédiatement lancé Bourdon.

De retour sur le plancher des vaches, Roy a foncé vers son entraîneur et a éclaté en sanglots. La grimpeuse avait pourtant l’occasion de se reprendre quelques heures plus tard dans la catégorie ouverte, plus prestigieuse. Ce qu’elle a fait. Mais, l’espace d’un instant, sa 2e place équivalait à la fin du monde.

Un exemple probant de cette pression qu'elle dit s'imposer.

« Vu que j’ai beaucoup performé, et vite, l’an passé, tout d’un coup, c’était un devoir pour moi de performer. Je sentais beaucoup le regard des autres. Et même mon propre regard. J’ai fini par perdre le plaisir de la compétition, même si fondamentalement j’aime ça. L’escalade était devenue une job », ajoute-t-elle.

Roy a donc pris une pause. Son corps l’y a aussi contrainte. Blessée au doigt cet hiver, l’athlète a repris la compétition il y a tout juste deux mois.

« Je faisais de l’escalade à un bras », a-t-elle tenu à préciser devant l’auteur de ses lignes un peu médusé.

« J’ai de la misère à me reposer, c’est ça le problème. J’ai pris une pause de compétitions, et ensuite j’ai été forcée d’arrêter un peu à cause de mon doigt. J’ai commencé à plus faire de l’escalade pour le fun. »

Le plaisir est revenu et les résultats aussi.

Roy écarte la possibilité de se rendre à des épreuves de qualification olympique dans les prochains mois, trop consciente qu’une participation aux Jeux de Tokyo est une chimère plutôt qu’une possibilité réelle dans son cas. Elle tourne plutôt le regard vers Paris en 2024.

D’ici là, elle devra probablement choisir sa spécialité entre l’endurance (le bloc, la voie) et la puissance et l’explosivité (épreuves de vitesse). Au Japon, le champion olympique sera déterminé grâce au total de ces trois épreuves, mais la Fédération internationale espère diviser le sport entre l’endurance et la puissance pour les JO suivants, comme c’est le cas aux Championnats du monde.

« Demanderait-on à Usain Bolt de courir le marathon », lance Philippe Bourdon.

Cependant, dans la tête d’une jeune femme de 16 ans, choisir, c’est renoncer, et Babette Roy ne voyait aucun inconvénient à manger à tous les râteliers.

« Je trouve ça dommage qu’ils veuillent les séparer parce qu’avec les trois épreuves je trouvais que ça faisait un sport très complet. Avec ça, il y avait tous les éléments assemblés ensemble. Pour l’instant, je suis assez égal dans les trois. Je vais y penser », conclut-elle.

À tête reposée cette fois...

Alpinisme et escalade

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