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chronique

Reprises vidéo : la LNH constate qu’on ne peut être enceinte à moitié

Trois arbitres sur la patinoire, entourés de deux joueurs mécontents.
Les joueurs des Blues veulent des explications des arbitres. Photo: Getty Images / Dilip Vishwanat
Martin Leclerc

BILLET - Tant pour les amateurs que pour les joueurs, les séries éliminatoires de la LNH sont censées constituer la portion la plus palpitante de la saison. Or, cette année, les difficultés que vivent les officiels (et les controverses qui en découlent) sont devenues à ce point ridicules que la crédibilité de la ligue s'en trouve sérieusement entachée.

Mercredi soir, les Sharks de San José ont remporté en prolongation le troisième match de la finale de l'Association de l’Ouest malgré le fait que, sur le jeu décisif, leur attaquant Timo Meier s’était clairement servi d’une de ses mains pour faire une passe.

Le gardien des Blues de Saint Louis Jordan Billington a parfaitement vu l’infraction, qui a toutefois échappé aux quatre officiels sur la patinoire. Et quelques secondes plus tard, quand la séquence a été diffusée en haute définition sur l’écran géant de l'Enterprise Center, les 18 360 spectateurs dans les gradins ont aussi constaté que le jeu-clé du match avait échappé aux officiels.

Malheureusement, les règles de la LNH ne permettent pas qu’une passe illégale puisse être revue sur un écran et faire l’objet d’une seconde analyse de la part des arbitres et des juges de ligne.

Au bout du compte, mercredi soir, les quatre seules personnes qui n’avaient pas accès à la reprise vidéo étaient les quatre personnes chargées d’assurer le bon déroulement du match!

Penauds, les officiels de la LNH (Marc Johannette, Dan O’Rourke, Jonny Murray et Matt MacPherson) ont une fois de plus été les dindons de la farce. Ils ont quitté la patinoire sous les huées nourries de la foule en sachant pertinemment que les Sharks n’avaient pas véritablement gagné et qu’ils venaient illégitimement de se rapprocher à seulement six victoires de la Coupe Stanley.

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En passant, ça fait maintenant trois victoires que les Sharks empochent dans ce grand tournoi printanier en raison de décisions controversées.

Ils auraient notamment été éliminés dès le premier tour si les officiels, dans les dernières minutes du septième match les opposant aux Golden Knights de Vegas, n’avaient pas décerné une pénalité majeure à Cody Eakin pour un double-échec au visage de Joe Pavelski qui n’est jamais survenu.

Les Sharks avaient marqué quatre fois durant cet avantage numérique, qui n’aurait jamais dû survenir.

Joe Pavelski se relève tranquillement. La supériorité de cinq minutes a été donnée à la suite du dur coup porté par Eakin sur Joe Pavelski. Ce dernier est resté longtemps étendu sur la glace et a dû quitter le match. Photo : Getty Images / Ezra Shaw

Encore une fois incapables d’avoir recours à leurs collègues postés devant une panoplie d’écrans à Toronto, les arbitres Éric Furlatt et Dan O’Halloran avaient dû prendre une décision cruciale, même s'ils ne disposaient pas de l’ensemble des faits.

Bien entendu, les erreurs humaines font partie du sport. Mais cet adage tient-il toujours la route lorsque ces erreurs peuvent facilement être évitées?

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En ce jeudi matin, les médias de partout en Amérique du Nord se désolent de ces cafouillages répétés et demandent à la LNH de cesser d’essayer d’être à moitié enceinte.

Si on estime que la technologie permet d’interpréter correctement le déroulement du jeu, on ne peut pas se contenter d’y avoir recours sur un faible pourcentage des actions commises au cours d’un match.

La LNH utilise les reprises vidéo depuis 1991. Au début, elles ne servaient qu’à déterminer si la rondelle avait légalement et réellement franchi la ligne des buts.

Au fil des ans, les esprits progressistes de la ligue ont ensuite réussi à grappiller quelques concessions supplémentaires. On s’est notamment mis à vérifier (sur demande des entraîneurs) si les gardiens étaient victimes d’obstruction. Les entraîneurs, tout récemment, ont par ailleurs obtenu le droit de contester les décisions des juges de ligne lorsque ces derniers ratent des hors-jeu, parfois par des poussières.

Au départ, la décision de limiter le recours aux reprises vidéo à certaines séquences ou infractions bien précises découlait d’une intention noble : les dirigeants de la LNH ne voulaient pas que les matchs soient constamment stoppés par des demandes de révision, ce qui aurait eu pour effet de briser le rythme du jeu et de prolonger indûment la durée des matchs.

Pour régler définitivement la question, il suffirait de retirer ce droit de contestation aux entraîneurs. En revanche, on pourrait accorder aux juges responsables de la vidéo le pouvoir d’intervenir à n’importe quel moment au cours d’un match, et sur n’importe quel type d’action, lorsqu’un fait important échappe à l’attention des officiels sur la glace.

Les officiels auraient ainsi un filet de sécurité sur chacune des décisions prises au cours d’un match. Et cette assurance supplémentaire ne nécessiterait pas qu’on interrompe constamment le déroulement des parties pour débattre de la validité de la contestation d’un entraîneur.

Si ce système, pourtant extrêmement simple, avait été en vigueur depuis le début des séries éliminatoires, aucun match ne se serait terminé dans une telle cacophonie.

Les bons gagnants auraient été déterminés chaque fois. L’intégrité du hockey et la LNH s’en porteraient donc beaucoup mieux.

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