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Les premiers coups de pédale de Simone Boilard chez les pros

Elle pédale avec une coéquipière.

Simone Boilard (à gauche) vient de terminer son premier camp d'entraînement en Arizona avec sa nouvelle équipe professionnelle TWENTY20.

Photo : Courtoisie

Alexandra Piché

Simone Boilard était loin de se douter de ce qui l'attendait dans son passage chez les professionnels. La cycliste de 18 ans s'est jointe à l'équipe Sho-Air Twenty20 au début de l'année 2019 et a déjà disputé trois courses qui l'ont sortie de sa zone de confort.

« Je pense que la chose la plus importante que j’ai apprise, c’est que je ne sais vraiment pas tout. Ça résume bien », lance-t-elle en entrevue à Radio-Canada Sports.

Non seulement elle est la seule francophone de sa formation, mais elle est aussi la plus jeune. La médaillée de bronze des derniers mondiaux juniors vit également sa première saison chez les seniors.

Il y a beaucoup de choses à apprendre, beaucoup plus que je pensais, mais je me plais à en apprendre davantage. Je vis deux grosses étapes en même temps. C’est sûr que les distances doublent, les pelotons aussi. Le volume d’entraînement a un peu augmenté. Je passe aussi du niveau provincial à l’échelle nord-américaine, donc c’est plus difficile aussi.

Simone Boilard

Physiquement, l'athlète de Québec estime qu’elle a les capacités pour suivre ses coéquipières. Elle est cependant consciente qu’elle doit gagner en maturité. Et elle a la sagesse de l’admettre.

« Par exemple, j’ai expérimenté mon premier bike change sur une course. J’ai dû changer de vélo avec l'une de mes coéquipières. C’est sûr que c’est difficile quand tu es jeune de ne pas commencer à paniquer ou quoi que ce soit, mais je suis dans la bonne école pour apprendre », raconte-t-elle.

Boilard n’a pas eu trop de difficulté à s’intégrer. Elle aime dire que ses coéquipières sont comme des « mamans » pour elle.

La jeune cycliste a aussi dû s’adapter à la notion de course en équipe.

C’est vraiment différent de ce à quoi je suis habituée. J’ai un peu l’impression de commencer un nouveau sport. Ma formation est très performante, donc on a gagné deux des trois courses auxquelles j’ai participé à date. C’est super de faire partie de l’équipe gagnante.

Simone Boilard

En seulement quatre mois, elle a joué le rôle de coéquipière de soutien. Mais aussi déjà celui de meneuse durant une course, une position très prisée.

« Ma 4e place au contre-la-montre m’avait placée parmi l’une des meilleures de l’équipe cette fois-là. C’est très, très stressant d’assumer un rôle de leader quand tu as des coéquipières aussi expérimentées qui comptent sur toi pour performer. Physiquement, c’était vraiment, vraiment difficile de jouer ce rôle-là. C’était éprouvant, mais mes coéquipières m’ont super bien épaulée. »

Aucun regret en pensant à l’Europe

Quand est venu le temps de choisir une formation professionnelle où faire ses débuts, Simone Boilard avait plusieurs offres sur la table. Certaines provenaient d’équipes européennes.

« Je n’aurais pas été prête à passer en Europe. Ça aurait été deux fois plus difficile qu’aux États-Unis, dit-elle. Ce n’est pas du tout le même niveau. L’Europe en vélo, c’est un peu comme passer à la Ligue nationale au hockey, c’est un calibre supérieur. »

Karol-Ann Canuel, membre de la puissante formation Boels-Dolmans depuis 2016, est aussi d’avis que sa compatriote a fait le bon choix.

« C’est vraiment ce que je conseille, de passer par les États-Unis avant l’Europe. Simone aura le temps de faire la transition. Elle est toute jeune », dit la vétérane de 31 ans.

Simone Boilard profite de son passage au sein de Sho-Air Twenty20 pour se familiariser avec le monde du cyclisme à l’extérieur de la province.

« Je n’ai pas beaucoup d’expériences internationales. Excepté les mondiaux, l’année passée, l’entièreté de ma saison était pas mal au Canada, au Québec même. C’est sûr que dans le futur, j’ai vraiment envie de me rendre jusque là-bas [en Europe]. Mais quand je vais faire le saut, je veux être prête. »

Au-delà de l’Europe, Simone Boilard rêve de Jeux olympiques. Une porte pourrait s’ouvrir pour elle en 2020. Mais très terre-à-terre, elle ne veut pas se mettre trop de pression. Elle croit qu’il est réaliste pour elle de viser 2024. Incapable d’en laisser derrière, elle donnera cependant tout ce qu’elle peut pour tenter de se faufiler dans l’avion pour le Japon.

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