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Don Garber et l’Impact souhaitent un meilleur appui du milieu des affaires

Le commissaire de la MLS, Don Garber (à gauche), accompagné du président de l'Impact, Kevin Gilmore.
Le commissaire de la MLS, Don Garber (à gauche), accompagné du président de l'Impact, Kevin Gilmore. Photo: Radio-Canada
Antoine Deshaies

Le commissaire de la MLS, Don Garber, était l'invité d'honneur du Cercle canadien de Montréal, lundi midi, aux côtés du propriétaire et du président de l'Impact, Joey Saputo et Kevin Gilmore.

Quand la discussion dirigée a pris fin, à peine deux personnes, parmi les gens d’affaires présents, sont venues au micro pour poser des questions. Une anecdote symptomatique de la relation encore à bâtir entre l’équipe de soccer montréalaise et sa communauté d’affaires.

« Montréal est un très bon marché, mais à l’exception des commanditaires majeurs comme Vidéotron et BMO, l’appui est insuffisant, a tranché Garber. Il faut aussi moderniser le stade Saputo pour le rendre plus attrayant aux yeux des amateurs et des entreprises. »

« J’ai toujours insisté pour que Montréal ne soit pas le maillon faible de la MLS, a enchaîné Joey Saputo. En ce moment, notre maillon faible c’est nos revenus commanditaires et corporatifs. Nos revenus provenant de la vente des billets nous classent parmi les pires équipes de la ligue. »

Le nouveau président du Bleu-blanc-noir, Kevin Gilmore, admet que l’équipe a un examen de conscience à faire à ce chapitre. Selon lui, le club montréalais a trop longtemps eu une approche passive envers des partenaires potentiels.

« Je crois que ce n’était pas trop dans la personnalité de la famille Saputo d’aller au-devant pour proposer des partenariats au monde corporatif, a-t-il expliqué. On doit montrer aux entreprises et au Québec inc. tous les gains qu’ils pourraient faire avec nous. On a un produit qui génère beaucoup d’émotions et c’est très recherché. »

La MLS est en pleine croissance. Depuis l’entrée de l’Impact dans le circuit Garber en 2012, cinq autres équipes se sont ajoutées. Six autres sont attendues dans les prochaines années.

Miami et Nashville feront leurs débuts en 2020, suivis par Austin en 2021. Le commissaire a évoqué Saint Louis et Sacramento pour la suite et une 30e ville à déterminer.

Des améliorations incontournables au stade Saputo

Les nouveaux marchés n’entrent pas sur la pointe des pieds. La nouvelle équipe de Los Angeles, le LAFC, s’est notamment payé un stade flambant neuf à 350 millions de dollars américains.

« Je pense que Montréal peut rivaliser avec ces grands marchés, a dit Garber. Parce que Montréal est un grand marché, mais ça prend un stade adapté à la nouvelle réalité de la ligue. Ça ne veut pas nécessairement dire d’ajouter des sièges, mais d’être plus attirant. Il y a sans doute quelque chose à faire autour du stade pour permettre à l’équipe d’atteindre un niveau supérieur de popularité. »

Il souhaite notamment que la pelouse montréalaise soit chauffée et évoque même la possibilité d’un toit. Le calendrier de la MLS débute en mars et il n’est pas question de le reporter.

Kevin Gilmore reconnaît que, tôt ou tard, l’équipe devrait être en mesure de jouer des matchs au stade Saputo dès le mois de mars.

« Le système de chauffage sous la pelouse, on regarde ça présentement, mais les travaux ne pourront assurément pas débuter avant l’automne, explique-t-il. Les changements sont assez urgents, parce que plus on attend, plus les coûts seront élevés. Encore faut-il que ce soit rentable. »

C’est là le noeud de l’affaire.

L’automne dernier, Joey Saputo avait évoqué l’impôt foncier comme frein à un éventuel investissement majeur pour rénover le stade. Don Garber partage les doléances de son partenaire québécois.

« Le système de taxation municipal est différent à Montréal que partout ailleurs dans la MLS, avance M. Garber. Ici, on vous impose sur la valeur du stade, tandis que c’est généralement sur les revenus générés. »

« Si on est taxé sur notre investissement, ça rend notre projet non rentable », ajoute Kevin Gilmore.

Cela dit, l’Impact n’a pas encore disputé un seul match à guichets fermés cette année, même si la capacité du stade est passée de 20 811 à 19 619 spectateurs.

Le stade SaputoLe stade Saputo Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La MLS ne traite pas l’Impact différemment des autres

Le commissaire Garber a aussi été questionné par la presse au sujet des commentaires émis par l’entraîneur Rémi Garde après la défaite de samedi après-midi à Cincinnati.

Ce match à 13 h (HAE), qui suivait une rencontre à 20 h (HAE) à New York mercredi, avait soulevé l’ire de Garde. Le pilote de l'Impact avait mentionné que son équipe mériterait plus de respect de la part de la MLS.

« Jamais on ne va traiter Montréal différemment des autres équipes. Bien au contraire, nous aimons profondément l’Impact, a répondu Garber. Je pense que l’entraîneur le sait, mais il était frustré du résultat. Il est évident que le calendrier de voyage est très chargé en raison du climat. On y travaille. »

L’entraîneur montréalais avait aussi critiqué la décision des arbitres au sujet d’un but refusé à son équipe pour un hors-jeu.

« J’ai regardé le jeu et j’aurais du mal à dire que l’entraîneur avait tort, a habilement répondu le commissaire. Nous ne vivons pas dans un monde parfait. Ce n’est pas la première ni la dernière erreur à survenir. Je comprends sa frustration, mais il n’y a aucun lien entre cette décision et le rapport entre la ligue et Montréal. »

En ce qui a trait au recours aux vols nolisés plutôt que commerciaux, Don Garber a dit que le sujet serait abordé dans les prochaines négociations de la convention collective. Il s’attend à ce que le nombre limite de voyages en vols nolisés par équipe soit haussé, sans toutefois couvrir l’ensemble de la saison.

Finalement, le commissaire ne croit pas que les équipes canadiennes soient désavantagées par les lois d’immigration qui font que des formations américaines puissent changer plus facilement le statut de joueurs étrangers en joueurs résidents. Chaque équipe détient, en début de saison, huit places pour des joueurs internationaux.

Là-dessus, le président de l’Impact a reconnu que son organisation doit être plus proactive.

« Le processus pour qu’un de nos joueurs devienne résident canadien est plus long, mais ça veut seulement dire qu’on devrait l’enclencher plus tôt. Si on l’avait fait, on en retirerait déjà des bénéfices. »

Ignacio Piatti, par exemple, est à Montréal depuis 2014 et est toujours considéré comme un joueur étranger.

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