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chronique

Voici comment les Raptors ont battu les 76ers

Défendu par Joël Embiid, Kawhi Leonard décoche le dernier tir du match contre les 76ers alors qu'il ne reste que 0,3 secondes au cadran.

Défendu par Joël Embiid, Kawhi Leonard décoche le dernier tir du match contre les 76ers alors qu'il ne reste que 0,3 secondes au cadran.

Photo : Reuters / USA Today Sports

Olivier Paradis-Lemieux

Le tir de Kawhi Leonard qui a permis aux Raptors de se qualifier in extremis pour la deuxième finale de l'Est de leur histoire était inouï et spectaculaire, mais ce n'était que l'ultime moment d'une série chaudement disputée. Retour en cinq points sur la demi-finale contre les 76ers de Philadelphie.

1. Kawhi Leonard a été le meilleur joueur de cette série

Depuis Michael Jordan en 1993 avec 246 points, aucun joueur de la NBA n’en avait marqué autant dans une série que Kawhi Leonard (243) contre les 76ers. Fréquemment dans ces sept matchs, l’importance du moment et la qualité du jeu défensif des 76ers ont rendu ses coéquipiers incapables de se donner l’espace nécessaire pour décocher un tir. Le système offensif des Raptors se décomposait alors jusqu’à sa plus simple expression : donner le ballon à Leonard et espérer qu’il joue au sauveur. Ce qu’il a fait.

Et lors du septième match, hormis Serge Ibaka, aucun des autres Raptors ne prenait ses tirs avec une quelconque confiance. Leonard a alors mis sa nouvelle équipe sur ses très larges épaules et a tiré 39 fois au panier, le double de sa production moyenne dans cette série.

Kawhi Leonard (à droite) tente un tir avec la présence de Ben Simmons devant lui.

Kawhi Leonard (à droite) tente un tir avec la présence de Ben Simmons devant lui.

Photo : USA Today Sports


2. Les Raptors ont su exploiter les repos de Joël Embiid

Pleurant à chaudes larmes après la défaite des 76ers, le Camerounais Joël Embiid a connu une série en dents de scie. En attaque, il s’est buté au duo Marc Gasol-Serge Ibaka qui a su le contenir à un match de 30 points (le troisième), à un match de 20 points (le septième) et à cinq matchs dans la dizaine.

Même s’il était fiévreux lors des matchs 4 et 5, deux victoires des Raptors, Embiid a été dominant en défense. Il est le grand responsable de la destruction du jeu offensif torontois, qui a dû s’en remettre presque exclusivement aux miracles de Leonard.

Mais les Raptors, surtout dans les quatre derniers matchs de la série qui ont résulté en trois victoires torontoises, ont su marquer un maximum de points quand Embiid s'est absenté quelques minutes pour reprendre son souffle sur le banc.

Joel Embiid des 76ers quitte le terrain après la victoire des Raptors.

Joel Embiid des 76ers quitte le terrain après la victoire des Raptors.

Photo : Getty Images / Vaughn Ridley

Dans les 44 minutes qu’il a passées hors du terrain lors de ces quatre derniers matchs, les Raptors ont marqué 84 points de plus que les Sixers.

Dans le septième match, les minutes de repos d’Embiid ont été limitées au maximum afin de limiter les séquences payantes des Raptors. Le Camerounais n’est resté que 3 des 48 minutes du temps réglementaire sur le banc. Dans ces trois minutes, Toronto a marqué 12 points de plus que les Sixers. Dans les 45 autres minutes avec Embiid, Philadelphie a montré un différentiel de +10.


3. Nick Nurse s’est ajusté au manque de profondeur de son effectif

L’an dernier, les Raptors étaient l’équipe qui avait le plus de profondeur dans toute la NBA. Sa deuxième unité jouait de longues minutes ensemble, à cinq, et semait la terreur chez les réservistes adverses. Mais tous les échanges de Masai Ujiri ont eu comme conséquence de réduire au minimum les options sur le banc pour l’entraîneur recrue.

Dans cette série, Nick Nurse a progressivement perdu confiance en ses réservistes, hormis le centre Serge Ibaka (qui était partant jusqu’à l’arrivée de Marc Gasol en février). Conséquemment, l'entraîneur torontois a été forcé d’utiliser en même temps sur le terrain Ibaka et Gasol. Les deux centres, très habiles défenseurs, ont su toutefois cohabiter et offrir aux Raptors une formation ultradéfensive capable de rivaliser physiquement avec les spécimens physiques qui formaient la meilleure unité des Sixers.

L'entraîneur des Raptors de Toronto, Nick Nurse

L'entraîneur des Raptors de Toronto, Nick Nurse

Photo : Reuters / USA TODAY


4. Kyle Lowry a été égal à lui-même

Un mythe tenace chez les partisans des Raptors est que le meneur de jeu étoile Kyle Lowry connaît une forte baisse de régime en éliminatoires. Lowry a certes connu quelques mauvais matchs lors de ses 61 duels en séries avec Toronto, comme en saison, mais en moyenne, il ne marque qu’un seul point de moins par match en moyenne. Loin d’être catastrophique, surtout que son jeu défensif demeure l’un des plus sous-estimés de la toute la ligue.

Contre les Sixers, Lowry a marqué un point de moins en moyenne que lors de la dernière saison (13,1 contre 14,2), tout en réussissant quantités de vols, déviations et charges offensives qui ont permis aux Raptors de l’emporter. Non, Lowry n’a pas été parfait et, à 33 ans, il est devenu le 3e joueur de cette équipe derrière Leonard et Pascal Siakam, mais sans son apport et sa ténacité, Toronto ne serait pas en finale de l’Est pour la deuxième fois en quatre ans.

Kyle Lowry rigole avec Kawhi Leonard après la victoire des Raptors lors du septième match.

Kyle Lowry rigole avec Kawhi Leonard après la victoire des Raptors lors du septième match.

Photo : Getty Images / Vaughn Ridley


5. La chance a été du côté des Raptors

Pour la première fois de l’histoire, un septième match éliminatoire s’est décidé quand il ne restait plus de temps au cadran. Il y a 18 ans, aussi contre les Sixers alors menés par Allen Iverson, Vince Carter avait pris un tir dans le septième match entre les deux équipes alors qu’il ne restait que des poussières de seconde à faire. Le tir de Carter, pris du même point ou presque que celui de Kawhi Leonard, avait terminé sa course contre l’anneau, sans toutefois retomber dans le panier. Les 76ers l’emportaient 88-87 et se qualifiaient pour la finale de l’Est.

Il aura fallu quatre rebonds, nécessairement un brin chanceux, au tir de Leonard pour que les Raptors obtiennent leur revanche sur l’histoire.

Mais il ne faudrait pas réduire ce jeu à la seule providence.

Kawhi Leonard joue les héros dans le septième match

Kawhi Leonard s'est maintes fois entraîné à réussir cette séquence. Il savait qu'en 4 secondes, il avait le temps de se rendre à cet endroit précis où il pourrait décocher ce tir avec suffisamment d'espace pour se donner une chance, une petite chance, de l'emporter sans avoir à passer par la prolongation.

Une séquence qu'il avait répétée à l'entraînement et que les Raptors avaient déjà utilisée contre le Magic. Les 76ers étaient prêts. Embiid était à une fraction de seconde de bloquer le tir de Leonard, mais l'exécution de l'ailier était presque parfaite. Son tir manquait très légèrement de force pour terminer directement sa course dans le panier, mais il en avait juste assez pour nous laisser apprécier ce rare moment de suspension avant que le ballon retombe finalement entre les mailles.

Et que Toronto explose de joie.

Ce n'était que le deuxième tour.

Le prochain contre les Bucks de Milwaukee sera encore plus costaud. Giannis Antetokounmpo est, depuis un an, le meilleur de joueur de la NBA.

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