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Aurélie Rivard et la pression de rester au sommet

Aurélie Rivard

Aurélie Rivard

Photo : Getty Images / Ian MacNicol

Alexandra Piché

Un athlète qui règne sur son sport n'est pas à l'abri de l'inquiétude. Parlez-en à Aurélie Rivard, qui ressent une pression immense à l'idée de défendre ses nombreux titres aux Championnats du monde de paranatation ou aux Jeux paralympiques.

Triple médaillée d’or et médaillée d’argent des Jeux de Rio, la Québécoise de 22 ans détient les records du monde aux 50, 100, 200 et 400 m style libre.

« C’est plus dur parce que j’ai comme atteint le top. Je suis en haut et, tout ce que je peux faire, c’est redescendre. J’ai plus de pression de moi-même parce que je veux toujours faire mieux dans la vie et, là, je ne peux comme pas. Mes objectifs diffèrent un peu. Je me concentre vraiment sur moi, sur mes temps, mes records du monde », admet l'athlète de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Pour la paranageuse, les Jeux paralympiques de Tokyo arrivent très vite. Elle aimerait avoir plus de temps pour s'y préparer.

Ça arrive beaucoup trop vite. Je ne suis pas capable de me faire à l’idée. J’ai l’impression qu’on n’a pas encore tourné la page sur Rio. De dire que Tokyo est dans moins d’un an et demi, ça me rentre dedans.

Aurélie Rivard

Aurélie Rivard : la peur de devoir défendre ses titres

Elle se présentera au Japon avec une mission bien différente de celle qu’elle avait en 2016. Elle est consciente qu’elle aura une cible dans le dos quand elle s'installera sur le bloc de départ.

« Oui, ça fait peur. Les filles dans ma catégorie me regardent comme si c’est moi qu’elles veulent battre. Il faut que je me défende contre tout le monde. Autant ça me motive à l’entraînement, autant ça amène une pression supplémentaire parce que je ne veux pas qu’elles me battent. Je veux défendre mes titres, surtout que je ne peux pas monter », explique-t-elle.

Bien qu’elle soit toujours aussi dominante dans sa catégorie (S10), Rivard sent le souffle des jeunes nageuses dans son dos. Elle sait que si elle souhaite continuer de gagner, elle ne peut se permettre aucun relâchement.

Je les vois les jeunes. Elles ont 16-17 ans et elles sont plus vites que moi quand j’avais leur âge, donc je sais qu’il faut que je continue de m’améliorer. Je m’entraîne encore plus fort pour rester là.

Aurélie Rivard

Passionnée par son sport, elle ne s’imagine pas perdre des courses qu’elle arrivait à gagner dans les dernières années.

« Je veux être aux Championnats du monde et être sur la première marche du podium. Je ne veux pas être troisième. Mes objectifs sont encore très clairs », dit-elle.

Elle vit parfois des frustrations au quotidien, car l’amélioration de ses performances ne dépend que de minimes détails.

Aurélie Rivard après avoir remporté le 400 m libre (S10) aux Jeux paralympiques de Rio.

Aurélie Rivard après avoir remporté le 400 m libre (S10) aux Jeux paralympiques de Rio.

Photo : AFP/Getty Images / YASUYOSHI CHIBA

Profiter du moment

Aurélie Rivard veut profiter de chaque moment de sa troisième expérience paralympique, malgré la pression qu'elle ressent.

« Les Jeux, c’est tellement une expérience extraordinaire et les deux derniers que j’ai faits, j’étais très, très stressée. Je voulais prouver aux autres que j’étais bonne et je trouve que je n’en ai pas profité assez », fait-elle remarquer.

Elle croit que l’ambiance aux Jeux de Tokyo sera encore meilleure qu'à Rio 2016, qui était elle-même meilleure qu'à Londres en 2012, selon elle. L'engouement grandit autour du mouvement paralympique, se réjouit-elle.

De plus en plus, chaque année, on ne me félicite plus pour être une personne différente. On me félicite pour être une athlète qui remporte des médailles pour le Canada. La perspective est en train de changer. Je le vois chaque année. C’est de mieux en mieux et les gens connaissent les Paralympiques. Ils ne m’appellent pas l’olympienne ou la fille qui fait du sport paraplégique. Avant, c’était ça parfois!

Aurélie Rivard

Avant de se concentrer sur Tokyo, Rivard s’est donné un premier objectif :  défendre ses titres aux Championnats du monde à Londres, au début du mois de septembre.

D’ici là, elle travaillera chaque détail pour aller chercher tous les petits centièmes de seconde possibles.

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