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Alex Beaucage, l’espoir dont on parle peu

Alex Beaucage
Alex Beaucage Photo: Courtoisie Huskies de Rouyn-Noranda
Alexandre Gascon

ROUYN-NORANDA - Sans faire de bruit, et bien qu'il faille défiler la liste de la centrale de recrutement jusqu'au 64e rang pour retrouver son nom, Alex Beaucage s'est établi comme un espoir prometteur pour le prochain encan de la Ligue nationale de hockey (LNH), en juin, à Vancouver.

Occulté par les ténors offensifs de la meilleure formation junior au Québec avec les Huskies, Beaucage est peut-être même l’un des diamants bruts du prochain repêchage, croient certains recruteurs responsables du territoire québécois pour des équipes de la LNH.

L’un d’entre eux, employé par une formation de l’Ouest, est particulièrement élogieux à son endroit.

« Il passe sous le radar présentement, mais il a un excellent sens du jeu. Tu penses qu’il est coincé, que le jeu est mort et, soudainement, il te sort une passe décisive », indique le dépisteur.

Il peut vous sortir des buts aussi. Souvent. Beaucage, un grand adolescent de 1,85 m (6 pi 1 po) et 88 kg (193 lb) de 17 ans – il atteindra sa majorité le 25 juillet – en a inscrit 39 cette saison à Rouyn-Noranda.

Parmi les 12 marqueurs qui ont atteint ce plateau, Beaucage est le plus jeune à avoir réussi l’exploit. Seulement un joueur disponible pour le prochain repêchage en a compté davantage [Nathan Légaré, 45, NDLR].

Alex Beaucage (à gauche) tente de se démarquer de son adversaire.Alex Beaucage (à gauche) tente de se démarquer de son adversaire. Photo : Courtoisie Huskies de Rouyn-Noranda

On ne devient pas un marqueur de 40 buts, ou presque, à 17 ans dans le junior majeur par hasard. Pourtant, Beaucage est répertorié comme un choix de troisième tour, tandis que d’autres, qui ont amassé moins de points que le Trifluvien, sont plutôt perçus comme des sélections de premier ou de deuxième tours.

« Il a un tir de pro, c’est clair. Il est très dangereux près du filet. Il est bon pour faire des jeux, belle vision. Au fur et à mesure que la saison a progressé, ce que j’ai le plus aimé, c’est qu’il a commencé à faire des actions en mouvement. Passer en mouvement, tirer en mouvement », a dit son entraîneur Mario Pouliot.

Mais les dépisteurs s’inquiètent de son coup de patin. Un espion croisé lors du début de la finale de la Coupe du Président en Abitibi a émis un sérieux bémol sur sa capacité à compenser, une fois passé chez les professionnels, son manque de vitesse par d’autres habiletés comme il le fait avec les Huskies.

« Ma vitesse n’est pas ma plus grande force, alors je dois toujours être en mouvement, a convenu l’ailier droit […] Je suis un joueur intelligent par contre, ça m’aide à être à la bonne place au bon moment. »

« Oui, son patin n’est pas parfait, mais je l’ai vu améliorer ça énormément au fil des ans. Et il arrive à compenser par d’autres belles qualités. Ça ne m’inquiète pas », a fait valoir un autre recruteur.

Bien entouré

Autre point qui joue en sa défaveur : son entourage.

Ironiquement, Beaucage a été si choyé par l’identité de ses compagnons de trios qu’un astérisque est accolé à son excellente production.

Il a passé la majorité de la saison aux côtés du meilleur marqueur de la LHJMQ, Peter Abbandonato, et de Joël Teasdale, un espoir du Canadien de Montréal auteur de 43 buts.

« J’ai l’impression que le fait qu’il soit si bien entouré a tempéré l’évaluation de certains recruteurs. Les gens se disent que c’est normal qu’il produise autant dans un tel contexte, mais ce n’est pas vrai que c’est normal de marquer 39 buts à 17 ans dans la LHJMQ », a renchéri le dépisteur de l’Association de l'Ouest.

« Il faut que tu sois bien entouré justement quand tu es jeune », croit pour sa part Mario Pouliot.

« La plupart du temps, il a joué avec Abbandonato, Teasdale, (Jakub) Lauko. En avantage numérique sur notre première unité longtemps. Ça aide à bien grandir avec des vétérans qui sont là pour te calmer et te conseiller. C’est propice à un bon développement », a ajouté l’entraîneur.

Pour un jeune homme de 17 ans, Beaucage impressionne par sa maturité. Le regard franc, bien en verve, il répond avec aplomb aux journalistes en évitant les formules creuses et convenues.

Les bruits de corridor? Son entourage qui l’aurait fait produire?

« Ça se peut que ce soit ça, commence-t-il. Mais je l’ai fait. Je l’ai eue cette saison-là. Je suis fier de ça. Il y en a qui disent que j’ai marqué 39 buts à cause de Peter [Abbandonato], mais je les ai marqués quand même ces buts-là. Ça ne m’enlève rien et je suis très satisfait de ma saison. »

Une saison des plus constantes même s’il a été ignoré pour le match des meilleurs espoirs de la Ligue canadienne (LCH) et lors de la Série Canada-Russie.

Beaucage oubliera bien vite toutes ces critiques et ces déconvenues lorsque son nom retentira dans le Rogers Arena au repêchage à Vancouver en juin.

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