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Pour les nouveaux sports olympiques, se préparer aux Jeux peut être un casse-tête

Logan Landry

Logan Landry

Photo : Getty Images / Michael Steele

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'escalade, le karaté, la planche à roulettes et le surf seront au programme des Olympiques de Tokyo en 2020, tout comme le breakdance à Paris en 2024. Les nouveaux entrants doivent fournir d'énormes efforts pour se préparer aux Jeux en ce qui concerne la lutte antidopage ou les qualifications. Et cela, sans aide financière du Comité international olympique (CIO).

« Peu de gens réalisent le travail que représente, pour un sport nouveau dans cet univers, la préparation pour les Jeux olympiques », explique Robert Fasulo, directeur général de la Fédération internationale de surf (ISA), sport présent pour la première fois de l'histoire des Jeux olympiques.

« C'est un processus complexe. Être au niveau des fédérations olympiques historiques demande beaucoup d'efforts sur le plan de la gouvernance et des bonnes pratiques », ajoute l'Américain.

Concernant le processus de qualifications, pour un sport sans expérience olympique, c'est un défi. Pour la lutte antidopage, « nous avons un accord avec l'Agence de contrôles internationale (ITA) pour des tests en compétition et hors compétition, explique encore M. Fasulo.

« Les athlètes ont dû comprendre que ces analyses sont nécessaires, il a fallu les informer et leur dire que les meilleurs professionnels comme les amateurs y sont soumis. »

La Chilienne Catalina Angel et son partenaire d'entraînement se font face lors d'une entraînement en prévision des premières épreuves de karaté présentées aux Jeux olympiques de la Jeunesse.

La Chilienne Catalina Angel met la dernière touche à sa préparation en prévision des premières épreuves de karaté présentées aux Jeux olympiques de la Jeunesse.

Photo : Reuters / Simon Bruty / CIO

La mise en place

Réunies à Gold Coast pour la convention SportAccord, les fédérations internationales ont participé cette semaine à des réunions avec le comité organisateur des JO de Tokyo, mais aussi avec l'Agence mondiale antidopage (AMA).

« On a enchaîné les réunions avec les fédérations, y compris celles qui seront ajoutées au programme des Jeux prochainement pour les aider à améliorer leur programme antidopage et répondre à leurs questions sur les règles actuelles et à venir du code antidopage », a dit Sébastien Gillot, directeur du bureau européen de l'AMA à Lausanne.

« On n'est pas là pour leur expliquer leurs obligations, on est là pour les leur rappeler, ce sont des signataires du code de l'AMA comme n'importe quelle autre fédération internationale », a-t-il ajouté.

Cinq sports additionnels (baseball, karaté, escalade, planche à roulettes, surf) ont été retenus pour les Jeux de Tokyo et quatre par Paris pour 2024 (escalade, planche à roulettes, surf et breakdance), une liste qui sera entérinée par le CIO fin juin.

Le breakdance a constitué une surprise pour une petite fédération qui a, comme toutes les autres, dû respecter un certain nombre d'obligations, notamment en matière de lutte antidopage.

« Tous les sports inclus dans le programme de Paris 2024 ont été soumis, au même titre que tous les sports en général, à un suivi de leur conformité, affirme M. Gillot. Il y a eu un dialogue entre le CIO et l'AMA pour savoir si l'AMA était satisfaite au moment où ces sports ont été retenus. »

Un compétiteur au Paris Battle Pro en février 2019

Un compétiteur au Paris Battle Pro en février 2019

Photo : AFP/Getty Images / AFP/Lucas Barioulet

Des mécontents

La Fédération internationale de danse sportive, dont dépend le breakdance, a ainsi réalisé 256 contrôles antidopage l'an passé et tous ont été négatifs, a expliqué Jean-Laurent Bourquin, conseiller de la Fédération et ancien du CIO.

Présent aux Jeux olympiques de la Jeunesse en septembre, le breakdance avait sélectionné une partie de ses danseurs sur la base de vidéos, les athlètes s'engageant à subir des tests antidopage par la suite, a ajouté M. Bourquin.

De quoi soulever des réserves de la part d'un responsable de l'antidopage. « Nous avons consacré 168 000 euros (262 000 $ CA) à notre programme antidopage sur les quatre dernières années », a relevé quant à lui Jacques Fontaine, le président français de la Fédération internationale de squash, sport candidat aux Jeux de Paris, comme le karaté ou la pétanque, mais non retenu.

« On nous a dit que pour être retenu, il fallait respecter l'Agenda 2020 du CIO, être en conformité avec le code de l'AMA, ne pas être cher... Au final, je me demande s'il y a eu un processus équitable », a souligné M. Fontaine.

Le baseball est un cas à part. Présent au programme olympique pendant plusieurs années jusqu'aux Jeux de Pékin en 2008, il fera son retour à Tokyo, mais ne sera pas à Paris en 2024.

« Je ne veux pas critiquer la décision de Paris, mais le baseball, qui s'engageait à financer entièrement le site de compétition, aurait laissé un héritage et aurait donc apporté beaucoup plus à la France que d'autres sports », a estimé de son côté Riccardo Fraccari, le président italien de la Fédération internationale de baseball (IBAF).

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