•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’espoir du Canadien Joël Teasdale a mis les bouchées doubles avec les Huskies

Joël Teasdale

Joël Teasdale

Photo : Huskies de Rouyn-Noranda

Alexandre Gascon

ROUYN-NORANDA – Loin de s'asseoir sur le contrat que le Canadien lui a octroyé en septembre dernier, Joël Teasdale s'est servi de la confiance que lui a témoignée l'organisation pour atteindre un autre niveau.

C’est du moins l’opinion de ceux qui ont suivi de près les progrès du jeune homme de 20 ans cette saison. Au premier chef, son ancien et possible futur entraîneur, Joël Bouchard.

« Il n’a pas été repêché deux ans en ligne et il aurait dû l’être, selon Bouchard. D’abord, tu dois en faire plus pour prouver que tu es capable parce que, visiblement, tu n’en as pas fait assez. »

« Et il a toujours répondu en étant meilleur… Il ne s’est pas assis sur son contrat cette année. Je lui ai dit que j’étais fier de lui, parce qu’à sa place, beaucoup de jeunes se découragent », a-t-il ajouté lorsque joint au téléphone la semaine dernière.

Les plus férus s’en souviendront certainement, Teasdale s’était d’abord présenté au camp des recrues du CH avant de gagner sa place au « véritable » camp. Le jeune homme originaire de Sainte-Julie avait ensuite eu droit à un match préparatoire, un seul, contre les Panthers de la Floride, et avait laissé une impression favorable par sa combativité et son sens du jeu.

Quelques jours plus tard, Marc Bergevin lui tendait un contrat de trois ans.

Teasdale a répondu avec une campagne de 43 buts en 66 matchs et il fait des ravages depuis le début des séries dans la LHJMQ avec les Huskies de Rouyn-Noranda, présentement à égalité 2-2 avec les Mooseheads d’Halifax en finale de la Coupe du Président.

Ses 31 points en 18 matchs en font le meilleur marqueur au Québec et le deuxième au pays derrière un autre projet du Tricolore, Nick Suzuki.

Un joueur « taillé pour les séries éliminatoires », a lancé Mario Pouliot, son entraîneur avec les Huskies. Un joueur qui affectionne la robustesse, les batailles de position et le jeu serré du tournoi.

« C’est un attaquant de puissance. Il y en a moins dans notre ligue, c’est plus axé sur la vitesse, les habiletés. Mais lui, le long des bandes, devant le filet, couper au filet en baissant l’épaule, tout ça. Quand tu mets talent, intensité et ne pas hésiter à te salir, tu approches de Joël Teasdale », a dit, admiratif, Pouliot.

Dans le premier match de la série, auquel nous avons assisté, Teasdale a corroboré sur la glace les paroles de son patron.

Un joueur de hockey effectue un tir au but.

Joël Teasdale des Huskies de Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Marc-Olivier Thibault

Il a épuisé la défense néo-écossaise avec son échec avant incessant. Il a intercepté au vol une tentative de sortie de zone en première période avant de remettre à Félix Bibeau pour donner une avance de 2-0 et a distribué trois mises en échec.

Au total, après quatre rencontres en finale, il compte 3 buts et 2 passes.

Quitter le nid familial

Avec l’Armada de Blainville-Boisbriand, où il a joué de 2015 à janvier dernier, Teasdale jouissait d’un luxe qu’on voit rarement dans le circuit Courteau : la résidence familiale.

« J’habitais chez ma mère, c’est la première fois en pension, c’est très différent. On est vraiment bien entourés. Mes pensionnaires sont toujours là et ils font tous les soupers. Je n’ai pas grand-chose à faire à part mon lavage et ma vaisselle », a-t-il raconté.

Deux tâches, tout de même, que sa mère pouvait lui éviter. Ajoutez à tout cela un certain isolement géographique, les longs et nombreux voyages en autobus, de nouveaux coéquipiers, un nouvel entraîneur.

« C’est sûr que ç’a été un gros changement d’être échangé en plein milieu de la saison, a admis Teasdale. En arrivant ici, au moins, ce n’était pas un nouveau style de jeu, donc ça m’a aidé. »

« Je me souviendrai toujours quand il a passé cette porte, a lancé Pouliot en désignant le quartier général des Huskies. Il avait un grand sourire aux lèvres. Et ce sourire-là, on le voit tous les jours. Il a été élevé dans la culture de l’Armada, à côté de Joël Bouchard. Il s’est bien modelé à notre chimie d’équipe. Il est là pour le logo. Quand la game est sur la ligne, tu peux compter sur lui. »

L’air abitibien lui réussit bien. À l’ombre de la fonderie de cuivre située dans l’ancien secteur Noranda et de ses grandes cheminées, « éternelles comme l’enfer » chantait Richard Desjardins, Teasdale est devenu le fer-de-lance d’une attaque expérimentée et diversifiée qui vise une deuxième Coupe du Président en quatre ans.

Parmi les joueurs actifs dans la LHJMQ, Teasdale pointe au 2e rang pour le nombre de matchs disputés en séries (69). Seul un rival d’Halifax, Keith Getson, le devance avec 74, mais avec une saison de plus sous la ceinture.

L’école Joël Bouchard

« Quand l’Armada l’a repêché, tout le monde était unanime sur son talent, mais peut-être que son éthique de travail devait s’améliorer. Il est très reconnaissant envers Bouchard, qui lui a poussé dans le dos. Tu peux amener tes joueurs dans la bonne direction, mais ils doivent la prendre eux-mêmes », dit l’entraîneur des Huskies.

Mario Pouliot décrit Teasdale aujourd’hui comme un meneur d’hommes. Un talent brut qui ne s’est pas laissé démonter après avoir été boudé deux ans d’affilée aux repêchages de la LNH en 2017 et en 2018.

Sa progression était telle que le Tricolore n’a pas voulu prendre le risque que le prochain Yanni Gourde ou Alex Barré-Boulet, auteur de 34 buts à sa première saison dans la Ligue américaine, lui glisse entre les doigts.

Évidemment, l’arrivée de Bouchard à Laval n’y est pas étrangère.

C’est juste un jeune homme qui ne savait pas [comment être un professionnel]. Pas un jeune démotivé ou qui n’aime pas le hockey. Il vient d’une bonne famille, il n’était juste pas au courant. Quand je lui ai expliqué, je n’ai jamais eu de problèmes avec lui. Au contraire [...] J’ai été tough, rigoureux.

Joël Bouchard à propos de Joël Teasdale

« Quand il est arrivé au camp du Canadien, je voulais l’amener avec nous, je croyais en lui. Alex Burrows, en partant, m’a dit: "Je comprends ce que tu veux dire." Il est capable de s’ajuster rapidement au calibre. Ce qui reste à améliorer n’est pas une faiblesse tant que ça », a ajouté Bouchard.

Et ce sera vraisemblablement à l’entraîneur du Rocket d’y voir.

Des nouvelles de Samuel Harvey

Le gardien des Huskies Samuel Harvey avait aussi reçu une invitation au camp des recrues du CH à l’automne dernier.

L’aventure avait pris fin assez rapidement, mais l’Almatois espère en avoir fait suffisamment cette saison pour obtenir un deuxième essai.

Harvey a appliqué les recommandations du Canadien et attend la fin de la Coupe Mémorial – les Huskies sont assurés d’y participer puisque le tournoi a lieu à Halifax – avant de mesurer la température de l’eau.

« Ils avaient étaient contents de mon travail au camp, ils trouvaient que j’avais bien fait ça. Ils allaient me regarder et m’évaluer durant l’année. Il voulait que je travaille avec Dany Sabourin, un excellent entraîneur des gardiens. Il n’y avait pas de points spécifiques à travailler, mais juste de continuer à grandir comme gardien. C’est ce qu’on a fait cette année. »

Harvey a une fiche de 14-4-0 dans les séries, une moyenne de 2,02 et un taux d'efficacité de ,923.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Hockey

Sports